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Une contestation constitutionnelle veut raviver les langues autochtones

Une salle de classe à l'école Cross Lake Indian Residential School à Cross Lake au Manitoba. Plus de 150 000 enfants autochtones ont été placés dans plus de 130 écoles résidentielles au Canada entre 1870 et 1996.
Une salle de classe à l'école Cross Lake Indian Residential School à Cross Lake au Manitoba. Plus de 150 000 enfants autochtones ont été placés dans plus de 130 écoles résidentielles au Canada entre 1870 et 1996. Photo: ? Handout . / Reuters
Radio-Canada

Lorena Fontaine, professeure adjointe des études autochtones à l'Université de Winnipeg et l'avocat torontois David Leitch préparent une contestation constitutionnelle soutenant que les Autochtones ont droit à l'enseignement dans leurs propres langues en vertu de l'article 35 de la Constitution.

Cet article de la Loi constitutionnelle de 1982 garantit les droits ancestraux et issus de traités des peuples autochtones du Canada. L'article a aussi été appliqué pour protéger les coutumes, les pratiques et traditions ancestrales qui font partie intégrante de la culture autochtone.

Lorena Fontaine dit qu'il faut maintenant inclure les langues.

« Ces langues vont disparaître si nous ne faisons pas quelque chose durant la présente génération, la génération de ma fille, » explique Mme Fontaine.

Lorena Fontaine (à gauche) de l'Université de Winnipeg, prise en photo avec sa mère Doris Young et sa fille Sarah.Lorena Fontaine (à gauche) de l'Université de Winnipeg, prise en photo avec sa mère Doris Young et sa fille Sarah. Photo : Suzanne Dufresne/CBC

David Leitch croit que les langues autochtones devraient se voir accorder « une attention similaire » au français et à l'anglais, deux langues qui dominent la question des droits linguistiques au Canada.

Fernand de Varennes, doyen de la Faculté de droit de l'Université de Moncton et expert en droit linguistique des minorités, dit qu'il y a une bonne cause légale à faire en vertu de l'article 35. Selon lui, le gouvernement fédéral se doit de fournir des écoles d'immersion et des services au public de langues autochtones dans les communautés où il y a une population importante parlant ces langues.

M. Leitch espère que le gouvernement, à la suite des recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation (CVR) , choisira d'aborder cette question sans qu'il soit obligé de porter l'affaire devant les tribunaux.

Si tu es le premier ministre du Canada, tu peux faire bouger les choses assez rapidement

David Leitch, avocat

Langues autochtones en voie d'extinction

Selon le sondage de 2011, 63 langues autochtones sont parlées au pays. La CVR affirme que d'ici la fin du siècle, seulement trois langues risquent de survivre : l'ojibwé, le cri et l'inuktitut.

Au Canada, la perte des langues autochtones est directement liée au programme des pensionnats. Les enfants autochtones ont été arrachées de leur foyer, de leur famille et de leur culture. Ils étaient sévèrement punis s'ils parlaient leur langue maternelle.

Selon la Commission de vérité et de réconciliation, le traumatisme des pensionnats autochtones a empêché beaucoup de parents de transmettre leur langue d'une génération à l'autre.

Fernand de Varennes pense que l'étape de la protection des langues maternelles autochtones est essentielle pour guérir les blessures d'injustice. « Je crois que nous avons une obligation morale de réparer certains dommages causés par nos politiques racistes du passé. »

« La langue c'est qui nous sommes, dit Phil Fontaine, l'ancien chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN) et l'oncle de Lorena Fontaine. Si tu ne connais pas ta langue, il est difficile de comprendre profondément qui tu es. »

L'ancien chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine, veut que le gouvernement fédéral reconnaisse les droits linguistiques des autochtones.L'ancien chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine, veut que le gouvernement fédéral reconnaisse les droits linguistiques des autochtones. Photo : Jaceues Boissinot/Presse canadienne

Les Fontaine et M. Leitch font partie de 70 experts, avocats et activistes qui se sont réunis au mois de février à l'Université York à Toronto avec le but de rédiger une déclaration demandant au gouvernement fédéral de s'engager pleinement dans les recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation et de reconnaître les droits linguistiques des autochtones.

2,6 milliards de dollars en éducation pour les autochtones

Selon un communiqué envoyé à CBC News, le ministère des Affaires autochtones et du Nord Canada affirme que sur une période de 5 ans il dépensera 2,6 milliards de dollars en éducation, y compris un soutien au niveau des langues.

Le ministère envisage de dévoiler d'ici quelques mois certains détails plus précis du plan d'éducation des Premières Nations.

Selon les informations recueillies par les journalistes Nicola Luksic et Tom Howell de la CBC.

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