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Montréal New Wave, souvenirs d'un courant musical marquant des années 80

Alan McCarthy, Ivan Doroschuk, Stefan Doroschuk et Colin Doroschuk du groupe montréalais Men Without Hats

Alan McCarthy, Ivan Doroschuk, Stefan Doroschuk et Colin Doroschuk du groupe montréalais Men Without Hats

Photo : La Presse canadienne / The Canadian Press

Radio-Canada

Suite logique du film MTL punk : la première vague, paru en 2011, Montréal New Wave, le nouveau documentaire du réalisateur Érik Cimon qui sort en salle vendredi, se penche sur un autre mouvement de la contre-culture québécoise : le new wave.

Un texte d’Ariane CiprianiTwitterCourriel

Le cinéaste, qui avait aussi réalisé la série Les artisans du rebut global et La face cachée de la viande, utilise des archives rares. Il nous ramène au tournant des années 80 et nous plonge au cœur d'un courant marquant, mais peu célébré jusqu'ici, qui a marqué son adolescence.

« J'ai recensé au-delà de 600 chansons, dont les trois quarts n'ont jamais été endisquées », révèle Érik Cimon, qui a sélectionné plus de 30 groupes, anglophones et francophones. Ces musiques proviennent pour la plupart d'archives personnelles qui n'ont, jusqu'ici, jamais été entendues. 

Je trouvais qu'il y avait un manque dans la filmographie québécoise à ce sujet-là. C'est passé un peu sous le radar et il y a eu plein de trucs intéressants qui ont été faits avant que ce genre musical soit récupéré par la pop commerciale.

Érik Cimon

(Source : Vimeo/Les Films du 3 mars)

Les succès radio Safety Dance de Men Without Hats, Pied de poule de Dolbie Stéréo, Larmes de métal de Soupir et On ne peut pas tous être pauvres d'Yves Jacques étaient inspirés de l'esthétique new wave d'une myriade d'artistes montréalais extravagants, qui ont ouvert le chemin à des artistes de ce courant sur la scène internationale, dont Talking Heads ou Kraftwerk sont les plus éclatants représentants.

(Source : YouTube/UnidiscMusic)

Érik Cimon propose un cours d'histoire sur la contre-culture montréalaise de cette époque, en mettant en contexte l'émergence de ce courant au moyen des témoignages de 41 intervenants.

Érik CimonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Érik Cimon

Photo : Les Films du 3 mars

Les groupes Boys du Sévère, Térapi, Cham-Pang, The American Devices, Deja Voodoo et Heaven Seventeen (à ne pas confondre avec les Anglais d'Heaven 17) – qui, séparé en deux, donnera Men Without Hats et Rational Youth, les deux formations québécoises les plus marquantes du genre – font partie du lot.

(Source : YouTube/Jeff et Jidi Lapointe)

« Le créateur parle de son travail, avec 30 ans de recul, et c'est ça qui devient intéressant », explique le cinéaste.

L'arrivée du new wave

Expo 67 promettait un temps nouveau, mais au début des années 80, le ciel du bleu du Québec s'est assombri avec la dépression post-référendaire et la crise économique. Cette morosité a incité certains artistes excentriques à créer en s'éloignant des guitares du folk et du rock. On se projetait vers demain et l'on comptait sur le synthétiseur et sur les nouvelles technologies pour accéder à la modernité.

Certains disent que le new wave a signé l'arrêt de mort du punk venu d'une Angleterre pessimiste et politiquement révoltée. Pourtant, outre le fameux synthétiseur, les similitudes sont nombreuses entre les deux genres musicaux : une esthétique poussée, le sens du spectacle et de la provocation, et la marginalité.

Les liens sont évidents. C'est le même esthétisme, le même désir de tout réinventer. Et ça, ça vient du punk.

Érik Cimon
L'affiche du film « Montréal New Wave »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'affiche du film « Montréal New Wave »

Photo : Les Films du 3 mars

Le documentaire Montréal New Wave montre combien le new wave, plus nuancé que le punk, contenait aussi moins d'agressivité et invitait à la danse. Il se vivait la nuit, dans des boîtes comme le Glass ou La Polonaise (l'ancien Café Campus à Montréal), où l'on exhibait accoutrements, coiffures et maquillages.

Ce courant a dépassé grandement la musique : il a inspiré les créateurs de mode (Georges Lévesque, Parachute), l'art visuel (Zilon), la performance (Monty Cantsin), et la danse contemporaine (LA LA LA Human Steps), en plus de marquer fortement l'art du vidéoclip, alors en plein essor.

L'industrie du disque de l'époque s'est peu intéressée à ces groupes issus d'un courant marginal et déstabilisant. Trente ans plus tard, elle n'allait pas rater de mieux représenter la scène émergente montréalaise menée par Arcade Fire. 

Le film Montréal New Wave est à l'affiche à compter de vendredi, à Montréal et à Québec.

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