•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laurent Ciman prêt à devenir canadien

Laurent Ciman prêt à devenir Canadien. Un reportage de Jean-Patrick Balleux.

Laurent Ciman ne l'a jamais caché : s'il a quitté la Belgique et sa vie de joueur de soccer professionnel il y a un peu plus d'un an pour se joindre à l'Impact de Montréal, c'était d'abord et avant tout pour aider sa fille atteinte d'autisme. Nina progresse tellement bien que, 14 mois après son arrivée, l'ancien défenseur du Standard de Liège songe à rester au Canada pour toujours.

Un texte de Jean-Patrick BalleuxTwitterCourriel

« Que ce soit la sécurité, l'école ou un avenir pour Nina, la qualité de vie au Québec est très bonne. Pourquoi pas? On l'envisage. Si les Québécois veulent bien de nous », a confié Ciman à Radio-Canada Sports dans une entrevue liée au mois de l'autisme. Le match Impact-Crew de samedi sera d'ailleurs dédié à la maladie.

Le joueur belge a le soutien de sa conjointe dans ce projet. « Si on veut bien de nous [au Québec], nous, on ne demande que ça. On se sent bien, voir nos enfants grandir ici, c'est vraiment fantastique », a indiqué Diana Ciman, qui a interrompu sa carrière en biologie médicale pour prendre soin de Nina, 6 ans, et d'Achille, 2 ans.

« C'est clair que quand tu l'apprends [que ton enfant est autiste], la première chose est que le monde autour de toi s'effondre. Après, tu relativises, tu essaies de penser le mieux pour ta famille et pour ta fille », croit le no 23 de l'Impact.

Renaissance sportive et familiale

Laurent, Nina et Diana CimanLaurent, Nina et Diana Ciman Photo : Radio-Canada

Il faut dire que depuis l'arrivée des Ciman au Québec, ils vivent une renaissance. Sur le plan sportif, le joueur de 30 ans a été élu défenseur de l'année en MLS à sa première saison avec l'Impact en 2015. Il a d'ailleurs conclu une prolongation de contrat avec le club jusqu'en 2018. 

Quant à Nina, elle a fait plus de progrès en un an à Montréal qu'en cinq ans en Belgique. Elle fréquente une école le matin et reçoit des traitements d'ergothérapie en après-midi à la maison, des services privés estimés à 4000 $ par mois.

« Parler, se faire comprendre, pointer, elle ne regardait pas dans les yeux, elle ne communiquait pas, manger toute seule... Elle ne faisait rien de tout ça avant [d'arriver à Montréal] », dit Laurent Ciman.

L'intégrale de l'entrevue avec Laurent et Diana Ciman

« Elle n'était pas autonome pour s'habiller, se déshabiller, aller aux toilettes. Aujourd'hui, je ne dis pas qu'elle est totalement autonome, mais elle commence à le devenir. Elle est plus en relations, elle développe ses habiletés sociales », renchérit Diana. 

« Il y a un fossé qui sépare le Québec et la Belgique en ce qui concerne l'autisme et les handicaps. Ici, il y a des professionnels formés, les services sont disponibles aussi bien en public qu'en privé, la scolarité... Tout est mis en place ici. En Belgique, tout est encore à faire », ajoute-t-elle.

« Rapidement, il y a eu une entente entre parents et praticiens sans entrer dans les conflits de rivalité, des positions rigides qui faisaient que tout était bloqué. Je crois aussi que les pédagogues ont fait de gros efforts pour assimiler les enfants qui le pouvaient dans des classes ordinaires », estime Michel Lemay, un pédopsychiatre retraité qui a traité 600 enfants à l'hôpital Sainte-Justine.

Des chiffres frappants

Laurent CimanLaurent Ciman Photo : Radio-Canada

En 2014, 1 enfant sur 68 souffrait d'autisme au Canada, comme dans la plupart des pays industrialisés. En 2002, ce ratio était de 1 enfant sur 150. La hausse s'explique par des diagnostics plus précoces et par un élargissement des critères.

Là où l'Amérique du Nord a une longueur d'avance sur l'Europe, c'est dans l'application, entre autres, de la méthode ABA. Chaque apprentissage est découpé en étapes répétées des centaines de fois. Une stimulation intensive parfois contestée, pourtant efficace, surtout auprès d'enfants en bas âge.

« Il y a un an de cela aujourd'hui, on s'est sentis totalement démunis, désarmés, au bord du gouffre. On était en Belgique et on se sentait perdus, honteux de ne pas pouvoir combler les besoins de notre enfant, de ne pas apporter le minimum, c'est-à-dire la dignité. On y est arrivés au Québec. Tout est toujours possible », lance Diana Ciman pour encourager les parents dans une situation similaire.

Laurent Ciman possède une entente avec l'Impact de Montréal jusqu'à la fin de la saison 2018. Il cherche maintenant un contrat à long terme... avec son pays d'adoption. Avant lui, le 2 juillet dernier, le Français Wandrille Lefèvre a obtenu sa citoyenneté canadienne.

Soccer

Sports