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La communauté tient à l'identité des Caisses populaires acadiennes

Radio-Canada

L'idée de la Fédération des Caisses populaires acadiennes de prendre le nom d'Uni Coopération financière est généralement mal accueillie dans la communauté.

Un texte de Pierre Philippe LeBlanc TwitterCourriel

La proposition sera soumise aux délégués lors de l'assemblée annuelle de l'organisme, en fin de semaine. S'il est adopté, ce changement entrerait en vigueur le 30 mai.

Le nom d'Uni Coopération financière déplaît grandement au nationaliste acadien Jean-Marie Nadeau. « Je ne comprends pas du tout. Est-ce qu'on a encore une fois voulu passer plus de temps à s'assurer que la traduction anglaise fasse plaisir aux Anglais plutôt qu'à investir du temps pour s'assurer que l'appellation renforce l'identité acadienne? Je suis complètement désarçonné », dit-il.

Selon Philippe Beaulieu, président par intérim de la Société acadienne du Nouveau-Brunswick, le mot Acadie n'empêche pas de faire des affaires à l'échelle internationale. « Acadie, est-ce que ça limite? Est-ce que le vocable acadien est fermé à l'autre? Je ne pense pas. Ce n'est pas nécessairement le nom qui va faire que des compagnies internationales vont s'intéresser à nous ou pas. C'est ce qu'on fait et ce qu'on a à offrir, et c'est ce qu'on peut faire et veux faire », affirme M. Beaulieu.

S'ils ne font pas de changements et qu'ils ne réussissent pas à aller chercher les plus jeunes, ils vont mourir avec le temps.

Louis Léger, expert en communication marketing

Si les critiques sont virulentes à l'égard de la Fédération des Caisses populaires, l'expert en communication marketing, Louis Léger, affirme que cela démontre le courage de la direction d'aller dans cette direction.

« J'ai l'impression que le résultat de toute de leur étude leur a démontré que c'était nécessaire s'ils voulaient continuer à croître et à survivre. C'est la seule et unique raison qui pourrait les motiver à poser un geste aussi sérieux que celui-là », explique M. Léger.

Le nouveau nom proposé pour les Caisses populaires acadiennes est loin de faire l'unanimité

Une décision qui divise

Des personnes interrogées au hasard au centre-ville de Moncton désapprouvent le changement proposé.

« Je ne pense pas qu'ils devraient changer le nom. Ils devraient le laisser comme ça. Ça fait longtemps. C'est quelque chose qui a été bâti. Ç'a été créé par les Acadiens. Il faudrait qu'on garde le nom. Ça fait partie de l'histoire », souligne Diane Cormier.

Je suis même en beau joual vert, comme on dit par chez nous, dans le sens que c'est une appellation totalement inodore, incolore et sans saveur.

Jean-Marie Nadeau

« Je trouve ça dommage un peu parce qu'il y a si peu d'institutions ou d'entreprises qui portent le nom acadien ou qui a des références à l'Acadie. Les Caisses populaires existent depuis fort longtemps. Je comprends d'autre part qu'ils veulent être dans le domaine financier et ressembler aux autres institutions financières, mais pour l'Acadie, les Acadiens, je trouve que ce serait une perte », estime Guy LeBlanc.

Jean-Marie Nadeau

Jean-Marie Nadeau

Photo : ICI Radio-Canada/Michel Nogue

« Je trouve ça décevant. Les Caisses populaires acadiennes, c'est vraiment un bastion de notre société acadienne, du mouvement coopératif. Je vois les raisons derrière ça, qui sont financières dans un élan de globalisation, je crois bien, mais c'est comme si on avait besoin de renier qui on est pour être capable d'aller plus loin. Décevant », lance Yves Doucet.

Youcef Oussedik voit pour sa part le changement d'un bon oeil. Il s'interroge sur les termes employés à l'heure actuelle.

« Quand on parle d'Acadiens et de francophones, ce que je ne comprends pas c'est qu'on met deux fois les deux en même temps. On dit par exemple : "pour les Acadiens et les francophones", alors que si on met juste le mot francophone ça englobe aussi les Acadiens. Je me suis dit que peut-être ils ont fait ça pour une raison, peut-être qu'ils doivent se dire que si on met Acadien les non-Acadiens ne voudront pas venir », explique M. Oussedik.

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