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Simoneau et Thomas sans leurs coéquipières à Rio

Karine Thomas et Jacqueline Simoneau
Karine Thomas et Jacqueline Simoneau Photo: Getty Images / Streeter Lecka
Jacqueline Simoneau

BILLET - L'équipe canadienne de nage synchronisée ne va pas à Rio, et c'est encore très difficile à accepter. Nous avons toutes travaillé tellement fort pour tenter de nous qualifier, mais le rêve a pris fin en mars dernier.

Un texte de Jacqueline SimoneauTwitter

L'événement de qualification olympique a été le théâtre d'un torrent d'émotions. Nous avons d'abord découvert la piscine olympique, dans laquelle je nagerai en duo avec Karine Thomas au mois d'août. C'était excitant de s'y trouver. Nous avons ensuite présenté notre programme technique et avons offert notre meilleure performance en équipe à vie. Habituellement, en compétition, nous faisons des erreurs un peu bizarres que nous ne faisons jamais à l'entraînement. Mais cette fois, c'était vraiment comme à l'entraînement.

À la fin de la première journée de compétition, nous étions 4es, mais très, très contentes. Nous avions battu l'Espagne pour la première fois en 14 ans. Bien sûr, il fallait nous glisser parmi les trois meilleures équipes pour aller à Rio, et nous étions convaincues que notre programme libre nous permettrait d'y arriver.

À la présentation des programmes libres, nous avons nagé juste après l'équipe que nous devions vaincre, l'Italie. Nous avons encore une fois donné tout un spectacle, notre 100 %. Toutes nos cartes étaient jouées. Nous sommes sorties de la piscine et nous nous sommes installées devant les juges pour recevoir notre note.

À ce moment, notre cœur battait tellement fort. Toute l'équipe était vraiment très stressée. Quand la note est apparue au tableau, c'était tellement décevant. Nous avions le cœur brisé.

Il y a un principe très important en nage synchro : peu importe le pointage et l'ampleur de la déception, il faut garder le sourire jusqu'au moment où nous descendons les escaliers pour rejoindre nos entraîneurs. Je dois vous dire que c'était très difficile de sourire quand nous avons vu que moins d'un point nous empêchait de réaliser notre rêve.

Il y a eu beaucoup de larmes. Nous avions travaillé tellement fort en équipe durant les quatre dernières années pour aller aux Jeux. C'était aussi vraiment triste pour les filles les plus vieilles de l'équipe qui misaient tout sur cette année.

L'équipe canadienne de nage synchroniséeL'équipe canadienne de nage synchronisé Photo : Getty Images / Buda Mendes

La difficulté des sports jugés

Les déceptions doivent être tout aussi vives pour les athlètes qui pratiquent un sport qui peut être mesuré. Mais dans leur cas, il n'y a pas place à la discussion. Dans ces disciplines, tu peux te dire : « Si j'avais été plus rapide de 0,1 seconde, je me serais qualifiée! » Ce n'est pas quelque chose que nous pouvons nous dire en synchro. Les sports jugés sont plus politiques et les décisions ne nous semblent pas toujours logiques.

Au Canada, nous analysons beaucoup les programmes des autres pays avec des logiciels sophistiqués après les compétitions, ce que nous avons fait en revenant du Brésil. C'est à cause du degré de difficulté de notre programme libre que nous avons perdu contre l'Italie.

C'est difficile à comprendre pour nous parce que nos analyses montrent le contraire. Il faut savoir cependant que les juges ne voient notre chorégraphie qu'une seule fois. Ils n'ont probablement pas remarqué ce que nous avons analysé après plusieurs visionnements. Ça fait partie du sport, mais c'est difficile.

Un horaire moins chargé

Depuis notre retour à Montréal, mon horaire est beaucoup moins chargé. Karine Thomas et moi sommes de retour à la piscine pour travailler de façon intensive sur nos deux programmes en duo pour les Jeux olympiques de Rio. Le reste de l'équipe est en congé pour quelques mois.

C'est étrange de ne plus être tout le monde ensemble. Nous avons passé tellement de temps à nous côtoyer presque tous les jours. Nous avons vécu nos joies et nos peines en équipe.

Le seul bon côté, c'est que mes journées sont un peu moins remplies. Au lieu d'être à la piscine de 7 h à 19 h, je termine souvent au tour de 15 h. Ça fait du bien d'avoir un peu de temps l'après-midi.

(Avec la collaboration de Sportcom)

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