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De réfugié en Tanzanie à aumônier au sein des Forces armées canadiennes

Charles Deogratias a passé 20 ans dans un camp de réfugiés en Tanzanie. Il est aujourd'hui aumônier au sein des Forces armées canadiennes.

Charles Deogratias a passé 20 ans dans un camp de réfugiés en Tanzanie. Il est aujourd'hui aumônier au sein des Forces armées canadiennes.

Photo : PCC Communications/Flic k r)

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un aumônier des Forces armées canadiennes basé à Gagetown est en train de rédiger ses mémoires sur son expérience comme réfugié dans un camp en Tanzanie.

Le major Charles Deogratias est né de parents rwandais et a grandi dans un camp de réfugiés.

« C'était une jungle. Nous étions confrontés aux dangers, aux animaux sauvages, tout ce que vous pouvez imaginer. C'était une expérience traumatisante », a-t-il raconté dans une interview à CBC.

L'aumônier se souvient comment il a appris à survivre.

« Nous nous sommes habitués. Notre quotidien était souvent sans espoir, nous n'avions pas d'aide. Mais nous avions beaucoup de bonnes personnes qui nous entouraient. C'est ainsi que nous avons survécu. »

Charles Deogratias a passé 20 ans dans un camp. C'est là qu'il est allé à l'école et qu'il a commencé à travailler.

Je n'ai pas eu de souliers avant l'âge de 20 ans, je n'étais jamais monté à bord d'une voiture avant cet âge. C'est le genre d'expérience que vous ne pouvez oublier. Mais tout cela vous rend aussi plus fort. 

Une citation de :Charles Deogratias, aumônier à Gagetown

Il ajoute qu'il est reconnaissant envers tous ceux qui venaient au camp pour offrir de la nourriture, des vêtements et des médicaments.

« Je me souviens que lorsque ces gens repartaient, je me demandais où ils allaient. Personne ne nous disait rien, mais j'ai toujours cru que cela devait être un bon endroit. »

Lorsqu'il a quitté le camp de réfugiés, il s'est rendu au Kenya et a trouvé sur place l'organisme Jeunesse en mission qui invite les jeunes de partout dans le monde à découvrir l'Afrique.

« J'ai eu la chance de rencontrer beaucoup de gens. Une d'entre elles était une jeune femme, Julie. Elle m'a invité à aller visiter sa famille aux États-Unis. » Lorsqu'il est arrivé aux États-Unis, sa première expérience nord-américaine a été de goûter à de la crème glacée.

« Qu'est-ce que c'est, se rappelle-t-il s'être demandé. Lorsque j'y ai goûté, c'était tellement froid. Je n'avais jamais goûté à quelque chose de si froid. »

En entrant dans une épicerie à grande surface la première fois, il a été estomaqué par tout ce que l'on pouvait y trouver.

« Il y avait tant de produits, tant de choses à manger. Ça m'a bouleversé. »

Charles Deogratias s'est ensuite inscrit dans une Université au Colorado, où il a obtenu un baccalauréat en arts et par la suite, une maîtrise en théologie. Après avoir terminé ses études en 1993, il planifiait de retourner en Afrique.

« Le génocide dans mon pays était planifié. Des Canadiens étaient déjà sur place, comme Roméo Dallaire qui était officier-commandant à l'époque. J'ai alors réalisé que je ne pourrais rentrer chez moi sans risquer d'être tué. »

Survivre à un monstre

Charles Deogratias et sa femme se sont vu refuser un permis de résidence aux États-Unis. Ils ont donc pris un autobus vers Détroit, pour ensuite franchir la frontière canadienne à Windsor, en Ontario.

Il dit qu'il ne peut oublier son arrivée au pays.

« L'agente frontalière a dit : "Entrez, venez vous assoir et un officier va venir écouter votre histoire." Si vous voulez savoir ce que le Canada représente pour nous? Le pays nous a accueillis et nous y sommes toujours 22 ans plus tard. »

Charles Deogratias a rencontré le général Dallaire en 1998 et été ému par tout son travail au Rwanda. Et lorsque Roméo Dallaire l'a interpellé en l'appelant « padre », cela l'a convaincu de se joindre aux Forces armées canadiennes.

Roméo Dallaire au RwandaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

El general canadiense Romeo Dallaire, jefe de las fuerzas de paz de la ONU en Ruanda en los años 90 estaba a cargo de la misión durante el genocidio de los tutsis.

Il est de confession presbytérienne, mais en s'enrôlant dans l'armée, on a commencé à l'appeler « padre », le terme catholique pour père.

« C'était très gratifiant d'être parmi les troupes dans des moments difficiles », a-t-il relaté.

Il souhaite que son livre n'attire pas seulement l'attention sur son histoire personnelle, mais qu'il soit aussi bénéfique à ceux et celles qui luttent pour survivre.

« Survivre à un camp de réfugiés, c'est survivre à un monstre. Peu d'entre nous qui avons connu de telles conditions ont eu le privilège de survivre. »

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Acadie