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La CSN dénonce des délais de traitement « inacceptables » au Centre jeunesse de l'Estrie

Centre jeunesse de l'Estrie
Centre jeunesse de l'Estrie Photo: Martin Bilodeau/Radio-Canada Estrie

La CSN dénonce les délais de traitement et de signalement dans les centres jeunesse de la province, dont celui de l'Estrie. Dans un communiqué, rendu public mercredi matin, le syndicat explique qu'il peut s'écouler jusqu'à 57 jours entre une demande d'aide et la prise en charge de la famille ou du jeune.

S'appuyant sur des chiffres portant sur l'année 2014-2015, l'Estrie fait piètre figure au classement avec une deuxième position où les délais sont les plus longs. C'est dans le Bas-Saint-Laurent que le temps de réaction est le plus rapide avec 14 jours et demi.

« Si l'on regarde les moyennes 2014-2015 recueillies auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux, les délais de traitement ne sont pas conformes aux exigences ministérielles dans aucune région du Québec. En Estrie, il faut attendre plus de 57 jours entre le traitement d'un signalement et l'évaluation-orientation [le premier contact entre l'intervenant du centre jeunesse et l'enfant ou la famille], alors que ça ne devrait pas dépasser huit jours. Lorsqu'une famille vit une situation de détresse, est-il normal de devoir attendre si longtemps avant d'avoir l'aide requise? » se demande le président de la CSN-Estrie, Denis Beaudin. 

Le syndicat dénonce également le fait que « si les cas les plus urgents sont traités adéquatement, il est triste de constater que les cas moins prioritaires, comme certaines situations de négligence, de troubles de comportement, d'abus et de mauvais traitements psychologiques, sont souvent mis en attente au profit de cas prioritaires », soutient le président du Syndicat du personnel du Centre jeunesse de l'Estrie, Steve Lemieux. Selon lui, des cas de niveau 3 (moins prioritaires) peuvent devenir des niveaux 2 ou 1 faute d'avoir reçu des services. 

M. Lemieux a rappelé que les problèmes vécus par les centres jeunesse vont au-delà des cas de fugues qui ont retenu l'attention dans les derniers mois. « Il faudrait regarder tout ce qui cloche bien avant la fugue et il serait hypocrite de ne s'attarder qu'à ces cas. »

La centrale syndicale dit attendre avec « beaucoup d'intérêt et d'inquiétude » les chiffres pour l'année 2015-2016, les premiers qui seront publiés depuis la création des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS), créés le 1er avril 2015 par le ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Les syndicats rappellent que les centres jeunesse ont subi des coupes de 50 millions de dollars entre 2010 et 2014.

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