•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Écrasement aux Îles-de-la-Madeleine : les enquêtes commencent

Cinq enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) viennent d'atterrir.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) sont maintenant sur les lieux de l'écrasement d'avion aux Îles-de-la-Madeleine, au lendemain de l'accident qui a coûté la vie à sept personnes, dont l'analyste et commentateur politique Jean Lapierre.

L'équipe du BST est menée par l'enquêteur Mike Cunningham et est composée de six personnes. D'autres se joindront à l'équipe au besoin.   

Pour mieux comprendre les circonstances qui ont mené à l'écrasement de l'avion, les enquêteurs doivent identifier les composantes de l'aéronef et consulter les informations relatives à la maintenance de l'appareil et à la formation du pilote. Ils doivent aussi éplucher les données météorologiques. 

Parmi les premiers éléments entourant l'accident, les enquêteurs du BST confirment que l'avion est parti de l'aéroport de Saint-Hubert vers 9 h 31, mardi matin et que l'écrasement a été signalé à 11 h 40, heure locale des Îles-de-la-Madeleine. 

Pour l'instant, on dirait un accident d'approche.

Mike Cunningham, enquêteur du BST

Par ailleurs, leur premier travail sera de procéder à un examen détaillé du site de l'accident. Le BST peut compter sur l'aide de la Garde côtière canadienne, qui s'occupe de la prise de photographies aériennes. 

L'épave sera transférée à Ottawa, dans les laboratoires du BST, quand la prise de photos et l'analyse complète du site seront terminées.

L'équipe du BST a également l'intention de rencontrer différents témoins de l'écrasement afin d'obtenir leurs témoignages. Toutes les informations recueillies serviront à faire une analyse plus approfondie.

L'enquêteur technique du BST, André Turenne, indique que leur analyse détaillée de tous les facteurs qui ont contribué à l'accident permettra aussi au BST d'être en mesure de faire des recommandations. « Ce qui sera fait sans délai au fur et à mesure de la collecte des données », précise M. Turenne. 

Selon l'enquêteur en chef, Mike Cunningham, l'enquête pourrait être très longue.

Rôle de la Sûreté du Québec

Une vingtaine d'enquêteurs et d'agents de la Sûreté sont aussi sur place. Arrivés un peu plus tôt en journée, les enquêteurs de la Sûreté du Québec vont d'abord tenter de déterminer si des éléments criminels peuvent expliquer l'accident. 

C'est le service de police qui est entre autres responsable du périmètre de sécurité d'environ 1 kilomètre carré. L'équipe de la Sûreté du Québec travaille en collaboration avec les enquêteurs du BST.

Selon la porte-parole de la Sûreté du Québec, Martine Asselin, une dizaine de témoins ont déjà été rencontrés. D'autres seront vus au cours des prochains jours. Des membres de la famille ont aussi été vus. « Nous faisons aussi une enquête sur les éléments entourant l'événement », a expliqué la porte-parole de la Sûreté du Québec. 

Ce que l'on sait des pilotes

Michel Turcotte, piloteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Michel Turcotte, pilote

Photo : Radio-Canada

Rencontré aux Îles, le pilote Michel Turcotte, qui travaille pour Pascan Aviation, explique pourquoi sa compagnie avait pour sa part annulé ses vols vers les Îles-de-la-Madeleine.

Il ventait jusqu'à 45 noeuds dans la journée, les nuages étaient bas et la visibilité était réduite.

Michel Turcotte, pilote pour Pascan Aviation

C'est le pilote Pascal Gosselin qui devait amener la famille Lapierre aux Îles-de-la-Madeleine. Il avait 2400 heures de vol derrière lui, ce qui fait de lui un pilote expérimenté. Comme il craignait des conditions difficiles, il a demandé à un ami et instructeur, Fabrice Labourel, de l'accompagner.

Pascal Gosselin et Fabrice LabourelAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pascal Gosselin et Fabrice Labourel

Photo : magazine « Aviation Québec » et CPAQ Aéro

Pascal Gosselin était propriétaire de l'entreprise Aéro Teknic, installée à Saint-Hubert. L'entreprise est spécialisée en maintenance et entretien d'aéronefs, mais nulle part, sur le site Internet de l'entreprise, on n'offre de services de transports aériens.

On ignore si le pilote venait d'acheter ou de louer l'avion qui était immatriculé aux États-Unis. Les enquêteurs devront donc examiner plusieurs questions : la légalité du vol de mardi, si l'appareil respectait les normes canadiennes, le registre d'entretien de l'avion et sa couverture d'assurances.

Lieu de l'écrasement de l'avion aux Îles-de-la-MadeleineAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lieu de l'écrasement d'un petit avion aux Îles-de-la-Madeleine

Photo : ICI RAdio-Canada

D'autres collaborations à prévoir

La porte-parole de la Sûreté du Québec Ingrid Asselin assure que le travail d'enquête se fera conjointement entre les équipes de la SQ et du BST.

Par ailleurs, le Bureau du coroner doit également effectuer des recherches pour établir les causes probables ayant entraîné la mort des sept victimes. Le coroner travaillera étroitement avec les enquêteurs du BST et ceux de la SQ. Ses conclusions seront consignées dans un rapport qui sera rendu public au cours des prochains mois.

Les sept victimes :

  • Jean Lapierre;
  • Nicole Beaulieu, conjointe de M. Lapierre;
  • Louis Lapierre, frère de M. Lapierre;
  • Martine Lapierre, soeur de M. Lapierre;
  • Marc Lapierre, frère de M. Lapierre;
  • Pascal Gosselin, membre de l'équipage;
  • Fabrice Labourel, membre de l'équipage.

Source : Bureau du coroner

Le dernier incident impliquant un avion aux Îles-de-la-Madeleine sur lequel a enquêté le Bureau de la sécurité des transports du Canada remonte au 15 juin 1994. Un appareil de type Piper s'était alors immobilisé à 270 pieds au-delà de l'extrémité de la piste 34 et à 150 pieds du bord de l'eau.

Lors de l'incident, les conditions météorologiques étaient à la limite de l'acceptable avec une visibilité réduite et un plafond mesuré à 300 pieds.

Selon Transports Canada, l'appareil Mitsubishi Modèle MU-2B-60, construit en 1982, a décollé de l'aéroport de Saint-Hubert mardi matin avant de s'écraser à quelques kilomètres de l'aéroport des Îles-de-la-Madeleine.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Accidents et catastrophes