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Le Rédempteur, de Douglas Glover, traduit de l'anglais par Daniel Poliquin (L’Instant même)

Le choix de Micheline Lanctôt

Le choix de Micheline Lanctôt

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Choisi par Micheline Lanctôt
Comédienne et cinéaste

RÉSUMÉ

Lors de la guerre d'indépendance, Hendrick Nellis a quitté son foyer pour se rallier aux loyalistes. Avec une bande d'Indiens mississagués, il terrorise la région, brûlant les fermes de ceux qui étaient auparavant ses amis, ses voisins. Traumatisé, son fils Oskar cherche son salut dans les mots. Frénétiquement, il écrit. Partout, sur du papier, des morceaux d'écorce, sa chair, avec de l'encre, du sang, du thé refroidi, dans l'air avec son doigt quand les accessoires lui font défaut. Un roman plein de cruautés et de trahisons, qui plonge le lecteur dans la folie et la fureur de la guerre d'Indépendance, dans l'affrontement entre loyalistes et insurgés, Anglais et Américains, et surtout entre le monde des Blancs et celui des Indiens.

EXTRAIT

« Le jeune garçon se penche sur sa plume d'oie, l'encre artisanale dégouttant sur l'écorce de bouleau rebelle. Sous l'effort de la concentration, il tire la langue et s'humecte la lèvre supérieure. Es-tu prêt à écrire? se demande-t-il. Es-tu prêt à dire la vérité? Oui. Il a 15 ans. Son père a pris les armes pour le roi Georges et s'est enfui dans la forêt. Sa mère en est tombée malade : depuis, ses gémissements et ses cris ont chassé la maisonnée. Dans la petite église que le père a bâtie sur un lopin inemployé de la ferme, les villageois prient pour elle et les enfants et maudissent le père. Le jeune garçon voit ses oncles et ses tantes prendre leurs places à l'église et dénoncer son père; lorsqu'ils prient en silence, ils entendent les hurlements de sa mère. »

— Une citation de  Extrait de « Le Rédempteur », de  Douglas Glover

POURQUOI CE LIVRE FAIT PARTIE DES INCONTOURNABLES

Je ne suis pas la première à dire qu'avant de vouloir aller quelque part il faut savoir d'où l'on vient. Notre petit monde québécois, et plus largement canadien, est en perpétuelle crise identitaire. C'est sans doute ce qui a poussé Douglas Glover à remonter aux sources, c'est-à-dire aux balbutiements de ce pays qui, écrit-il, est « un faux pays, où on ne peut cultiver que de la roche et des fourrures ». Dans ce roman à la fois initiatique et épique, Glover raconte rien de moins que la naissance du Canada en réaction aux velléités républicaines de l'Amérique naissante. « Je suis contre le futur », clame le capitaine Nellis, héros de cette incroyable épopée où on assiste, dans les spasmes chaotiques de la guerre d'indépendance américaine, à la naissance d'un pays né de la défaite, du refus de la liberté et du choc avec les cultures amérindiennes qui l'ont précédé.

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