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Profession : effaroucheur d'oiseaux migrateurs en milieu agricole

Léonard Traversy fait lever les oiseaux migrateurs dans les champs avec ce fusil sonore depuis 15 ans.

Photo : ICI Radio-Canada/Michelle Raza

Radio-Canada

Les agriculteurs du Québec ont accès à un service hors de l'ordinaire : l'effarouchement d'oiseaux migrateurs. C'est qu'au printemps, près d'un million d'oies blanches et de bernaches s'installent dans leurs champs, gâchant parfois les récoltes.

Un texte de Michelle RazaTwitterCourriel

Pour limiter les dégâts, le Conseil pour le développement de l'agriculture du Québec (CDAQ) offre un programme d'effarouchement des oiseaux migrateurs en milieu agricole. Concrètement, il s'agit d'une poignée de personnes qui patrouillent dans chaque région pour faire lever les oiseaux qui ont un peu trop pris leurs aises dans un champ.

Léonard Traversy arpente les rangs dans les environs de Saint-Gérard-Majella, près de Sorel, depuis 15 ans. Pour effaroucher, ce passionné de chasse se sert d'un petit fusil et de munitions à blanc qui ont pour seule propriété de faire du bruit, beaucoup de bruit.

Une démonstration d'effarouchement

Ils sont 8 effaroucheurs à patrouiller comme lui le territoire de l'Union des producteurs agricoles (UPA) du Centre-du-Québec et une petite portion de la Montérégie. Chaque effaroucheur a son territoire attitré, sur lequel il parcourt entre 200 et 300 km à raison de 6 à 7 heures par jour.

L'arsenal de l'effaroucheur d'oiseaux migrateurs en milieu agricoleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'arsenal de l'effaroucheur d'oiseaux migrateurs en milieu agricole.

Photo : ICI Radio-Canada/Michelle Raza

Dans son arsenal, chaque effaroucheur possède trois types de munitions à blanc qui produisent des bruits d'intensités différentes. Ils détiennent aussi un permis émis par l'UPA de leur région pour les identifier. 

Les effaroucheurs assurent que leur façon de faire ne comporte aucun risque pour le million d'oies blanches et les 400 000 bernaches qui transitent par la région du Centre-du-Québec. Il est interdit d'effaroucher les sauvagines dans les aires protégées.

Des dommages bien réels

Les bernaches sont légion dans les champs du Centre-du-Québec au printempsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les bernaches sont légion dans les champs du Centre-du-Québec au printemps.

Photo : ICI Radio-Canada/Michelle Raza

C'est que les dommages causés aux champs des agriculteurs locaux sont bien réels. « [En] un matin, ils ont mangé un champ de 100 acres », rapporte le producteur de céréales Mario Proulx.

Au Québec, cette escale que les oies blanches et les bernaches font au printemps coûte cher aux agriculteurs. Au printemps 2013, les dégâts se sont chiffrés à 2 millions $. Les régions du Saguenay-Lac-Saint-Jean, l'Outaouais, la Mauricie et le Centre-du-Québec sont les plus touchées.

Les agriculteurs réclament les dommages causés par les oiseaux migrateurs à la Financière Agricole. C'est la première année que 90 % des pertes sont remboursées. Auparavant, les producteurs étaient compensés à 80 %. 

Un programme qui coûte 400 000 $

Le programme d'effarouchement provincial coûte annuellement 400 000 $ à l'UPA. Cependant, impossible de mesurer son efficacité. Comme les agriculteurs ne peuvent réclamer à la Financière Agricole que les pertes qui excèdent 10 % de leurs récoltes, ont fait le pari qu'avec les effaroucheurs, les dégâts seront moindres et les réclamations aussi.

D'après le reportage de Maude Montembeault.

Mauricie et Centre du Québec

Société