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La disparition des hommes de Florès intervenue plus tôt qu'estimé à ce jour

Reconstitution d'une femelle Homo floresiensis

Reconstitution d'une femelle Homo floresiensis

Photo : Musée d'Australie

Radio-Canada

De nouvelles analyses laissent à penser que les hommes de Florès ont disparu il y a environ 50 000 ans, bien avant les 12 000 ans évalués jusqu'à aujourd'hui.

Un texte d'Alain LabelleTwitterCourriel

Depuis la découverte du premier squelette en 2003, les anthropologues débattent sur les origines de ces petits hominidés surnommés « hobbits » qui vivaient sur l'île de Florès en Indonésie.

À l'époque, la découverte de cette espèce Homo avait fait sensation, car certains scientifiques pensaient qu'elle aurait pu survivre jusque dans un passé assez récent.

Les récents travaux des anthropologues du Griffith University's Research Centre of Human Evolution (RCHE ) publiés dans le magazine Nature (Nouvelle fenêtre) ne vont donc pas dans cette direction et semblent contredire la thèse que les habitants de l'île Flores auraient coexisté avec les humains modernes pendant des dizaines de milliers d'années.

En fait, l'Homo floresiensis semble avoir disparu peu de temps après que notre espèce eut atteint Florès, ce qui laisse à penser que nous aurions peut-être mené à sa disparition.

Maxime Aubert, RCHE

Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques ont mesuré la quantité d'uranium et de thorium à l'intérieur des fossiles afin d'établir leur âge. Les résultats obtenus sont clairs.

Les plus jeunes squelettes analysés datent de 60 000 ans. Toutefois, la présence d'outils de pierre montre qu'ils ont été actifs jusqu'à de cela 50 000 ans. Après cela, il n'y a plus de traces de ces humains.

Maxime Aubert, RCHE
Comparaison des crânes de trois espèces Homo.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Comparaison entre les crânes de trois espèces Homo.

L'archéologue Adam Brumm pense que l'Homo floresiensis a probablement subi le même sort que les Néandertaliens en Europe au contact de l'homme moderne.

Ils se sont probablement repliés dans les régions plus éloignées de Florès, mais ils n'ont pas pu éviter notre espèce bien longtemps. Je pense que leurs jours étaient comptés dès que nous avons mis le pied sur l'île.

Dr Adam Brumm

Cela ne veut pas dire que l'homme moderne l'a exterminé, mais il a pu rendre sa vie plus difficile. Le nombre d'humains modernes l'a peut-être surpassé pour ainsi mettre la main sur les meilleures ressources alimentaires, par exemple.

Contexte

  • Un premier squelette est mis au jour en septembre 2003. Ses découvreurs australiens l'ont étudié sur une période de trois mois avant d'en faire l'annonce.
  • La découverte des hommes de Florès est rendue publique dans deux articles publiés en 2004 dans la revue Nature.
  • Depuis, les anthropologues ne s'entendent pas sur sa place dans l'arbre de l'évolution. Certains affirmaient que ses caractères anatomiques le font descendre directement d'Homo habilis, alors que d'autres, d'Homo erectus. Si Homo habilis possédait un cerveau réduit, rien ne prouve à ce jour que ce primate africain n'ait jamais posé le pied en Asie.
  • Une troisième hypothèse voulait que la microcéphalie de l'homme de Florès soit le résultat d'une maladie neurologique, le crétinisme, causée par une carence liée à un régime alimentaire trop pauvre en iode. Petit cerveau peut-être, mais pas crétins au point de ne pas savoir chasser, faire du feu ou utiliser des outils de pierre pour dépecer leurs proies, rétorquent les adversaires de cette théorie.

Science