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8 conseils pour écrire de la poésie

Radio-Canada

Chaque année*, les lecteurs du Prix de poésie Radio-Canada lisent des centaines de poèmes inédits à la recherche de la perle rare à présenter au jury. Quels sont leurs conseils? Découvrez leur liste de choses à faire / à éviter à l'intention des poètes qui veulent tenter leur chance.

Vous aussi, vous écrivez des poèmes? Les inscriptions pour le Prix de poésie Radio-Canada 2016, un de nos trois prix de création, sont en cours jusqu'au 31 mai.

Prix de poésie : inscrivez-vous maintenant!

SIMON DUMAS (lecteur 2015)

Le poète Simon DumasLe poète Simon Dumas Photo : Daniel Canty

Ce qu'il cherche dans la poésie :
À se faire surprendre, ravir même!
À faire pour se retrouver dans la pile des « oui » :
Tu lis et, tout à coup, ce n'est pas toi qui vas au texte, mais le texte qui vient à toi. Les morceaux tombent naturellement à leur place, la musique du poème s'installe...
À éviter selon lui :
Si vous ne lisez pas de poésie, n'en écrivez pas. Contrairement à ce qu'on pense, le poète n'est pas seul. Il est un pion sur un échiquier qui, avec les siècles, a gagné en ampleur. Celui qui écrit un poème a avantage à savoir où il se situe sur l'échiquier.

MARIE-SOEURETTE MATHIEU (lectrice 2015)

L'auteure Marie-Soeurette MathieuL'auteure Marie-Soeurette Mathieu Photo : Marcel St-Laurent

Ce qu'elle cherche dans la poésie :
La beauté, la fluidité
À faire pour se retrouver dans la pile des « oui » :
Penser à la forme poétique, et encourager le vers libre, vaporeux, fluide et musical.
À éviter selon elle :
Il faut éviter la vulgarité et le « terre à terre ». Il faut aussi éviter de schématiser des histoires d'amour personnelles qui ne touchent pas tout le monde. Il faut enfin éviter de tomber dans un style explicatif qui frôle la prose.

MYRIAM GENDRON (lectrice 2015)

La musicienne Myriam GendronLa musicienne Myriam Gendron Photo : Antoine Peuchmaurd

Ce qu'elle cherche dans la poésie :
Des poèmes qui me touchent, m'ébranlent ou me surprennent. Et la musique, encore et toujours.
À faire pour se retrouver dans la pile des « oui » :
La poésie, c'est bien plus que des mots organisés en vers et en strophes avec des rimes un peu partout. Si vous souhaitez démontrer quelque chose, n'écrivez pas un poème, écrivez un essai. Si vous voulez livrer un témoignage, raconter votre vie et montrer la sagesse que vous avez acquise, n'écrivez pas un poème, rédigez vos mémoires. Quand on lit un bon poème, on sait tout de suite que sa forme est la seule forme possible. Enfin, je crois fermement que pour écrire un bon poème, il faut avoir lu beaucoup de poésie. On doit savoir ce qui a déjà été fait, ce qui se fait en ce moment – bref, dans quelle tradition on s'inscrit. C'est fondamental.
À éviter  selon elle :
D'abord, parlons de la mise en forme du document : il faut à tout prix éviter d'orienter la lecture par un choix de police de caractères trop connoté. Je pense notamment aux polices cursives, que certains semblent utiliser pour « faire littéraire ». En tant que lectrice, je peux dire qu'il me sera très difficile de considérer sérieusement un texte rédigé en lettres cursives. Il faut également faire très attention aux thèmes clichés, comme la guerre et la paix. Si l'on veut en parler, on doit trouver un angle original. J'ai lu plusieurs poèmes qui, en gros, me disaient que la guerre c'est mal et qu'il faut vivre en harmonie les uns avec les autres. C'est vrai, mais c'est très ennuyant.

SONIA LAMONTAGNE (lectrice 2015)

Sonia LamontagneSonia Lamontagne au Salon du livre de Hearst Photo : Jérome Leclerc

Ce qu'elle cherche dans la poésie :
L'authenticité de la voix. 
À faire pour se retrouver dans la pile des « oui » :
Avant tout, rester authentique, écrire sans prétention, puis revenir à ses textes avec un recul de quelques jours afin de les réviser, de réorganiser le tout pour que ce soit fluide et cohérent. Je crois que l'impression d'un tout, d'une unité est importante pour le lecteur; il faut donc un fil conducteur pour orienter la pensée, susciter des échos, et faciliter le développement et l'évolution du propos. La pensée est mouvante; l'écriture devrait l'être aussi. Je m'attends, en lisant un poème, que quelque chose bouge en moi, et non que ça stagne. Chaque écrit devrait avoir un mouvement qui lui est propre et que la forme autant que le contenu devrait articuler.
À éviter selon elle :
Si je sens que le poème est forcé, que les mots y pendent comme des guirlandes, que des adjectifs y sont plantés comme des décorations, je ne crois pas au poème. L'auteur perd alors toute crédibilité à mes yeux. Aussi, bien que les images doivent être claires et les mots bien choisis, il faut éviter de donner tout cuit dans le bec. Mon éditrice m'avait dit de faire confiance à l'intuition du lecteur; on a tendance en poésie à vouloir emplir tous les blancs, à expliciter tous les liens. Ce n'est pas nécessaire. Le non-dit a sa place.

Les textes soumis sont jugés de façon anonyme, en fonction de la qualité et de l'originalité de la langue, du sujet et du style. Ils sont évalués en deux étapes : par des lectrices et des lecteurs, puis par un jury composé de trois personnes. Les lecteurs et les membres du jury changent chaque année et proviennent de différentes régions du pays.


Véritable tremplin pour les écrivains canadiens, les Prix de la création Radio-Canada sont ouverts à tous, amateurs ou professionnels. Ils récompensent chaque année les meilleures nouvelles, récits et poèmes inédits soumis au concours. 

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