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Ghomeshi : la procureure générale ne fait pas de promesse

Madeleine Meilleur, Procureure générale de l'Ontario

Madeleine Meilleur, Procureure générale de l'Ontario

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans sa première entrevue depuis l'acquittement de Jian Ghomeshi, la procureure générale de l'Ontario, Madeleine Meilleur, dit à Radio-Canada que le gouvernement prend la question des agressions sexuelles « très au sérieux », mais sans promettre de changements juridiques pour l'instant.

Le procès a soulevé une multitude de questions au sujet de la présomption d'innocence, du traitement des plaignantes en cour et du travail de la police et de la Couronne dans de telles causes. 

Mme Meilleur refuse de commenter le cas de l'ancien animateur de CBC, étant donné que la province pourrait toujours porter le verdict en appel.

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-L'avocate de Ghomeshi nie avoir trahi les femmes

Jian Ghomeshi quitte le palais de justice après avoir entendu son jugement.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jian Ghomeshi quitte le palais de justice après avoir entendu son jugement.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

La procureure générale rappelle, toutefois, que les libéraux ont investi récemment 41 millions de dollars dans différents programmes d'aide aux victimes de harcèlement et d'agression sexuels, tout en indiquant que la formation des procureurs et des policiers est mise à jour régulièrement.

La ministre Meilleur ajoute que des consultations auront lieu plus tard en avril avec différents intervenants dans le domaine.


Entrevue avec Madeleine Meilleur réalisée par l'animatrice Marjorie April de l'émission Y a pas deux matins pareils :

1) Après le procès Ghomeshi, comment une campagne de sensibilisation comme la vôtre peut-elle convaincre des victimes, qui ont vu à quel point ça peut être difficile en cour pour les plaignantes, d'aller chercher de l'aide ou de porter plainte?

Je ne voudrais pas parler de ce cas [parce qu'on est encore dans la période d'appel]. Mais le gouvernement de l'Ontario prend la violence à caractère sexuel très au sérieux. C'est pour ça que la première ministre a lancé son plan d'action et l'a très bien financé, 41 millions de dollars. On a augmenté le financement aux 42 centres d'appui aux victimes d'agression sexuelle. Nous avons adopté une loi en vue de supprimer les obstacles qui empêchaient les victimes d'entamer des poursuites civiles. Nous avons aussi mis en place un programme pilote visant à fournir gratuitement de l'appui aux victimes d'agression sexuelle. Elles auraient quatre heures gratuites d'avis juridiques indépendants.

2) Vous êtes responsable du système de justice en Ontario, quel est le mécanisme de rétroaction en place pour examiner ce qui s'est passé dans le procès Ghomeshi, le fait que la Couronne était si mal préparée?

Il y a toujours de la formation en continu. On veut s'assurer que ce ne soit pas seulement que les procureurs de la Couronne [qui en reçoivent], mais tous ceux qui ont un impact dans le domaine de l'agression et du harcèlement sexuels. Plus on sera formés, plus on sera informés.

3) Mais à quoi ça sert tout ça s'il n'y a que très rarement des condamnations? C'est décourageant pour des plaignantes...

On est bien au fait de ça. On lit les statistiques comme tout le monde. C'est pour ça que la première ministre a lancé son plan d'action, de là l'augmentation du financement dans les centres d'appui aux victimes d'agression sexuelle, de là le programme pilote visant à fournir des avis juridiques indépendants aux survivant(e)s d'agression sexuelle.

4) Est-ce que les policiers devraient être mieux formés eux aussi?

Oui, les policiers, les procureurs de la Couronne font partie de cette formation, qui a déjà commencé, c'est de la formation en continu. Mais le curriculum change lorsque la situation change. Et on va continuer.

5) Qu'est-ce qui a changé récemment dans le programme de formation?

Je n'ai pas les détails, mais il y a toujours une mise à jour de la part de professionnels. Il y a toujours des experts au sein du ministère du Procureur général qui servent de mentors auprès des nouveaux procureurs. Soyez assurés qu'on met toutes les ressources possibles pour que justice soit bien rendue.

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