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Sécurité à vélo : le père d'une victime dénonce l'inaction du gouvernement

Entrevue : Jean Blais demande au gouvernement d'agir

Le père de Mathilde Blais, cette cycliste happée mortellement à Montréal au printemps 2014, somme le gouvernement Couilllard de déposer son projet de refonte du Code de la sécurité routière. Près de deux ans jour pour jour après le décès de sa fille, Jean Blais dit vouloir donner une signification à un « accident qui est complètement absurde ».

Un texte d' Olivier LemieuxTwitterCourriel

L'arrivée du printemps est désormais une période douloureuse pour le résident de Québec. Le 28 avril 2014, sa fille Mathilde était heurtée par un camion sous le viaduc Saint-Denis, à Montréal. Jean Blais admet avoir eu de la difficulté à accepter la mort de la plus jeune de ses trois enfants.

« Disons que la colère s'est atténuée parce que ce n'est pas un sentiment qu'il faut cultiver. J'essaie d'en faire quelque chose de positif », dit-il.

Selon les policiers, le camionneur a bien vu la cycliste alors qu'il s'engageait dans une portion plus étroite de la rue Saint-Denis. La jeune trentenaire a cependant été happée par la remorque accrochée derrière le camion quand le conducteur a complété le dépassement.

La cycliste Mathilde Blais a été happée le 30 avril 2014 par cette grue sous le viaduc de la rue des Carrières, rue Saint-Denis.La cycliste Mathilde Blais a été happée par cette grue sous le viaduc de la rue des Carrières, rue Saint-Denis.

Dans son rapport, le coroner a recommandé d'instaurer une distance minimale à respecter entre cyclistes et véhicules à moteur sur les routes du Québec. L'ancien ministre des Transports, Robert Poëti, avait mis sur pied un groupe de travail afin de moderniser le Code de la sécurité routière, mais le dossier n'a jamais eu de suite.

Jean Blais croit que le nouveau titulaire des Transports, Jacques Daoust, a le devoir d'agir. « Faites quelque chose diable! », lance-t-il.

Le milieu cycliste s'impatiente

Pour la Coalition un mètre cinquante, qui a fait de l'enjeu d'une distance minimale entre cyclistes et automobiliste son cheval de bataille, la situation est inacceptable.

« Je pense que l'effort n'est pas là. La volonté politique n'est pas là », peste Yves Breton, membre de la Coalition depuis 5 ans.

Selon lui, de nombreux états américains et pays européens ont choisi de légiférer pour forcer les conducteurs de véhicules à respecter un dégagement minimal lors du dépassement d'un cycliste.

Cérémonie à la mémoire de Mathilde Blais à Montréal.Cérémonie à la mémoire de Mathilde Blais à Montréal. Photo : Salimah Shivji/CBC

Yves Breton se demande si le gouvernement attend d'autres drames sur les routes québécoises avant d'agir.

Ils attendent quoi? Que ce soit le premier ministre qui se fasse frapper à vélo parce qu'il est allé essayer ce que ça donnait?

Yves Breton, membre de la Coalition un mètre cinquante

La Coalition se dit consciente que le Code de la sécurité routière ne pourra être amendé à temps pour l'été 2016, mais elle demande au gouvernement Couillard de lancer les travaux sans tarder, afin que le dossier aboutisse.

« Il va toujours y avoir des accidents, mais si on peut les réduire, c'est sûr que ce serait l'idéal », soupire M. Breton.

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