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Deux ans de cauchemar après une inspection domiciliaire bâclée

Maisons dans le Grand Sudbury

Maisons dans le Grand Sudbury

Photo : Yvon Thériault

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Nicole Laflèche, du Grand Sudbury, sort peu à peu d'un véritable cauchemar qui dure depuis deux ans. En avril 2014, la mère monoparentale de trois enfants a fait appel à un inspecteur en habitation avant d'acheter sa maison dans le secteur Hanmer.

Un texte de Mathieu GrégoireTwitterCourriel

Trois mois après avoir emménagé, Mme Laflèche a commencé à remarquer plusieurs problèmes. La pompe submersible dans le sous-sol ne fonctionnait pas, un tuyau sous l'évier de la cuisine coulait, le bain et la toilette laissaient échapper de l'eau à chaque utilisation.

Les problèmes électriques dans la maison de la Sudburoise étaient si sérieux que l'organisme provincial de contrôle de la sécurité électrique a condamné plus de la moitié des prises électriques et lumières de la maison.

« Je lui ai demandé : je suis une mère seule donc, je n'ai pas d'argent juste à jeter dans une maison. J'ai besoin d'une maison fiable. Et à la fin de la journée, il m'a dit que j'avais une bonne maison. Je lui ai demandé si j'étais mieux de regarder aussi ailleurs. Il m'a dit non. »

— Une citation de  Nicole Laflèche, propriétaire

Nicole Laflèche a dû faire appel à des électriciens pour refaire une grande partie du réseau électrique de son domicile. Elle se demande aujourd'hui « à quel point est-il [l'inspecteur] responsable, je ne le sais pas, mais en même temps ce sont des choses qu'il aurait dû avoir remarqué. »

La propriétaire estime avoir dépensé près de 40 000 $ en rénovations jugées essentielles. La facture aurait pu être bien plus salée si ce n'était des nombreux amis et entrepreneurs qui lui ont aussi offert des centaines d'heures de travail gratuitement.

Association pas assez stricte, dit le député Han Dong

Pour éviter que les Ontariens continuent de vivre des mésaventures similaires à celles de Nicole Laflèche, le député libéral Han Dong a déposé un projet de loi privé. Le document, actuellement à l'étude à Queen's Park, suggère un encadrement plus strict de l'industrie des inspecteurs domiciliaires.

Actuellement, n'importe qui peut se dire inspecteur. L'Association des inspecteurs domiciliaires de l'Ontario accrédite ses membres qui doivent répondre à certaines exigences liées à leurs compétences. Mais rien n'oblige les inspecteurs à devenir membres de cette association.

« Nous pensons qu'en rehaussant les critères et les standards de la profession, nous réduirons les risques qu'un inspecteur ne décèle pas certains problèmes ou qu'il ne soit pas en mesure d'expliquer clairement au propriétaire ce qui ne va pas. »

— Une citation de  David Orazietti, ministre des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs

En vertu de la nouvelle réglementation, tous les inspecteurs devraient dorénavant détenir un permis octroyé par un organisme de certification indépendant qui serait mis sur pied. Cet organisme, qui serait sous la responsabilité du ministère des Services aux consommateurs, aurait la responsabilité d'établir et de faire respecter un code de conduite professionnelle.

Recours pour les propriétaires insatisfaits

En ce qui a trait à l'imputabilité des inspecteurs, le ministre Orazietti soutient qu'ils pourraient être forcés de déclarer à leurs clients s'ils détiennent de l'assurance responsabilité ou non. Les clients sauraient ainsi s'ils peuvent intenter des recours directement contre l'inspecteur.

Rien n'indique pour le moment qu'une certification encadrerait les relations professionnelles entre inspecteurs domiciliaires et courtiers immobiliers; ce qui préoccupe actuellement Nicole Laflèche. Selon elle, les courtiers peuvent recommander à leurs clients le même inspecteur des dizaines de fois par mois. Une réalité qui teinte, croît-elle, la confiance que peuvent avoir les acheteurs de maison, car « c'est vraiment difficile de croire qui travaille pour qui ».

Les Libéraux espèrent que le projet de loi soit adopté et mis en vigueur d'ici la fin de l'année. L'Ontario deviendrait ainsi la troisième province après l'Alberta et la Colombie-Britannique à réglementer la profession d'inspecteur domiciliaire.

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Ontario