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Le Mexique blâmé pour la mort de 43 étudiants

La conférence de presse des experts envoyés au Mexique à l'initiative de la Commission interaméricaine des droits de l'homme.

La conférence de presse des experts envoyés au Mexique à l'initiative de la Commission interaméricaine des droits de l'homme.

Photo : Edgard Garrido / Reuters

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les experts internationaux qui ont enquêté sur la disparition et le massacre de 43 étudiants au Mexique en septembre 2014 ont dénoncé dimanche, au terme de leur mission, le manque de coopération du gouvernement et du parquet mexicains.

Les experts ont notamment déploré, pendant une conférence de presse à Mexico, que le bureau du procureur général ne leur ait pas permis d'interroger à nouveau les membres d'un cartel emprisonnés, qui auraient avoué avoir assassiné les étudiants, disparus après des affrontements avec la police à Iguala, dans le sud du pays.

Ils l'ont aussi accusé de ne pas leur avoir transmis dans les temps certaines informations et d'avoir ignoré des pistes d'enquête qui lui avaient été suggérées.

Selon le rapport des experts, envoyés à l'initiative de la Commission interaméricaine des droits de l'homme, les délais avec lesquels certaines preuves qui auraient pu donner une nouvelle orientation à l'enquête leur ont été remises équivalaient à « accorder l'impunité » aux auteurs de ce crime.

Carlos Beristain de la Commission interaméricaine des droits de l'homme enlace la mère de l'un des étudiants disparus.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Carlos Beristain de la Commission interaméricaine des droits de l'homme enlace la mère de l'un des étudiants disparus.

Photo : Edgard Garrido / Reuters

Le gouvernement mexicain a mis en cause des policiers municipaux corrompus qui auraient livré les étudiants à des hommes de main d'un gang de trafiquants de drogue, lesquels les auraient assassinés avant de brûler leurs corps dans une décharge de l'État de Guerrero.

Les enquêteurs n'ont, selon les autorités, pu identifier les restes que d'un seul des 43 étudiants à partir d'un fragment d'os calciné, qui aurait été retrouvé dans une rivière près de la ville d'Iguala.

Les experts internationaux ont dit douter de la version du gouvernement en invoquant notamment des raisons scientifiques, dont la température extrême nécessaire pour réduire des ossements en cendres.

Ils ont eux aussi conclu à la responsabilité de policiers municipaux, mais estimé que la police fédérale aurait également dû faire l'objet d'une enquête, ce que les autorités ont refusé.

Les enquêteurs n'ont notamment pas été autorisés à interroger les militaires qui avaient été déployés à Iguala le soir où les affrontements avec les étudiants ont éclaté et des photos et vidéos des accrochages ne leur ont pas été transmises par l'armée.

Beaucoup de Mexicains ont manifesté pendant la conférence de presse, avec à la main une affiche indiquant « Il nous en manque 43 ».Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Beaucoup de Mexicains ont manifesté pendant la conférence de presse, avec à la main une affiche indiquant « Il nous en manque 43 ».

Photo : Edgard Garrido / Reuters

Plus de 1000 personnes ont assisté à la conférence de presse et certains ont crié aux experts de ne pas s'en aller lorsque celle-ci s'est terminée.

Alors que Mexico a décidé de ne pas renouveler le mandat de la commission d'enquête internationale, le président Pena Nieto, dont l'autorité a été éclaboussée par cette affaire, a déclaré sur son compte Twitter qu'il « remerciait » les experts et que le parquet étudierait leur rapport.

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