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Insécurité alimentaire prononcée dans les Maritimes 

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Photo: istock
Radio-Canada

L'insécurité alimentaire touche particulièrement les enfants des Maritimes, selon une étude nationale publiée par une équipe de chercheurs de l'Université de Toronto.

Un texte de Pierre Philippe LeBlanc TwitterCourriel

L'étude sur l'insécurité alimentaire au Canada en 2014 a été publiée mardi. Selon les auteurs, un enfant sur cinq dans les Maritimes vit dans un foyer où on a du mal à se nourrir convenablement.

Le taux d'enfants dans cette situation est de 21 % au Nouveau-Brunswick, et de 22 % en Nouvelle-Écosse et à l'Île-du-Prince-Édouard. Il n'y a pas de données disponibles en la matière à Terre-Neuve-et-Labrador. La moyenne canadienne est de 15 %.

« Les ménages ont de la difficulté à s'alimenter convenablement parce que les autres dépenses prennent le dessus, surtout le loyer, le chauffage, le transport. Ils se privent de manger pour payer les autres dépenses », a expliqué Claude Snow, porte-parole du Comité des 12 pour la justice sociale, au Nouveau-Brunswick, durant une entrevue accordée à l'émission L'heure juste, de Radio-Canada Acadie.

Valerie Tarasuk, principale chercheuse à l'origine de l'étude, souligne que les Maritimes se distinguent aussi par le fait que le problème persiste depuis des années. La situation s'aggrave même, selon Claude Snow. « C'est sans doute parce que la hausse du coût de la vie, en général, fait que les gens ont moins pour manger », dit-il.

Dans le cas des villes d'au moins 100 000 habitants, Moncton et Saint-Jean au Nouveau-Brunswick et Peterborough en Ontario affichent le taux le plus élevé (16%).

Mme Tarasuk rappelle que l'insécurité alimentaire prédispose les gens à souffrir de maladies chroniques comme la dépression, le diabète et l'hypertension. Les enfants qui ne mangent pas à leur faim risquent plus que les autres de souffrir d'asthme, de dépression et de problèmes de développement.

Plus les revenus d'un ménage sont faibles, plus les risques d'insécurité alimentaire augmentent. Valerie Tarasuk ajoute qu'au Nouveau-Brunswick, 73 % des ménages qui dépendent de l'aide sociale connaissent l'insécurité alimentaire. Elle qualifie cette donnée d'accablante pour la province.

Claude Snow propose diverses pistes de solution au problème. « Nous, ce qu'on préférerait, ce serait des initiatives plutôt provinciales ou nationales, une stratégie pour l'alimentation convenable pour tous les citoyens, aussi des programmes d'alimentation en milieu scolaire. On aimerait voir des allocations pour contrer la hausse des prix de la nourriture, des allocations supplémentaires aux personnes, par exemple, sur l'aide sociale », recommande-t-il.

Avec des informations de Karin Reid-LeBlanc, CBC

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