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Choc et deuil après l'incendie meurtrier de Pikangikum

La Première Nation de Pikangikum, dans le Nord de l'Ontario, a organisé une veillée à la bougie pour prier et rendre hommage aux victimes d'un incendie qui a fait au moins neuf morts.

La Première Nation de Pikangikum, dans le Nord de l'Ontario, a organisé une veillée à la bougie pour prier et rendre hommage aux victimes d'un incendie qui a fait au moins neuf morts.

Photo : Kyle Peters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les membres de la Première Nation Pikangikum tentent toujours de comprendre la tragédie survenue dans leur communauté plus tôt cette semaine.

Au moins neuf personnes, dont trois enfants, sont mortes dans un incendie résidentiel qui s'est déclaré vers minuit, mardi, dans la Première Nation de Pikangikum, située à 500 km au nord-ouest de Thunder Bay. Le chef de Pikangikum Dean Owen a fourni ces chiffres.

La communauté de Pikangikum au nord-ouest de Thunder Bay.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La communauté de Pikangikum au nord-ouest de Thunder Bay.

Photo : Radio-Canada

La Police provinciale de l'Ontario (PPO) refuse de confirmer le bilan des morts, car certaines personnes qui se trouvaient normalement dans la maison manquent toujours à l'appel.

Mercredi soir, cette Première Nation ojibwa a organisé une veillée à la bougie pour prier et rendre hommage aux victimes de la tragédie.

Deux équipes d’intervention de crise sont arrivées à Pikangikum depuis Cat Lake et Bearskin Lake. Composées notamment de psychologues et de spécialistes de la santé mentale, les équipes apporteront du soutien aux membres de la communauté qui en demanderaient.

Un deuxième groupe de professionnels de la santé mentale est arrivé de Bearskin Lake, jeudi, pour prêter main-forte.

Un travail d'équipe

En outre, la PPO a indiqué qu'une trentaine d'agents de différents services ont été dépêchés sur les lieux, dont l'Unité des services d'identification médico-légale, le Bureau du commissaire des incendies, la Direction des enquêtes criminelles et le Bureau du coroner régional principal.

L'agente Diana Cole, porte-parole de la PPO, rapporte qu'au cours des prochains jours, des enquêteurs du commissaire des incendies, du coroner et de la police devront passer au crible les décombres avant de pouvoir confirmer le nombre et l'identité des victimes.

Les décombres fumants d'une résidence dans la réserve de Pikangikum, où au moins neuf personnes, dont trois enfants, ont perdu la vie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les décombres fumants d'une résidence dans la réserve de Pikangikum, où au moins neuf personnes, dont trois enfants, ont perdu la vie.

Photo : Kyle Peters

L'agente Cole croit que les forces de l'ordre poursuivront leurs enquêtes sur les lieux de la réserve jusqu'à la semaine prochaine.

Une communauté « sous le choc »

Le grand chef des Premières Nations Nishnawbe Aski du Nord de l'Ontario Alvin Fiddler s'est dit bouleversé par la tragédie. Dans un communiqué, il affirme être « sous le choc. » « Le conseil de bande fera son possible pour offrir l'aide nécessaire à l'enquête et à la famille », écrit-il.

Il ajoute également que le manque de services de pompiers dans les communautés du nord est trop répandu. Pikangikum n'a pas de services d'incendie et, selon lui, 95 % des résidences dans cette communauté de plus de 2400 âmes n'ont pas l'eau courante.

« Les gens meurent en raison de la surpopulation dans les maisons, des bâtisses mal construites, et du manque d'équipement pour éteindre les incendies. Ce genre de tragédie est évitable », a-t-il ajouté.

Des normes impossibles

« À ce que je sache, il n'existe pas de code d'incendie [dans les réserves], et c'est un problème », a souligné le chef Fiddler dans un entretien avec CBC, jeudi. « En fait, nous n'avons pas de normes établies pour la qualité de l'eau, des soins de santé, de l'éducation, ni du maintien de l'ordre. »

Il est très difficile d'établir et faire respecter des normes quand la communauté ne dispose tout simplement pas des ressources nécessaires pour pouvoir satisfaire aux critères.

Une citation de :Alvin Viddler, grand chef, Nishnawbe Aski

Le chef Fiddler doit rencontrer cette semaine des responsables du gouvernement fédéral afin de trouver des solutions immédiates pour la communauté sans ressources contre les incendies.

« Il nous faut des détecteurs d'incendie ou de fumée, des extincteurs, ce genre de choses, pour empêcher que de telles catastrophes se produisent pendant qu'on élabore des solutions à plus long terme », a-t-il précisé.

Un problème endémique

La grande chef des Premières Nations du Manitoba Keewatinowi Okimakanak estime que le feu de Pikangikum est un exemple de problèmes récurrents dans toutes les communautés des Premières Nations au Canada.

Sheila North Wilson dit qu'en apprenant la nouvelle du feu mortel, son réflexe a été de se dire « oh non, pas encore ».

Sheila North Wilson, grande chef des Premières Nations du Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO).Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : ICI Radio-Canada/Bert Savard

Elle affirme que la piètre qualité des matériaux de construction et des habitations est un des facteurs importants qui expliquerait ces problèmes. Selon elle, des centaines de maisons dans les communautés autochtones sont ainsi dangereuses.

Sheila North Wilson rappelle également que plusieurs communautés n'ont pas accès à des services d'incendie ou même à l'eau courante.

« C'est sans compter la piètre qualité des routes qui retardent les services d'urgences », souligne-t-elle.

La grande chef soutient par ailleurs la proposition présentée jeudi par l'Association des pompiers autochtones de l'Ontario. Celle-ci tenir une enquête sur les feux mortels dans les communautés autochtones.

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