•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des millions de Bangladais boivent de l’eau contaminée à l’arsenic

Un puits au Bangladesh
Un puits au Bangladesh Photo: ? Reuters Photographer / Reuter
La Presse canadienne

Vingt millions de Bangladais s'abreuvent toujours à des puits gouvernementaux contaminés à l'arsenic, un nombre qui demeure inchangé depuis dix ans en dépit d'années d'efforts pour creuser des puits plus sécuritaires, dénonce un rapport de Human Rights Watch dévoilé mercredi.

L'arsenic est une substance toxique qui se retrouve naturellement dans l'environnement et qui contamine l'eau dans certaines régions du monde, notamment dans de vastes deltas comme l'Inde et le Bangladesh.

Le rapport du groupe new-yorkais de défense des droits de la personne Human Rights Watch blâme le népotisme et la négligence des dirigeants du pays.

Le groupe affirme que ces derniers font creuser des puits pour rendre service à leurs proches et à leurs alliés politiques, plutôt que là où la pollution à l'arsenic est la plus prononcée ou là où un nombre élevé de villageois sont menacés.

Les représentants du gouvernement n'ont pas immédiatement répondu à ces allégations.

Le rapport de HRW s'appuie sur l'étude d'environ 125 000 puits creusés par le gouvernement entre 2006 et 2012 spécifiquement pour donner aux villageois l'accès à une eau plus sécuritaire, après qu'une enquête précédente eut déterminé que des millions de personnes buvaient une eau contenant plus de 50 parties par milliard.

La limite bangladaise est nettement supérieure à celle de 10 parties par milliard recommandée par l'Organisation mondiale de la santé, mais identique à celle de l'Inde voisine.

L'auteur du rapport, le chercheur Richard Pearshouse, a dénoncé un manque de volonté politique, en affirmant qu'aucun problème technique n'empêchait de régler le problème.

Il accuse le gouvernement de consacrer ses maigres ressources au forage de puits inutiles.

Le problème de la contamination de l'eau souterraine du Bangladesh a été découvert en 1993.

Le gouvernement a alors peint en vert les puits sécuritaires et en rouge ceux qui ne le sont pas. L'eau tirée des puits qui plongent à au moins 150 mètres est habituellement sécuritaire, mais ces puits sont les plus dispendieux à creuser et la majorité s'arrêtent à environ 50 mètres sous terre.

International