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Des actions concrètes pour diminuer la faim au Nouveau-Brunswick

Des produits à la banque alimentaire de Saskatoon.
Des produits à la banque alimentaire. Photo: Don Somers/CBC
Radio-Canada

L'Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (ICRML) s'intéresse à son tour à l'insécurité alimentaire. Dans une étude qu'il vient de publier, il s'inquiète notamment du fait que les francophones en milieu rural au N.-B. ont moins accès aux initiatives et services qui tentent de combler les besoins alimentaires.

Un texte de Amélie GosselinTwitterCourriel

Le lancement de l'étude a eu lieu mardi en présence de la ministre du Développement social, Mme Cathy Rogers, à l'Université de Moncton.

Le rapport dresse un premier portrait provincial des initiatives communautaires favorisant la sécurité alimentaire, comme les banques alimentaires et les jardins communautaires. L'étude recense 170 initiatives favorisant la sécurité alimentaire à travers la province. Un nombre qui a impressionné les chercheurs.

Faits saillants

  • Plus de la moitié des répondants des organismes offrant de l'aide alimentaire se disent préoccupés par le manque de fraîcheur ou de salubrité des aliments offerts aux clients.
  • Près de la moitié des organismes disent ne pas pouvoir répondre aux besoins de leur population.
  • Les analyses révèlent que les banques alimentaires ne peuvent offrir que la moitié des portions quotidiennes recommandées de légumes et fruits et de lait et substituts

Selon le chercheur Dominique Pépin-Filion, les initiatives sont bien réparties dans la province, mais leur portée est limitée. « Ce sont des initiatives qui sont très locales, qui s'appuient sur des capacités locales qui peuvent varier, donc ça crée des disparités d'un endroit à l'autre ».

Dominique Pépin-Filion, affirme que peu de recherches sont faites à l'heure actuelle au Canada sur les questions qui touchent les inégalités sociales chez les minorités linguistiques. De là l'intérêt pour ICRML de mener cette étude.

Le chercheur souligne que « la ruralité peut être une source de difficultés reliées à la distance et au transport, mais aussi aux différentes capacités communautaires locales, surtout pour les communautés francophones ». En effet, environ 70 % des organismes des collectivités francophones se trouvent en milieu rural, alors que les organismes dans les collectivités anglophones sont autant en milieu urbain (51 %) que rural (49 %).

Ces disparités peuvent influencer le fonctionnement des initiatives en milieu rural selon Dominique Pépin-Filion. « Les organismes en milieu rural sont plus éloignés les uns des autres donc la coopération, la collaboration sont plus difficiles dans ces conditions-là. Les distances sont grandes à parcourir pour les organismes et pour les gens qui souffrent d'insécurité alimentaire » .

Les chercheuses et chercheurs recommandent d'établir une stratégie provinciale afin d'accroître l'impact des actions, de renforcer les bonnes pratiques des organismes communautaires et les mesures gouvernementales efficaces. Ils recommandent aussi d'améliorer l'aide alimentaire pour mieux remédier aux disparités régionales dans la province et à la vulnérabilité des personnes souffrant d'insécurité alimentaire.

Dominique Pépin-Filion avoue sa déception quant au dernier budget provincial. « On a été assez déçu de voir dans le dernier budget qu'il n'y a pas eu d'indexation d'aide sociale. Quand on sait que les deux tiers des prestataires d'aide sociale vivent de l'insécurité alimentaire, donc ce sont vraiment les populations les plus vulnérables et ils semblent avoir été oubliés dans le dernier budget ».

Qualité nutritive des produits 

De son côté Carole Tranchant, professeure-chercheuse en nutrition et sciences alimentaires à L'Université de Moncton, précise que l'approvisionnement en aliments de bonne valeur nutritionnelle est un défi constant en particulier pour les banques alimentaires. « Les fonds et les aliments reçus par les banques alimentaires leur permettent d'offrir seulement la moitié du nombre de portions quotidiennes recommandé de "légumes et fruits" et de "lait et substituts" ». Ces problèmes de qualité nutritionnelle peuvent nuire à la santé des personnes déjà parmi les plus vulnérables, selon elle.

La ministre du Développement social, Cathy Rogers, affirme que cette recherche a déjà une incidence sur le travail au ministère du Développement social. Elle estime que la recherche l'aide, comme ministre, à prendre des décisions basées sur des données probantes et aide à guider le travail du ministère sur la sécurité alimentaire au Nouveau-Brunswick.

Cette recherche a été réalisée par l'Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques en partenariat avec l'École des sciences des aliments, de nutrition et d'études familiales de l'Université de Moncton, l'Association des banques alimentaires du Nouveau-Brunswick et le Réseau d'action sur la sécurité alimentaire du Nouveau-Brunswick. Ce projet de recherche a été évalué et appuyé par le programme de recherche en santé de la Fondation de la recherche en santé du Nouveau-Brunswick.

Acadie

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