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JO : des compétitions dans les eaux sales de Rio

Les eaux sales de la baie de Ganabara, à Rio.

Les eaux sales de la baie de Ganabara, à Rio.

Photo : ICI Radio-Canada/Nicolas Doyon

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les autorités brésiliennes avaient promis de nettoyer les eaux polluées de la grande baie de Rio et des plages en prévision des Jeux olympiques. Nous avons constaté que cet engagement n'a pas été tenu.

Un texte de Jean-Michel LeprinceTwitterCourriel

À l'annonce de la tenue des Olympiques à Rio, les autorités brésiliennes avaient promis que ces Jeux laisseraient un legs exceptionnel à la population, dont le nettoyage de la baie de Guanabara.

Il y a deux ans encore, les Cariocas se disaient que si, parmi toutes les promesses, on tenait uniquement celle de la dépollution de Guanabara, ce serait déjà un grand succès.

C'est la plus grande promesse non tenue de ces Jeux. Encore l'an dernier, à la suite d'analyses négatives de la baie, les autorités de la Ville et de l'État de Rio assuraient qu'elle serait nettoyée à 80 %.

Le canal de Mangue déverse les eaux usées dans le port de Rio.
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Le canal de Mangue déverse les eaux usées dans le port de Rio.

Photo : ICI Radio-Canada/Nicolas Doyon

« Les normes sont respectées »

La qualité de l'eau de la baie est conforme aux normes internationales de compétitions dans l'eau, assure Marcelo Pedroso, PDG de l'Autorité publique olympique (APO). Il souligne que le Comité international olympique et les fédérations nationales sont aussi de cet avis.

Il explique que des intercepteurs ont été installés pour capter les eaux de pluie et des égouts sanitaires.

« Il n'y a plus de déversements d'égouts en face de la Marina da Gloria [départ des courses de voile vers la baie de Guanabara]. Nous avons récupéré la qualité de l'eau. »

— Une citation de  Marcelo Pedroso, PDG de l'APO

« Propagande trompeuse »

Sergio Verde, écologiste respecté de Rio de Janeiro, réagit avec virulence à de tels propos. Il affirme que cette histoire d'intercepteurs pour capter les égouts n'est qu'une « propagande trompeuse ».

« Cette promesse des Jeux olympiques de réduire de 80 % la pollution de la baie n'est qu'une grande manipulation. C'était totalement irréaliste. »

— Une citation de  L'écologiste Sergio Verde

 

L'écologiste Sergio Verde en compagnie de Jean-Michel Leprince et du caméraman Martin Cloutier.
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L'écologiste Sergio Verde en compagnie de Jean-Michel Leprince et du caméraman Martin Cloutier.

Photo : ICI Radio-Canada/Nicolas Doyon

Une promenade en bateau avec Sergio Verde suffit pour constater que l'eau de la baie est loin d'être propre. Au bord de la plage de Flamengo, il nous montre la sortie de l'ancienne rivière Carioca, qui a donné leur nom aux habitants de Rio. Ce cours d'eau, aujourd'hui canalisé, n'est qu'un égout. Des chercheurs y ont trouvé une superbactérie particulièrement résistante.

Sergio Verde explique que ce n'est plus un problème d'environnement, mais de santé publique.

« Je sympathise avec les athlètes olympiques. À l'intérieur de la baie de Guanabara, il n'y a pas une plage propre aux bains. »

— Une citation de  L'écologiste Sergio Verde

Il rappelle que des milliers de personnes se baignent quotidiennement sur ces plages : Botafogo, Flamengo, Niteroi, etc. L'écologiste affirme que les baigneurs s'exposent quotidiennement à des infections causées par la mauvaise qualité de l'eau.

Le canal de Mangue
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Le canal de Mangue déverse les eaux usées dans le port de Rio.

Photo : ICI Radio-Canada/Nicolas Doyon

Au pied même de la mairie de Rio se trouve le canal de Mangue, qui déverse les eaux usées du centre-ville et des favelas voisines directement dans le port de Rio, puis dans la baie. Attention les odeurs!

Des ordures partout

En plein milieu de la baie, des ordures flottent ici et là à la surface. Il y a un énorme dépotoir de l'autre côté de la baie, en face de l'aéroport international, qui contamine les eaux. Les ordures ne sont pas traitées. Certaines se retrouvent au fond de l'eau, et ce sont les pêcheurs qui les ramassent dans leurs filets.

Des communautés de pêcheurs, jadis prospères, vivent parmi les immondices qui recouvrent ce qui était autrefois des plages. Les poissons et les crevettes ont disparu. Ils sont obligés d'aller pêcher plus loin, là où les courants des marées se renouvellent et assainissent davantage les eaux de la baie.

Lagoa et Copacabana, acceptables, sans plus

La Lagoa Rodrigo de Freitas sera le théâtre de compétitions d'aviron et de canot. Il y a quelques années, l'odeur de ce lac était carrément nauséabonde. De gros efforts ont été accomplis, mais cela ne suffit pas. Le problème de la Lagoa, c'est qu'il entre et sort assez peu d'eau par ce canal, qui communique avec la plage de Leblon.

Il y aura des compétitions dans la Lagoa Rodrigo de Freitas.
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Il y aura des compétitions dans la Lagoa Rodrigo de Freitas.

Photo : ICI Radio-Canada/Nicolas Doyon

Ici aussi les pêcheurs sont sévères. Ils disent que la qualité de l'eau est encore loin d'être satisfaisante. Pourtant, la pêche est bonne. On y trouve surtout du mulet, un poisson très résistant et pas mauvais au goût, et, dit-on, pas nocif pour la santé.

La plage de Copacabana, à Rio de Janeiro.
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La plage de Copacabana, à Rio de Janeiro.

Photo : ICI Radio-Canada/Nicolas Doyon

La fameuse plage de Copacabana connaîtra des épreuves de natation longue distance et de triathlon. Déjà, en août dernier, lors de l'épreuve-test comptant pour une sélection aux JO, la qualité de l'eau avait été critiquée par des spécialistes. Les athlètes et les fédérations nationales avaient accepté les analyses du comité olympique brésilien.

La plage d'Ipanema, à Rio.
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La plage d'Ipanema, à Rio.

Photo : ICI Radio-Canada/Nicolas Doyon

Les pêcheurs d'Arpoador, à la pointe rocheuse qui sépare les plages de Copacabana et d'Ipanema, sont plus critiques. Les eaux des plages ne sont toujours pas de bonne qualité. Des milliers de gens se baignent quotidiennement sur ces plages, et Ipanema est un paradis des surfeurs.

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