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Étude sur le bien-être des immigrants francophones dans quatre villes

L'Université de Saint-Boniface
L'Université de Saint-Boniface Photo: Florence Reinson

L'Université de Saint-Boniface pilote une étude sur l'état de santé des immigrants francophones qui habitent Winnipeg, Saskatoon, Ottawa ou Toronto. Le chercheur Ali Tote commence cette semaine une série d'entrevues en Saskatchewan, pour comprendre les besoins des immigrants et les services auxquels ils ont recours.

« Le projet vise à inventorier et recueillir les expériences des immigrants francophones en situation minoritaire, par rapport à leur santé et leur bien-être émotif », explique Ali Tote, de l'Université de la Saskatchewan.

Ali Tote, chercheur à l'Université de la Saskatchewan.Ali Tote, chercheur à l'Université de la Saskatchewan. Photo : Gracieuseté Ali Tote

L'équipe de chercheurs, menée par Danielle de Moissac, de l'Université de Saint-Boniface, cible les immigrants qui sont au Canada depuis plus de deux ans. Dans des entrevues d'une durée moyenne de 60 minutes, les chercheurs demandent aux participants d'identifier leurs besoins ainsi que les services qu'ils connaissent, et si « l'accès a été facile, les services étaient-ils disponibles en français? » ajoute le chercheur Ali Tote.

L'étude permettra aussi de voir les différences entre les provinces.

Au départ, l'idée du projet est ressortie d'un atelier du consortium national de formation en santé à Ottawa, auxquels les chercheurs ont tous participé.

Un état de santé qui se détériore

Ali Tote constate une dégradation de l'état de santé des nouveaux arrivants quelque temps après leur installation au Canada. « Je dirais que la population immigrante en général, quand elle arrive au Canada, est en bien meilleure santé que la population canadienne. C'est dû au processus d'immigration [...], aux tests médicaux, et ceux qui ont le désir de voyager, qui se déplacent, tendent à être en meilleure santé. »

« Mais on remarque que sur période de 10 ans, dit-il, la santé des immigrants commence à décliner et à rejoindre le niveau de santé de la population canadienne moyenne.

Ali Tote identifie plusieurs facteurs pour expliquer cette évolution : « des facteurs d'insertion, d'intégration, financiers, économiques et sociaux ».

« Et cette réalité est encore plus vraie pour la population qui ne parle pas la langue de la majorité », souligne-t-il.

Ali Tote dit que l'objectif principal de l'étude est « d'écouter les populations, [de] recueillir leurs espoirs et leurs solutions ».

« C'est de l'intérêt de la population canadienne en général que la population minoritaire francophone ait un certain nombre de services qui lui soient rendus dans sa langue, parce qu'à la fin, c'est nous tous qui en bénéficions, ajoute-t-il en conclusion. »

Une population minoritaire en santé, c'est un Canada en santé.

Ali Tote, chercheur à l'Université de la Saskatchewan

Les entrevues à Winnipeg sont déjà terminées. Une fois que les données seront recueillies dans les quatre villes, les chercheurs compareront les résultats.

Un texte de Camille Gris Roy, avec les informations de Kenza Kaghat

Manitoba

Nouveaux arrivants