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Élever des mouches pour nourrir des poissons

L'étudiante à la maîtrise Justine Richard-Giroux examine les volières de mouches.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Radio-Canada

Des chercheurs s'activent pour récolter soigneusement leurs œufs, qu'ils traitent aux petits oignons jusqu'à leur éclosion. L'espèce dont ils étudient la reproduction n'est pourtant ni rare, ni exotique : l'équipe fait l'élevage... de mouches!

Un texte de Ariane Perron-LangloisTwitterCourriel

Ce qui intéresse surtout l'équipe de chercheurs du Centre de développement bioalimentaire du Québec (CDBQ) de La Pocatière et de l'Université Laval, ce sont les larves de mouches. Ces larves sont nourries de matières compostables, puis transformées en nourriture pour poissons.

« Si on pense à l'aquaculture, il y a beaucoup de pêche qui est dédiée à faire de la farine de poisson pour nourrir des poissons d'élevage », déplore Marie-Pier Aubin, coordonnatrice du secteur agricole au CDBQ.

L'avantage d'utiliser les larves de mouches, ce serait d'avoir un ingrédient dans l'alimentation animale qui aurait une faible empreinte environnementale.

Marie-Pier Aubin, coordonnatrice du secteur agricole au Centre de développement bioalimentaire du Québec (CDBQ)
Des larves de mouches âgées d'environ 7 joursAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des larves de mouches âgées d'environ 7 jours

Photo : Radio-Canada

Chaque mouche de cet élevage pond entre 500 et 900 œufs. Les chercheurs en gardent 10 % qui assureront la relève. La grande majorité des larves prendra le chemin du congélateur, puis sera transformées en farine.

C'est de créer de la valeur. C'est de prendre un déchet et trouver une nouvelle valeur ajoutée. Je trouve qu'il y a un petit côté magique à ça.

Justine Richard-Giroux, étudiante à la maîtrise en sciences animales

Des mouches dans l'alimentation humaine?

Les responsables n'excluent pas que des larves de mouches puissent servir dans l'alimentation humaine éventuellement. D'autres équipes de chercheurs s'y intéressent déjà, confirme Marie-Hélène Deschamps, chercheuse à l'Université Laval.

« Nous, on commence [par l'alimentation animale] dans un premier temps, pour une question d'acceptabilité. Je ne sais pas si le monde est prêt, encore, en ce moment, à manger des larves de mouches », affirme Mme Deschamps. 

Qui sait, peut-être que, dans 50 ans, tout le monde va manger des larves de mouches sans aucun dédain!

Marie-Hélène Deschamps, chercheuse, Université Laval

Les chercheurs étudient présentement la teneur en protéines et en lipides des larves. Ils sauront dans deux ans si un élevage de mouches pourrait être rentable pour nourrir des animaux.

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