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Radio-Canada Windsor d'hier à aujourd'hui

Nouveau studio de Radio-Canada à Windsor

Nouveau studio de Radio-Canada à Windsor

Photo : ICI Radio-Canada/Marine Lefèvre

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une nouvelle étape vient d'être franchie dans l'histoire de Radio-Canada Windsor. L'équipe de Matins sans frontières a inauguré vendredi son nouveau studio ouvert. Pour l'occasion, nous vous proposons un retour sur l'histoire de la station de CBEF depuis son ouverture en 1970.

Un texte de Édith DrouinTwitterCourriel

L'ouverture

La station de Radio-Canada Windsor ouvre en 1970. Elle compte alors une dizaine d'employés. La programmation se limite aux nouvelles et à une émission radiophonique le matin.

Ginette Reno participe au spectacle d'inauguration de la station.

Le personnel et la programmation s'accroissent assez rapidement. Dans les années qui suivent, une émission de musique country de 30 minutes est ajoutée après l'émission du matin, ainsi qu'une émission culturelle d'après-midi, qui met, entre autres, en scène des artistes du sud-ouest de l'Ontario.

L'équipe de Jacomatin de Radio-Canada WindsorAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'équipe de Jacomatin de Radio-Canada Windsor

Photo : Archives CBEF

Les belles années

En 1976, la télévision de Radio-Canada fait son arrivée dans le sud-ouest de l'Ontario. 

À partir de cette date, les services français à Windsor comptent une trentaine d'employés. Jean-Guy Brassard, technicien à la station de 1971 à 1991, se souvient d'une salle des nouvelles vibrante avec tous les postes possibles, de la directrice de la programmation à la discothécaire, qui plaçait les disques.

Les nouvelles de Windsor sont envoyées partout au pays, notamment en raison de l'effervescence que connaît l'industrie automobile. Un journaliste sportif va même parfois jusqu'à Chicago pour couvrir des événements sportifs des équipes de Détroit et de Montréal.

Au fil des années, de nouvelles émissions apparaissent. Une émission du midi sur le monde agricole, une émission d'affaires publiques en fin d'après-midi, une émission le samedi animée par des jeunes et une émission du dimanche. Les francophones du Sud-Ouest ont alors jusqu'à 37,5 heures de programmation locale par semaine.

Radio-Canada joue un rôle culturel important dans la région en enregistrant des concerts dans des sous-sols d'églises ou des théâtres. Les enregistrements, qui sont envoyés ailleurs au pays, donnent beaucoup de visibilité aux artistes de Windsor. Une réalisatrice de l'époque, Paulette Richer, parcourt même la région à la recherche de nouveaux talents.

Une réalité qui était bien différente, à peine quelques années plus tôt. 

« Les gens du Sud-Ouest parlaient français, mais la culture était minime, il n'y avait pas d'activités culturelles. C'est Radio-Canada qui a amené la culture française dans la région, au moment où je suis arrivé, il n'y en avait presque pas. »

— Une citation de  Jean-Guy Brassard, ancien technicien de Radio-Canada à Windsor

Radio-Canada organise aussi à cette époque des événements comme des soirées disco rock, pour attirer les jeunes.

La rupture

Pendant les années 1990, la programmation locale s'effrite. En 1996, une dizaine de postes sont supprimés. Le nombre d'employés diminue ensuite graduellement.

En 2009, le couperet tombe. La direction de Radio-Canada décide de fermer la station de Windsor.

« Ça a été une décision extrêmement pénible dans un contexte catastrophique de coupures », explique Patricia Pleszczynska, directrice générale des services régionaux et radio pour Radio-Canada. 

C'est le choc dans la communauté.

En 2009, il ne reste plus que deux journalistes à Windsor qui interviennent trois fois pendant l'émission matinale de Toronto.

La communauté s'organise rapidement pour créer le mouvement SOS CBEF afin de sauver la station qui représente un pilier de leur identité francophone, dans un contexte linguistique minoritaire.

Nicole Larocque, SOS CBEFAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nicole Larocque, SOS CBEF

Photo : Courtoisie du journal Le Rempart

« C'était le choc complet, on savait qu'il allait y avoir des compressions, on avait entendu ça, mais on ne s'attendait vraiment pas à ce qu'il y en ait à notre station de Windsor parce qu'on avait vu tellement un déclin à CBEF avec le nombre d'employés et d'émission au cours des années, on s'est dit qu'on était déjà au minimum, on ne croyait pas qu'ils allaient faire d'autres compressions », dit Nicole Laroque, présidente du comité SOS CBEF.

La communauté et le groupe SOS CBEF déposent de nombreuses plaintes au Commissariat aux langues officielles. Le groupe essaie d'obtenir une injonction pour empêcher d'arrêter la diffusion de l'émission matinale, envoie des lettres au CRTC et contacte des politiciens de tous les paliers de gouvernement. Le groupe devient aussi partenaire avec le Commissaire aux langues officielles dans un recours contre Radio-Canada.

L'émission du matin fait finalement son retour après le renouvellement des conditions de licence du CRTC en 2013. 

« On est allé trop loin en 2009 et la communauté nous l'a fait comprendre très clairement, qu'il y avait un besoin qui était très criant dans la communauté, d'avoir une programmation qui reflète la région. »

— Une citation de  Patricia Pleszczynska, directrice générale des services régionaux et radio pour Radio-Canada

Le renouveau

En 2014, CBC/Radio-Canada vend l'immeuble du 825 promenade Riverside et en devient locataire.

D'importantes rénovations sont amorcées l'année suivante, comprenant notamment l'installation de nouveaux studios ouverts. 

Nouveau studio de Radio-Canada à WindsorAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nouveau studio à air ouverte de Radio-Canada à Windsor

Photo : ICI Radio-Canada/Marine Lefèvre

Un projet qui s'inscrit dans une mouvance de la société vers de nouveaux espaces de travail.

« C'est en lien avec la vision et le mandat qu'on a à Radio-Canada en région. Surtout nos émissions du matin, ce sont des émissions qui accompagnent en information nos auditeurs et l'accompagnement se fait dans notre ville maintenant, en proximité et en témoignant de la journée », dit Patricia Pleszczynska.

Radio-Canada n'a pas voulu divulguer le coût des rénovations.

Les conditions de licence du CRTC pour CBEF seront renouvelées en 2018. Selon Mme Pleszczynska, Radio-Canada n'envisage pas de se retirer du sud-ouest de l'Ontario.

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