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La soie d'Amérique sur le toit du monde

Les follicules sont à maturité et prêts à être récoltés. La récolte doit se faire avant que la « perruche » craque et que les fibres apparaissent.

Photo : Radio-Canada/Jean-Michel Leprince

Radio-Canada

La soie d'Amérique, exploitée pour la première fois à échelle industrielle au Québec, se retrouvera bientôt sur l'Everest. Il s'agit d'une expérience lancée par les producteurs de cet isolant thermique pour prouver que, dans des conditions extrêmes, cette fibre naturelle est plus chaude et surtout plus légère que le duvet.

Un texte de Jean-Michel LeprinceTwitterCourriel

Jean-François Tardif est prêt pour le grand périple. Ce printemps, il escaladera l'Everest, un voyage qui lui prendra deux mois au total. Mais l'épreuve suprême, soit l'escalade finale vers le sommet de la montagne - de 7000 mètres à 8848 mètres d'altitude -, ne durera que quelques jours. Il montera sans oxygène, une première pour un alpiniste québécois et peut-être même pour un Canadien.

Pour se préparer, l'aventurier s'est entraîné tout l'hiver au mont Mégantic, en Estrie. Parfois, il marchait pendant 17 heures et il ne dormait pas durant 30 heures. Mais le plus important de son entraînement : tester le prototype de combinaison en soie d'Amérique qu'il portera lors de l'escalade finale. C'est là que le moindre gramme de poids d'équipement compte.

L'alpiniste Jean-François Tardif au mont MéganticAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'alpiniste Jean-François Tardif au mont Mégantic

Photo : Radio-Canada

Les alpinistes disent en général que 1 livre au camp de base c'est 10 livres à 8000 mètres. Donc, on essaie d'être très, très léger.

Jean-François Tardif, alpiniste

Le prototype de la combinaison a été conçu pour Jean-François Tardif et adapté à ses exigences : confort personnel de l'alpiniste et, surtout, c'est le but de l'expédition, légèreté. Record battu.

Les meilleurs vêtements de haute montagne et de haute performance sur le marché sont en duvet.

À partir de 7000 mètres, il compte n'utiliser que la combinaison, une couverture et un anorak, les trois en soie d'Amérique. Il dormira dans la combinaison avec la couverture et l'anorak servira aux périodes de repos.

Les prototypes sont de couleur orange, qui rappelle la couleur des papillons monarques dont l'habitat de reproduction et d'alimentation est naturellement l'asclépiade, plante sauvage, longtemps considérée comme une mauvaise herbe. Elle est aujourd'hui cultivée sous le nom de soyer du Québec.

La soie d'Amérique est l'appellation officielle de la fibre tirée de cette plante, séparée de la graine. C'est la firme Protec Style, de Granby en Montérégie, qui la traite.

Le test que Jean-François fera sur l'Everest, c'est notre test final en conditions extrêmes. De là, je crois qu'on aura la conclusion que le produit convient au froid et sera donc disponible à la commercialisation. Protec Style pourra donc en céder les droits en licence de fabrication.

François Simard, PDG Protec Style

Les premiers produits grand public seront en vente après le retour de l'expédition Everest, à petite échelle, probablement pour l'automne prochain.

« Depuis le Gore-Tex, c'est la prochaine grande affaire : une fibre comme ça qui est aussi chaude, aussi légère que ça, c'est phénoménal », explique Jean-François Tardif.

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