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J’accuse, d'Annick Lefebvre (Dramaturges Éditeurs)

Le choix de Catherine Trudeau
Le choix de Catherine Trudeau Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Choisi par Catherine Trudeau
Comédienne

RÉSUMÉ

Elles sont cinq. Elles ragent. Il y a la fille qui encaisse, qui vend des bas de nylon à partir de 6 h 30 du matin dans le sous-terrain du métro Bonaventure. Il y a la fille qui agresse, qui a eu le culot de partir sa propre PME dans un contexte économique difficile. Il y a la fille qui adule, qui est une fan inconditionnelle d'Isabelle Boulay. Il y a la fille qui intègre, qui travaille dans un CPE et qui s'efforce de prendre soin de la jeunesse du Québec de maintenant. Puis il y a la fille qui aime, qui est travailleuse autonome, qui écrit et qui dilapide beaucoup d'amour et en dirige si peu envers sa petite personne. Que des filles avec de la drive et beaucoup (trop) d'ambition. Que des filles qui s'expriment par instinct de survie. La pièce coup-de-poing a été mise en scène par Sylvain Bélanger au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui en 2015 et le texte a été finaliste au Prix du gouverneur général.

EXTRAIT

C'est faux d'affirmer que je profite de la job steady de mon chum à Revenu Québec, de son statut de fonctionnaire provincial pis de la stabilité de sa situation financière pour placer toutes ses cennes pis mes angoisses d'en manquer dans des REERS conjoints qu'on va juste pouvoir retirer quand on va avoir quatre-vingt-dix-sept ans pis la mobilité de la statue de cire de René Angélil au Musée Grévin [...]

Extrait de « J'accuse », d'Annick Lefebvre

POURQUOI CE LIVRE FAIT PARTIE DES INCONTOURNABLES

C'est une prise de parole en cinq temps. Ce sont cinq femmes de toutes origines qui se définissent tantôt par leur travail, tantôt par leurs relations aux autres. On y perçoit leur lutte pour se tailler une place dans le monde auquel elles aspirent, libérant enfin des sons de cette voix qu'elles retiennent. Exit la mère, la séductrice ou l'ado désabusée. On a affaire ici à des portraits complexes de femmes qui vont au-delà du rôle souvent imaginé pour elles. Des paroles fortes, parfois dures mais à l'écho bien réel. Des jappements, des appels à l'aide, des confessions et des constats nécessaires dans le paysage littéraire et dramaturgique. J'accuse, d'Annick Lefebvre, c'est cinq grandes respirations, cinq souffles garants de la survie de ces femmes.

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