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Le Brésil ouvre la voie à la destitution de Dilma Rousseff

Photo : Adriano Machado / Reuters

Associated Press

La chambre basse du Congrès brésilien a voté pour la destitution de la présidente Dilma Rousseff, dimanche soir, infligeant un sérieux revers à la dirigeante qui faisait valoir que la procédure lancée contre elle équivalait à un « coup d'État ». Son avenir est maintenant entre les mains du Sénat.

Les détracteurs de la présidente la soupçonnent d'avoir gonflé les comptes publics pour accroître la popularité de son gouvernement alors qu'en réalité, l'économie du pays était en chute libre. Ces allégations circulent alors qu'un scandale de corruption a emporté plusieurs politiciens et certains des hommes d'affaires les plus riches du pays.

Mme Rousseff a nié avoir manipulé les comptes publics, rappelant que les anciens présidents avaient utilisé des méthodes comptables similaires. Elle estime que ces allégations font partie d'un « coup d'État » piloté par l'élite traditionnelle du Brésil.

La présidente a néanmoins échoué à obtenir les appuis dont elle avait besoin à la Chambre des députés, et au moins les deux tiers des députés ont voté pour sa destitution.

Le seuil des 342 voix atteint, les députés brésiliens célèbrent le revers encaissé par la présidente Dilma Rousseff.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le seuil des 342 voix atteint, les députés brésiliens célèbrent le revers encaissé par la présidente Dilma Rousseff.

Photo : Ueslei Marcelino / Reuters

Au final, 367 des 513 députés ont appuyé la mesure, dimanche, une victoire nette pour l'opposition. Parmi les autres, 137 ont voté contre, 7 se sont abstenus alors que 3 étaient absents.

À l'extérieur du parlement à Brasilia, des manifestants des deux factions étaient réunis pour regarder les résultats du vote sur de grands écrans. Un immense mur de métal de plus d'un kilomètre avait été installé pour séparer les deux camps.

Au Sénat de trancher

Dilma RousseffAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dilma Rousseff

Photo : Ueslei Marcelino/Reuters

La procédure de destitution doit maintenant être présentée au Sénat, où un autre vote aura lieu pour déterminer si Mme Rousseff devra subir un procès. Si tel est le cas, elle serait suspendue et le vice-président Michel Temer prendrait la relève. D'ici là, Mme Rousseff reste présidente du pays.

Mme Rousseff a déjà accusé M. Temer de participer à un « putsch » contre elle.

Michel Temer, 75 ans, dirige le Parti du mouvement démocratique brésilien, un parti sans idéologie concrète qui est réputé pour ses tractations et ses marchandages en coulisses. Il a tenté de se poser comme un homme d'État au-dessus de la mêlée, mais ses liens avec l'administration Rousseff pourraient venir le hanter plus tard.

La deuxième personne en lice pour remplacer Mme Rousseff est l'un de ses pires ennemis : le président de la Chambre des députés, Eduardo Cunha. Il s'agit encore une fois d'un terrain miné, puisque M. Cunha est notamment accusé de blanchiment d'argent et on le soupçonne d'avoir menti devant un comité du Congrès.

Des partisans de la destitution de Dilma Rousseff sont rassemblés sur la plage de Copacabana.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des partisans de la destitution de Dilma Rousseff sont rassemblés sur la plage de Copacabana.

Photo : Radio-Canada/Nicolas Doyon

Le Brésil doit affronter plusieurs problèmes de taille. L'économie du pays se contracte et l'inflation s'élève à environ 10 %, tandis que l'épidémie du virus Zika ravage les États du nord.

Rio de Janeiro se prépare à recevoir les Jeux olympiques d'été en août, mais avec les importantes compressions budgétaires annoncées, certains se demandent si le pays sera prêt à temps.

Plusieurs députés brésiliens qui demandent le retrait de Mme Rousseff font face à des allégations de méfaits eux-mêmes. Environ 60 % des 594 membres du Congrès sont accusés de corruption, notamment.

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