•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

De l'île de Vancouver à Montréal, le parcours de Conner Molander, de HMR

Le chanteur et guitariste de Half Moon Run, Conner Molander

Le chanteur et guitariste de Half Moon Run, Conner Molander

Photo : Facebook.com/Half Moon Run

Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pas un, ni deux, ni même trois... Half Moon Run offrira quatre spectacles au Métropolis à guichets fermés dès vendredi. À quelques heures de cette résidence exceptionnelle dans la ville où le groupe a vu le jour, on cause de musique, de diverses collaborations, de racines et de vie avec le chanteur et guitariste Conner Molander, un jeune homme visiblement aussi talentueux qu'équilibré.

Un texte de Philippe RezzonicoTwitterCourriel

Le soleil éclatant filtre à travers les larges fenêtres de l'hôtel de prestige de Montréal où les membres de Half Moon Run rencontrent tour à tour les médias avant les spectacles du week-end. Fait rare, les quatre soirées affichaient complet (environ 10 000 billets vendus) avant même que le nouveau disque du groupe, Sun Leads Me On, ne soit mis en marché l'automne dernier. Cela en dit long sur le lien entre les amateurs de musique de la métropole québécoise et les gars de Half Moon Run.

Je salue Dylan Phillips (batterie), installé devant un ordinateur, puis Issac Symonds (percussions), confortablement calé dans un fauteuil mousse. Devon Portielje n'est pas présent, lui qui est légèrement grippé à trois jours du premier spectacle. Mieux vaut se reposer, en effet. Molander quitte le balcon gorgé de soleil pour venir me parler. Natif de la Colombie-Britannique, ce dernier est arrivé à Montréal en 2009 avec Phillips, avant que les deux étudiants/musiciens ne rencontrent Portielje.

Devon Portielje et Conner Molander, de Half Moon RunAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Devon Portielje et Conner Molander, de Half Moon Run

À l'époque, Molander n'avait même pas 20 ans. Quatre ans après son premier disque (Dark Eyes, Indica Records), qui est tout près de la certification platine au Canada (77 000 exemplaires vendus), Half Moon Run est encore un jeune groupe dans l'attitude et dans le contenu. Il suffit d'écouter les compositions de Sun Leads Me On pour le constater. On y parle d'amour et de ruptures, sujet universel s'il en est un, mais aussi d'interrogations et de quêtes.

« J'ai entendu dire que ça [les quêtes et les interrogations] allait implicitement avec la vingtaine [éclat de rire] », souligne Molander, âgé de 25 ans, placé devant ce constat. Une réponse digne de l'étudiant en psychologie de l'Université McGill qu'il a déjà été.

Je peux dire que durant mes temps libres, je suis préoccupé quant à savoir ce que représente la vie pour moi. Où est-ce que je m'inscris dans tout ça? Où est-ce que je m'en vais? Et je me demande à quel point mes ambitions vont me mener à une vie équilibrée et heureuse. Et pas seulement au plan professionnel. Au plan familial, aussi. Je suis probablement le prototype du gars dans la vingtaine qui se demande où il se dirige dans la vie.

Une citation de :Conner Molander

Équilibre travail et famille

Si Half Moon Run est indiscutablement un jeune groupe, Molander tranche drôlement avec le cliché « sexe, drogues et rock and roll » qui a longtemps animé des tas de groupes, toutes générations confondues. Et il pense que la très grande majorité des artistes qui veulent vivre de la musique de nos jours n'ont pas les mêmes objectifs personnels et professionnels que ceux d'il y a 20 ou 30 ans.

Conner Molander, Devon Portielje et Dylan Phillips, de Half Moon RunAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Conner Molander, Devon Portielje et Dylan Phillips, de Half Moon Run

Photo : Facebook.com/Half Moon Run

Je crois qu'il y avait encore beaucoup d'argent dans notre industrie durant les années 90. De nos jours, un grand nombre de jeunes artistes aspirent à une vie normale. Je suis bien plus à la recherche de la félicité familiale que du "sexe, drogues et rock and roll" [sourire]. Il y a aussi que l'on ne fait plus vraiment d'argent depuis une dizaine d'années dans l'industrie. Ceux qui ont survécu et qui poursuivent sont ceux qui veulent vraiment, vraiment faire de la musique.

Une citation de :Conner Molander

Les gars de Half Moon Run ont déclaré qu'ils étaient lessivés au terme de la tournée interminable (plus de 300 spectacles) qui a suivi la parution de Dark Eyes. Et si l'on présume qu'il y a moins d'inconnu quand on retourne dans ses valises après l'expérience acquise, ça ne veut pas dire que cela est plus aisé.

Non, c'est plus difficile. Quand tu veux percer, les sacrifices que tu fais te semblent tous justifiés lors des premières années. Mais à un moment, tu réalises que ces "sacrifices" sont en fait ton mode de vie. Je trouve vraiment difficile d'être loin de chez moi durant une longue période de temps. Je sais le genre de personne que je suis et ce que je veux dans la vie. Or, la vie de tournée m'empêche de vivre ça. Au début, ça allait. Mais avec les années, tu réalises que ce que tu donnes à cette vie surpasse ce que tu reçois.

Une citation de :Auteur
Half Moon RunAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Half Moon Run

Photo : Facebook/Half Moon Run

Cela n'empêche pas le groupe d'avoir déjà sillonné l'Europe (des salles de 500 à 3000 personnes) et le Canada ces derniers mois, lors de 11 semaines de tournée. Près d'une vingtaine de spectacles en Amérique sont prévus après l'escale montréalaise qui précède l'été festivalier avec des prestations prévues en Europe et au Canada, notamment à Osheaga (Montréal), au Festival d'été (Québec) et au Bluesfest (Ottawa).

Les autres plateformes

Durant le cycle de l'album Dark Eyes (2012), Half Moon Run a vu sa chanson Full Circle utilisée pour la publicité d'un jeu vidéo. Trois ans plus tard, l'histoire se répète. Warmest Regards, la chanson d'ouverture de Sun Leads Me On, sera intégrée à une autre plateforme de diffusion, soit le film Demolition, de Jean-Marc Vallée, dont la première a lieu la semaine prochaine.

(Source : YouTube/Half moon run)

« La compagnie de disques et notre gérance cherchent toujours des moyens pour diffuser notre musique à plus grande échelle, explique Molander. On reçoit des propositions. On dit oui ou non. Dans le cas du jeu vidéo, c'est indiscutable que ça a donné une visibilité accrue à Full Circle ainsi qu'à notre groupe. Mais la chanson pour le film, c'est vraiment une collaboration et une création commune avec Jean-Marc. On est allés à sa résidence il y a près d'un an, au moment où il faisait le montage du film.

À ce moment, nous étions en train de composer. Nous faisions des allées et venues en studio. Nous avions une idée en tête pour une chanson et on a développé cette idée pour son film. C'est arrivé au bon moment. Il nous a dit ce dont il avait besoin et nous avons adapté cette idée à sa production cinématographique. D'ailleurs, c'est lui qui a trouvé le titre de la chanson.

Une citation de :Conner Molander
Jean-Marc Vallée au Festival du film de TorontoAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jean-Marc Vallée au Festival du film de Toronto

Photo : Evan Agostini

Ce sont des membres de l'entourage de Vallée qui ont d'abord contacté la gérance de Half Moon Run.

« Jean-Marc Vallée recevait un prix lors d'un gala du gouverneur général à Ottawa, se souvient Molander. On nous a contactés afin de nous demander si nous voulions faire une présence surprise au gala et jouer une chanson pour lui, parce qu'il est un de nos admirateurs. On a participé à l'événement et quand on a discuté, il a su qu'on faisait un nouveau disque et nous, qu'il réalisait un nouveau film. On lui a fait parvenir un tas de démos en lui disant de nous faire signe si quelque chose pouvait lui servir. Il a nous rappelés en nous disant qu'un des démos pouvait faire l'affaire et la collaboration a suivi son cours. »

Montréal, la Mecque musicale

On a dit et écrit à maintes reprises depuis une dizaine d'années que Montréal est la Mecque musicale des années 2000. La ville où nombre d'artistes venus des États-Unis et d'ailleurs au Canada se sont rencontrés et ont mis sur pied des groupes (Arcade Fire, The Barr Brothers, Half Moon Run) dont la renommée musicale s'étend désormais hors de nos frontières. Qu'est-ce qui rend Montréal si attirante?

« J'avais 18 ans, se souvient Molander. Je venais de terminer mon secondaire et je cherchais un endroit où je pouvais passer le reste de ma vie à faire de la musique, même si, au plan financier, ce n'était pas une perspective d'avenir très prometteuse, il faut l'admettre.

« J'étais sur l'île de Vancouver et je me demandais où je pouvais aller. Vancouver n'a pas une grosse scène musicale et il est très dispendieux de s'y loger. Toronto? Pour moi, ça semblait être une ville de banquiers. Montréal était une évidence. La scène musicale était intéressante et je pensais pouvoir y vivre et y faire de la musique. Et plein de gens, visiblement, pensaient comme moi. »

Quand je suis arrivé ici en 2009, Mac DeMarco était ici, Grimes était ici, ainsi que tous les groupes qui ont eu du succès. Il y avait une communauté d'esprit. On ne passe plus autant de temps à Montréal qu'on voudrait, mais on a tous un pied-à-terre. Je parle en français, même s'il est hésitant, et Dylan est parfaitement bilingue. Montréal, c'est ma maison. Jouer quatre spectacles au Métropolis, c'est comme un retour au bercail. Et il ne s'agira pas de spectacles comme ceux que nous avons faits jusqu'ici. On planifie le contenu de cette série depuis des semaines. Ça va être spécial.

Une citation de :Conner Molander

Half Moon Run sera en spectacle au mois de juillet à Québec (Festival d'été), à Ottawa (Bluesfest) et à Montréal (Osheaga).

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !