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Les Métis se réjouissent de la décision de la Cour suprême

Le reportage de Sylvain Bascaron
Radio-Canada

Les Métis n'ont pas tardé à exprimer leur joie relativement à la décision de la Cour suprême du Canada, qui a déclaré jeudi que les Métis et les Indiens non inscrits sont des « Indiens » au sens de la loi.

Un texte d’Omayra Issa TwitterCourriel

Le plus haut tribunal du pays les place ainsi sous la responsabilité du gouvernement fédéral. Les Métis et les Indiens non inscrits seront donc désormais mieux placés pour négocier avec Ottawa afin d'obtenir du financement et des programmes.

Le fils d'Harry Daniels, celui qui a porté la cause en justice, n'a pas caché sa satisfaction. « Je suis en extase, j'aurais voulu que mon père soit là aujourd'hui », a déclaré Gabriel Daniels, visiblement ému peu de temps après le jugement.

Avec ce jugement, plus personne n'est exclu.

Gabriel Daniels

Il espère que tous les groupes autochtones travailleront de concert dans leurs négociations avec Ottawa et les gouvernements provinciaux. « Je travaille pour une plus grande unité entre les peuples autochtones », a-t-il expliqué.

Des leaders métis ont rappélé le rôle essentiel qu'a joué Harry Daniels, mort en 2004, dans l'avancement des droits des Métis. 

Vers un gouvernement métis

Fort du jugement de la Cour suprême, le Ralliement national des Métis entend désormais discuter de nation à nation avec le gouvernement fédéral et poursuivre sa route vers l'autodétermination.

« Nous voudrons faire avancer notre droit à l'autodétermination, a déclaré son président Clément Chartier. « Dans la cause 98, on nous a dit que les peuples ont droit à l'autodétermination au Canada. Donc, entre l'intégrité territoriale de l'État et la souveraineté de l'État, comme État, comme nation, nous avons tous les éléments pour aller de l'avant et entreprendre le dossier avec le gouvernement canadien. »

C'est une grande victoire pour nous tous. Une victoire pour la Nation métisse.

Clément Chartier

Le jugement tombe à point nommé, selon M. Chartier, qui souligne que le gouvernement libéral du premier ministre Justin Trudeau a déjà reconnu la nation métisse. « Il est prêt à négocier de nation à nation avec nous », a déclaré M. Chartier.

« Je pense que nous allons déclarer le troisième gouvernement provisoire de la Nation métisse d'ici trois ans », a déclaré M. Chartier, rappelant les deux premiers gouvernements métis de 1870 et 1885 dirigés par Louis Riel.

Depuis 1999, des groupes de Métis et d'Indiens non inscrits se battent devant les tribunaux pour obtenir les mêmes droits que les autres peuples autochtones. Ils avaient eu raison en Cour fédérale, mais avaient par la suite été en partie déboutés devant la Cour d'appel fédérale.

Appels à des négociations immédiates avec Ottawa

Des Métis avant le jugement de la Cour suprême, le 14 avril.Des Métis avant le jugement de la Cour suprême, le 14 avril. Photo : PC / Sean Kilpatrick

David Chartrand de la Fédération des métis du Manitoba veut que le jugement ouvre rapidement la voie à des négociations entre le gouvernement fédéral et les Métis, afin que ces derniers bénéficient d'une aide pour financer l'accès à des services de base, tels que la santé et l'éducation.

Il a réclamé la part des Métis du 8,4 milliards de dollars qu'Ottawa a consenti aux Autochtones du pays dans son dernier budget.

Il n'y a plus d'excuses. Le Canada ne peut plus se cacher.

David Chartrand

Les provinces et Ottawa ont « toujours trouvé une manière de nous exclure », a martelé M. Chartrand, bien que nous payons nos taxes. »

Le vice-président de la Nation métisse de la Saskatchewan, Gerald Morin, veut que les Métis puissent éventuellement signer des « traités modernes » avec Ottawa dans le but, notamment, d'avoir leurs propres terres.

Nos peuples sont sans terre.

Gerald Morin

Une barrière qui tombe

Le Congrès des peuples autochtones a estimé qu'avec le jugement, les Métis et les Indiens non inscrits sont désormais reconnus comme des citoyens « à parts égales ».

« Je suis très heureux que nous ayons réussi à enlever cette barrière », a déclaré l'avocat principal du Congrès, Joseph E. Magnet.

Il estime que le manque de clarté qui prévalait sur le statut des Métis causait un « désavantage significatif, une discrimination, ce qui résultait à un déni de services et de programmes nécessaires. »

Le jugement touche environ 600 000 Métis et Indiens non inscrits au Canada.

Alberta

Autochtones