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  • Exclusif
  • Après les écoles en mauvais état, au tour des hôpitaux

    Sous-sol du pavillon Rosemont de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR)

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    EXCLUSIF — Pour la première fois, le ministère de la Santé diffuse les résultats de ses inspections des bâtiments dans le réseau de la santé. Conclusion : plus de 20 % des bâtiments hospitaliers du Québec inspectés sont en mauvais ou en très mauvais état; un pourcentage qui est encore plus élevé pour les CHSLD.

    Un texte de Davide GentileTwitterCourriel

    Partout, le bâtiment principal de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont montre des signes de fatigue. Coin nord-est, une quinzaine de mètres de grillage ont été installés parce que les briques menacent de tomber. Des dizaines de fenêtres en bois sont attaquées par la pourriture. Le bâtiment n'est plus à la hauteur de cet établissement qui est à la fine pointe en recherche médicale.

    Même si l'hôpital est l'un des plus gros de la province, c'est aussi un des plus mal en point. Il obtient la pire note octroyée par Québec : un E. « On n'est absolument pas surpris du classement », affirme Martin Légaré, intensiviste et pneumologue à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

    Pour consulter la carte des bâtiments sur votre appareil mobile, cliquez ici.

    Indice d'état

    • A - Très bon : L'infrastructure est habituellement récente ou elle est remise à neuf. Elle rend le service sans interruption ou ralentissement, assure la sécurité des personnes et n'affecte pas leur santé.
    • B - Bon : L'infrastructure présente un niveau léger de dégradation et de défectuosité. L'immeuble, l'ouvrage de génie civil ou, le cas échéant, l'équipement nécessite certains travaux de maintien d'actifs.
    • C - Satisfaisant : L'infrastructure présente un niveau modéré de dégradation et de défectuosité, et nécessite régulièrement des travaux de maintien d'actifs.
    • D - Mauvais : L'infrastructure présente un niveau élevé de dégradation et de défectuosité, et nécessite des travaux de maintien d'actifs importants et parfois urgents.
    • E - Très mauvais : L'infrastructure présente un niveau très élevé de dégradation et de défectuosité, et nécessite des travaux de maintien d'actifs très importants et souvent urgents.

    Il y a quelques semaines, certaines chambres ont connu des problèmes d'humidité. Des patients ont dû être déplacés. L'administration a dû prendre le temps de repeindre les lieux. Et le vendredi 1er avril, plusieurs opérations ont été reportées, parce qu'il faisait trop chaud.

    Il y a quand même 17 personnes qui n'ont pas été opérées. C'est une conséquence de la ventilation en salle d'opération qui est trop vieille!

    Rafik Ghali, chirurgien vasculaire de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont

    Des cas urgents

    Une vingtaine d'autres bâtiments obtiennent également la pire note octroyée, le E. Cela signifie que l'état de ces bâtiments est « très mauvais » et que leur niveau de dégradation est « très élevé ». Les documents du Conseil du Trésor indiquent que des travaux de maintien pour ces établissements sont « urgents ». Sans cela, précise-t-on dans certains cas, « un remplacement ou une mise hors de service de l'infrastructure s'impose. »

    Le tiers des bâtiments du site de l'Hôpital Douglas est dans cette catégorie. L'urgence psychiatrique et le pavillon qui abrite le département de pédopsychiatrie obtiennent aussi la note de E. L'Hôpital Douglas précise que plusieurs millions de dollars seront investis dès cette année pour le rénover. Huit centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), comme le Centre d'hébergement de la Maison-Neuve, sur la rue Nicolet à Montréal, sont aussi en très mauvais état.

    La catégorie D, qui indique un niveau « élevé » de dégradation, est moins problématique, mais regroupe plus de bâtiments, soit une cinquantaine, dont l'Hôpital du Haut-Richelieu à Saint-Jean sur Richelieu et plusieurs pavillons de l'Hôpital Sainte-Justine pour enfants à Montréal.

    Des hôpitaux pourraient être démolis

    Il n'est pas écarté que les bâtiments qui obtiennent une note de D ou de E soient démolis. Ce n'est pas ce que souhaite le Dr Martin Légaré pour l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Selon lui, la vétusté se traduit surtout par un espace de travail moins fonctionnel. Il illustre le fait que l'hémodialyse se pratique dans des conteneurs. « Des patients qui sont hémodialysés dans du préfabriqué, évidemment ce ne sont pas les normes d'un hôpital. »

    Partout, les corridors semblent encombrés. Toutes les salles visitées par Radio-Canada, comme celles de néonatalogie, semblent bondées. Construit selon les normes des années 50, l'hôpital est « clairement trop exigu », estime le Dr Légaré. Un projet de rénovation de 900 millions de dollars est dans les cartons, mais il traîne depuis des années. « Les 500 000 personnes de l'est de l'île de Montréal sont laissées pour compte! » affirme le Dr Rafik Ghali.

    C'est la première fois que le ministère de la Santé diffuse les résultats des inspections sur l'état des bâtiments. Au total, 22 % des centres hospitaliers inspectés sont en mauvais ou en très mauvais état. En outre, 32 % des CHSLD sont aussi soit en mauvais ou en très mauvais état. Le tiers du réseau a été inspecté. Le gouvernement fera le reste d'ici 2018.

    La situation est sérieuse comme dans d'autres réseaux. Comme dans le réseau de l'éducation, les commissions scolaires ou les universités.

    Jean-Pascal Foucault, ingénieur et professeur à l'Université de Compiègnes

    L'ingénieur et professeur à l'Université de Compiègnes, en France, Jean-Pascal Foucault, salue la démarche du gouvernement québécois. D'ici 10 ans, Québec prévoit investir 10 milliards de dollars pour rénover les bâtiments dans le réseau de la santé. Selon le professeur Foucault, ce sera impossible de tout rénover à la perfection. « Il faut voir comment les problèmes sont distribués pour prioriser les interventions », affirme-t-il.

    Le ministre de la Santé affirme que les infrastructures sont « un enjeu majeur ». Selon lui, il faudrait investir encore plus que ce qui est prévu actuellement. Gaétan Barrette pense toutefois que l'assainissement des finances publiques était une condition essentielle à toute majoration des investissements en ce sens.

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