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Commission royale sur les peuples autochtones : 20 ans d'inaction

Une famille de Pikangikum entassée dans une maison unifamiliale.
Une famille de Pikangikum entassée dans une maison unifamiliale. Photo: Coleen Rajotte/CBC
Radio-Canada

Alors que les communautés autochtones font la manchette partout au pays en raison de crises de suicide à Attawapiskat et à Kuujjuaq, d'un incendie mortel dans des logements surpeuplés de la réserve de Pikangikum et de relations tendues entre les Autochtones et les policiers dans plusieurs régions du pays, il y aura bientôt 20 ans que la Commission royale sur les peuples autochtones déposait son rapport à la Chambre des communes.

Ce rapport de la commission, aussi connue sous le nom d'Erasmus-Dussault, devait aider à améliorer les conditions de vie dans les communautés autochtones du pays.

Un rapport accablant

Créée à la suite de la crise d'Oka à l'été 1990, la commission a mis six ans à produire son rapport. Les 400 recommandations sont contenues dans cinq volumes.

Le coprésident du rapport Georges Erasmus y avait inscrit : « Notre rapport propose une stratégie détaillée sur 20 ans pour restaurer la santé sociale, économique et politique des peuples autochtones et redéfinir leur relation avec l'ensemble des Canadiens. »

La façon dont le Canada traite ses Autochtones se résume à un gigantesque gaspillage de potentiel, d'argent et de vies humaines.

Coprésident de la Commission royale sur les peuples autochtones, le juge à la retraite René Dussault

De son côté, le coprésident, le juge à la retraite René Dussault, déclarait: « Ce gaspillage nous est confirmé par les statistiques sur les taux de suicide, sur l'alcoolisme et la toxicomanie, sur l'incarcération, sur le chômage, sur la dépendance à l'égard de l'aide sociale, sur l'abandon scolaire précoce, sur le mauvais était de santé et sur les piètres conditions de logement. »

Constat d'échec

Ghislain Picard à la sortie d'une rencontre avec des représentants du gouvernement pour rétablir la confiance des autochtones envers les policiersGhislain Picard à la sortie d'un rencontre avec des représentants du gouvernement pour rétablir la confiance des autochtones envers les policiers Photo : ICI Radio-Canada/Cimon Leblanc

Vingt ans plus tard, le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et Labrador, Ghislain Picard, constate que la situation a peu changé.

Surtout devant les récentes tragédies qui ont marqué les communautés d'Attawapiskat, de Kashechewan et de Pikangikum dans le nord de l'Ontario.

Comment se fait-il que l'eau potable, vous en parliez dans une communauté non autochtone, ça devienne un scandale et que dans 100 communautés autochtones, ça devienne acceptable?

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et Labrador

Il croit toutefois à un vent de changement venant notamment de la part du gouvernement fédéral, mais il demeure quand même sur ses gardes.

« Si on parle du rattrapage en éducation, dans le logement, on parle de 80 000 nouvelles unités de logement à travers le pays. Si on doit faire du rattrapage au niveau de la santé, de toute évidence, ça prend des mesures pour évaluer le progrès », estime-t-il.

Relations à établir

Un des commissaires de l'époque, Me Paul Chartrand, croit que le Canada n'a pas réussi à faire le minimum en 20 ans. Le premier pas était selon lui, de restaurer les relations entre Ottawa et les Premières Nations à travers le pays.

Aucun gouvernement n'a implanté les recommandations de base de la commission. La base était d'établir des relations saines avec le reste du pays, établir des relations d'affaires.

Me Paul Chartrand

De son côté, le premier ministre Justin Trudeau a admis que le Canada devait respecter ses engagements lors de son passage à Sudbury la semaine dernière : « On a beaucoup de travail à faire on commence à le faire maintenant. Il y a des investissements qui vont être fait dans un très court délai à travers le pays parce que nous avons pris trop de retard ces dernières années. »

En décembre, le gouvernement canadien annonçait la création d'une commission d'enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées. Rien toutefois n'a été annoncé pour améliorer les infrastructures dans les communautés du nord.

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