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Zika : le Brésil à la chasse aux moustiques

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Des agentes du service de santé de Rio inspectent les égouts à la recherche de moustiques.

Des agentes du service de santé de Rio inspectent les égouts à la recherche de moustiques.

Photo : ICI Radio-Canada/Nicolas Doyon

Jean-Michel Leprince
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À quelque 100 jours des Jeux olympiques de Rio, les autorités brésiliennes se font rassurantes : les touristes ne risquent pas d'attraper le Zika, car tout est fait pour éradiquer le virus.

Un texte de Jean-Michel LeprinceTwitterCourriel envoyé spécial à Rio

Le Brésil vit avec le Zika depuis plus d'un an maintenant. Pas de panique, mais pas mal d'inquiétude.

Heureusement, même s'il est un pays en développement, le Brésil a un système de santé bien structuré. Il a déjà fait face à des épidémies, notamment la dengue ou le chikungunya. Ça tombe bien; le moustique porteur du Zika, Aedes aegypti, est aussi celui qui donne la dengue et le chikungunya.

Il a donc fallu relancer les campagnes d'éradication. Priorité au nord-est du Brésil, la région la plus touchée. La différence cette fois-ci, et c'est ce qui a soulevé beaucoup d'inquiétude, c'est le lien qui a été confirmé entre la présence du virus chez des femmes enceintes et la naissance de bébés atteints de microcéphalies.

On a confirmé 1168 cas ce mois-ci. Chez des adultes, on a recensé aussi près de 2000 cas de paralysie musculaire (syndrome de Guillain-Barré).

Inspecter les égouts

Quelque 3000 agents du service de santé de Rio patrouillent quotidiennement dans les rues, inspectant les maisons, les immeubles et les lieux publics, à la recherche des moindres foyers de propagation des moustiques.

Quelque 80 % de ces foyers de propagation se trouvent dans les habitations. Mais pour les visiteurs de Rio, avant ou pendant les Jeux olympiques, ce qui est important, ce sont les endroits publics.

Les égouts sont quotidiennement et systématiquement inspectés. On examine aussi les plantes des parcs susceptibles de retenir de l'eau.

Un tout nouveau piège à moustiques

Un tout nouveau piège à moustiques à Rio.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un tout nouveau piège à moustiques à Rio.

Photo : ICI Radio-Canada/Nicolas Doyon

En face du parlement de l'État de Rio, en zone touristique, on fait l'essai d'un panneau publicitaire peu commun.

Un écran attire les moustiques avec des lampes fluorescentes ainsi que de l'acide lactique et du CO2 pour reproduire l'odeur humaine. Le piège se referme, et les moustiques meurent par déshydratation.

Un tout nouveau piège à moustiques à Rio.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un tout nouveau piège à moustiques à Rio.

Photo : ICI Radio-Canada/Nicolas Doyon

« Pas d'inquiétude à avoir! »

Les touristes et les visiteurs à Rio, maintenant et pendant les Jeux olympiques, n'ont pas à s'inquiéter du Zika, déclare la responsable de la prévention au service de santé de Rio, Betina Durovni.

Les risques de transmission seront moindres. Juillet, août et septembre sont des mois plus frais, plus secs, moins propices à la survie du moustique. Bien sûr, il n'y a jamais d'assurance absolue. Il faut prendre les mêmes précautions que pour un voyage dans n'importe quel pays.

Betina Durovni, du service de santé de Rio

Mme Durovni explique que les autorités craignent surtout, avec l'arrivée de la saison froide, une épidémie de grippe H1N1. « Une grande campagne de vaccination a été commencée au Brésil. »

Des cliniques spéciales situées à proximité des sites olympiques seront équipées pour soigner des visiteurs étrangers qui tomberaient malades – Zika ou non – durant les Jeux. Les autorités vont engager pour l'occasion quelque 22 000 personnes de plus.

Une clinique de Rio.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une clinique de Rio.

Photo : ICI Radio-Canada/Nicolas Doyon

L'équipement de ces cliniques, comme celle que nous avons visitée, à Barra da Tijuca, est dernier cri. Le système est entièrement informatisé, et le patient est traité rapidement, en fonction de la gravité de sa situation.

Le Zika ne fait plus les grands titres. Va-t-on l'oublier, comme on l'a fait pour la dengue ou le chikungunya, alors qu'on n'aurait jamais dû suspendre les campagnes d'éradication du moustique? Pas de danger, dit Betina Durovni.

On ne va pas oublier le Zika, parce qu'il aura laissé une génération d'enfants handicapés. Nous avons appris une leçon qui restera avec nous de nombreuses années.

Betina Durovni

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