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Des grands-parents de Makwa Sahgaiehcan mobilisés pour lutter contre la drogue et l'alcool

Tommy Littlespruce, un aîné à l'école de la Première Nation Makwa Sahgaiehcan et membre du groupe «Guerriers Kohkums et Mosoms contre l’alcool et la drogue»

Tommy Littlespruce, un aîné à l'école de la Première Nation Makwa Sahgaiehcan et membre du groupe «Guerriers Kohkums et Mosoms contre l’alcool et la drogue»

Photo : Marc-Antoine Bélanger/ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Exaspérés de voir des jeunes emportés par la drogue et l'alcool, des grands-parents de la Première Nation Makwa Sahgaiehcan en Saskatchewan se sont mobilisés pour changer les choses dans leur communauté.

Un texte de William BurrTwitterCourriel

Depuis novembre, les « Guerriers Kohkums et Mosoms contre l'alcool et la drogue » se réunissent tous les mercredis dans la réserve située près de Meadow Lake. « Kohkums et Mosoms » signifie « grands-mères et grands-pères » en cri.

Parfois ils sont 20, d'autres fois, 40. Ils partagent leurs histoires et discutent de plans d'action.

« Il n'y a pas une seule maison dans cette réserve qui n'est pas touchée par les problèmes de drogue et d'alcool », dit la grand-mère Irene Augustine.

Roy Mitsuing, fondateur du groupe « Guerriers Kohkums et Mosoms contre l’alcool et la drogue »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Roy Mitsuing, fondateur du groupe «Guerriers Kohkums et Mosoms contre l’alcool et la drogue»

Photo : Marc-Antoine Bélanger/ICI Radio-Canada

Lors d'une visite à la réserve, un dimanche midi au mois de mars, une dizaine de jeunes se trouvaient devant le bar de la communauté. Certains étaient visiblement intoxiqués, quelques autres flânaient dans les rues.

Ce sont des scènes trop normales, selon Roy Mitsuing.

Un avis du conseil de bande qui est affiché dans l'épicerie avertit tout trafiquant de drogue qu'un nouveau règlement de la bande lui permet de les expulser de la réserve.

L'impact à l'école

L'alcool et la drogue ont aussi un impact à l'école de la Première Nation, souligne Tommy Littlespruce, un membre du groupe qui y travaille en tant qu'aîné. Des membres des « Kohkoms et Mosoms » ont commencé à faire des visites en salles de classe, pour donner un coup de main à l'équipe de gestion de crise de l'école.

« Plusieurs élèves arrivent à l'école sans avoir assez dormi à cause des fêtes qui ont eu lieu chez eux. Plusieurs d'entre eux ont commencé à consommer de la drogue », explique Tommy Littlespruce.

Il raconte également que beaucoup de jeunes demandent de l'aide auprès de leurs enseignants. Il décrit entre autres un sapin de Noël sur lequel les élèves ont accroché des souhaits en décembre dernier. « Beaucoup de jeunes ne souhaitaient pas des iPad ou des téléphones cellulaires », raconte-t-il.

« Ils disaient des choses comme "Mon souhait de Noël est que ma mère et mon père arrêtent de consommer de la drogue et l'alcool pour que nous puissions être une famille heureuse encore". »

« Un autre disait "J'aimerais que ma mère rie de nouveau au lieu de pleurer tout le temps à cause de la drogue" ».

Pour Tommy Littlespruce, ces messages sonnent l'alarme, mais ils le motivent aussi.

En plus des visites à l'école, les « Kohkoms et Mosoms » organisent également des interventions auprès des personnes dépendantes, et souhaitent offrir du counseling de deuil, ainsi que des cérémonies de purification par la fumée et la sudation.

Contrer le sentiment d'impuissance

Irene Augustine s'est jointe au groupe parce qu'elle croit qu'elle a la responsabilité d'agir.

Irene Augustine, une grand-mère, membre du groupe « Guerriers kohkums et mosoms contre l’alcool et la drogue »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Irene Augustine, une grand-mère, membre du groupe «Guerriers kohkums et mosoms contre l’alcool et la drogue»

Photo : Marc-Antoine Bélanger/ICI Radio-Canada

« Je crois simplement que ça revient à chacun d'entre nous de faire quelque chose. On ne peut pas simplement attendre que d'autres le fassent », explique-t-elle.

Le groupe donne de l'espoir à tous, avance-t-elle. « C'est tellement nécessaire. Les gens ont besoin d'espoir. Ils doivent savoir qu'ils ne sont pas seuls dans ce combat. »

Roy Mitsuing explique que dans sa culture, les grands-parents ont une responsabilité de veiller au bien-être des jeunes.

Sobre depuis 30 ans, le fondateur du groupe est déjà passé par la dépendance. Il connaît l'importance du défi que représente un sevrage.

« C'est extrêmement difficile à abandonner. Vous avez peur, vous êtes malade, vous êtes déprimé », explique-t-il. C'est possible de faire un changement, rappelle-t-il toutefois aux jeunes, lors de cérémonies de purification par la fumée qu'il mène dans la réserve. Il dit remarquer une différence chez ceux qui y ont participé.

Il invite n'importe quel membre de la communauté à venir assister aux rencontres des « Kohkums et Mosoms ».

« Je leur dis, on est ici, on est un groupe de personnes qui se préoccupe de votre sort. Vous nous connaissez. Appelez-nous, venez à nos rencontres, venez vous joindre à nous. On est ici pour aider », insiste M. Mitsuing.

C'est un travail qu'il entend continuer jusqu'à la fin de sa vie. Selon lui, les aînés essaient de donner aux jeunes ce dont ils ont besoin pour bien vivre, en vue des jours où ils ne seront plus là pour les aider.

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