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La vente d'antiquités rapporterait 200 millions par an à l'État islamique

Des bijoux anciens pris sur le site archéologique de Deir el-Zour en Syrie et mis en vente par le groupe État islamique

Des bijoux anciens pris sur le site archéologique de Deir el-Zour en Syrie et mis en vente par le groupe État islamique

Photo : La Presse canadienne / PC

Reuters

La vente illégale d'antiquités de Syrie et d'Irak rapporte à l'État islamique (EI) entre 150 et 200 millions de dollars par an, estime l'ambassadeur de Russie aux Nations unies dans une lettre publiée mercredi.

« Environ 100 000 objets culturels d'importance mondiale, 4500 sites archéologiques, dont 9 sont inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO, sont sous le contrôle de l'État islamique (en Syrie et en Irak) », déclare Vitali Tchourkine dans sa lettre au Conseil de sécurité des Nations unies.

« Les profits tirés par les islamistes du commerce illicite d'antiquités et de trésors archéologiques sont estimés à 150 à 200 millions de dollars par an », ajoute-t-il.

La contrebande des objets, écrit Vitali Tchourkine, est organisée par la division des antiquités de l'EI, au sein de l'équivalent d'un ministère des Ressources naturelles.

Seules les personnes détenant un permis dûment tamponné de cette division ont le droit de creuser pour trouver des antiquités, de les enlever et de les transporter.

Les antiquités sont ensuite écoulées essentiellement vers la Turquie, indique l'ambassadeur.

« Le principal centre pour la contrebande des articles du Patrimoine mondial est la ville turque de Gaziantep, où des biens volés sont vendus lors d'enchères illégales et ensuite diffusés par l'entremise d'un réseau de magasins d'antiquités et sur le marché local », écrit encore Vitali Tchourkine.

Les bijoux, pièces de monnaie et autres biens pillés sont ensuite acheminés vers les villes turques d'Izmir, Mersin et Antalya, où sont fabriqués des documents pour dissimuler leur provenance.

« Les antiquités sont ensuite présentées à des collectionneurs de pays divers, en général par des sites d'enchères sur Internet, comme eBay, et des boutiques en ligne spécialisées », écrit Vitali Tchourkine.

Il signale aussi que l'EI a tendance désormais à utiliser Internet et les réseaux sociaux pour court-circuiter les intermédiaires et vendre les objets pillés directement aux
acquéreurs finaux.

La Turquie n'a pas réagi dans l'immédiat. Les relations entre la Russie et la Turquie sont tendues depuis qu'un avion russe a été abattu par Ankara près de la frontière avec la Syrie en novembre dernier.

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