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Le deuil des parents un an après l'incendie mortel à Makwa Sahgaiehcan

Frank Cheenanow et sa partenaire Hazel Ochuschayoo. M. Cheenanow regardent des photos souvenir de ses enfants

Frank Cheenanow et sa partenaire Hazel Ochuschayoo. M. Cheenanow regardent des photos souvenir de leurs enfants

Photo : William Burr/ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un an après la mort de leurs deux enfants, le deuil de Martin Cheenanow et Hazel Ochuschayoo est encore très difficile à surmonter.

Un texte de William BurrTwitterCourriel

« L'année dernière n'a pas été très facile, raconte sobrement Martin Cheenanow. On est passé à travers beaucoup de moments qui nous ont brisé le coeur lorsqu'on pensait à ce qui est arrivé. Ça ne m'a jamais quitté. Même aujourd'hui, j'y pense beaucoup. On se sent encore seuls. »

Le 17 février 2015, le couple a perdu Harley, 2 ans, et Haley, 1 an, lorsque leur maison dans la réserve Makwa Sahgaiehcan, à 300 km au nord-ouest de Saskatoon, a pris feu.

La tragédie a attiré beaucoup d'attention puisque le service d'incendie du village voisin de Loon Lake n'a pas répondu à l'appel d'urgence de la famille, citant comme explication des factures non payées par la réserve de Makwa Sahgaiehcan. Celle-ci avait signé un contrat pour bénéficier des services des pompiers de Loon Lake, mais le contrat avait été annulé en raison des factures non honorées, selon le village.

La controverse s'est depuis longtemps atténuée. Le deuil, lui, persiste.

Le couple demeure désormais dans une maison qu'il occupe temporairement, à moins d'un kilomètre de leur ancienne demeure, complètement détruite. Ils espèrent un jour reconstruire leur maison d'origine.

Si Martin Cheenanow a accepté une entrevue, c'est encore trop difficile pour Hazel Ochuschayoo de parler de son deuil. Dans un message texte envoyé à Radio-Canada, elle s'explique : « Il n'y a pas un jour qui passe sans que je ne pense à mes bébés. Je rêve encore d'eux et quand j'en parle cela me fait pleurer. »

S'en tenir aux souvenirs

« C'est difficile pour nous. Mais la vie continue, dit M. Cheenanow. Tout ce que nous pouvons faire maintenant, c'est se rappeler des bons souvenirs, des moments lorsqu'ils étaient encore avec nous. » Ils aiment regarder des photos et des films de leurs enfants.

Une des vidéos préférées de Martin Cheenanow montre le jeune Harley en train de faire de la musique avec une guitare pour enfant alors que sa soeur danse fébrilement à ses côtés. « Mon petit homme, il jouait avec sa petite guitare, et ma petite fille dansait pour lui », rappelle le père. Il se met à rire un peu, en pensant à ce souvenir, puis son visage s'assombrit de nouveau.

Sur la vidéo, on voit également Harley toucher affectueusement la tête de sa soeur après qu'elle eut fini de danser.

Haley et Harley Cheenanow. Haley avait 1 an, 6 mois, et Harley, 2 ans, 8 mois, lorsqu'ils sont mortsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Haley et Harley Cheenanow. Haley avait 1 an, 6 mois, et Harley, 2 ans, 8 mois, lorsqu'ils sont morts

Photo : Martin Cheenanow et Hazel Ochuschayoo

Le regret

La nuit de la tragédie a aussi gravé des souvenirs difficiles dans l'esprit de Martin Cheenanow.

Il raconte que sa partenaire et lui étaient sortis, la nuit du drame, et qu'ils avaient confié la garde des enfants à leur grand-mère. Il pense que tous les trois étaient endormis lorsque la maison a pris feu.

Puisque l'édifice a été complètement réduit en cendres, l'enquête des pompiers n'a pu déterminer la cause de l'incendie. Martin Cheenanow croit qu'une lampe est tombée et a pris feu.

Lorsque les parents sont retournés chez eux, ils ont découvert la maison en flammes. Martin Cheenanow a couru à l'intérieur. Il se souvient d'avoir ouvert la porte alors que de grandes quantités de fumées sortaient. Il a pris ses enfants dans ses bras et les a amenés à l'extérieur, mais il était déjà trop tard. Seule la grand-mère des enfants a survécu.

Parfois, il se fâche contre lui-même, se demandant s'il aurait dû sortir ce soir-là, ou ce qu'il aurait pu faire différemment. Le fait qu'aucun pompier ne soit venu au secours de sa famille le dérange, mais il ne préfère pas commenter ce sujet.

Ce qui le console, ce sont les souvenirs de deux enfants « très heureux », un frère et soeur qui s'entendaient bien, aimaient jouer ensemble, et apportaient de la joie à leurs parents.

De changements législatifs

À l'automne dernier, le gouvernement provincial a modifié sa loi sur la sécurité-incendie pour protéger davantage les pompiers qui interviennent en bonne foi contre toute poursuite, même s'ils ne sont pas couverts par un contrat.

Le commissaire aux urgences de la Saskatchewan Duane McKay dit que la nouvelle loi devrait rassurer les services d'incendie qui font face à des décisions difficiles dans des situations d'urgences, comme l'a été le service d'incendie de Loon Lake. « Nous fournissons de la protection pour tous ceux qui agissent en bonne foi », dit-il.

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