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Les découvertes archéologiques des 50 dernières années au Québec exposées

Des artefacts à l'exposition « Fragments d’humanité, archéologie du Québec »
Des artefacts à l'exposition « Fragments d’humanité, archéologie du Québec » Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

L'archéologie, au Québec, est une science toute jeune et peu connue du grand public. Pourtant, il existe une centaine d'archéologues professionnels dans la province, et plus de 10 000 sites ont déjà été répertoriés.

Un texte de Catherine FrançoisTwitterCourriel

C'est pour faire découvrir cette science et rendre hommage à ses découvertes que le musée d'archéologie de Pointe-à-Callière, à Montréal, a organisé cette exposition intitulée Fragments d'humanité, archéologie du Québec. La majorité de ses quelque 350 pièces sont présentées au public pour la première fois.

Avant les Européens

L'exposition remonte le temps en partant de l'ère précédant la présence des Européens sur le sol québécois. Un fragment découvert dans la région du lac Mégantic confirme ainsi la présence humaine sur le territoire québécois il y a 12 000 ans. C'est l'occasion pour le visiteur de découvrir des objets liés aux communautés amérindiennes qui ont peuplé le Québec durant cette période.

On peut ainsi admirer une pirogue en bois découverte par hasard au fond d'un lac de la région de Lanaudière par un plongeur amateur. Selon les analyses, la pirogue a été fabriquée dans un tronc de pin blanc entre 1370 et 1510 grâce à une technique très spécifique de fabrication répandue dans les communautés amérindiennes du nord-est de l'Amérique.

Une pirogue du 15e siècle à l'exposition « Fragments d’humanité, archéologie du Québec »Une pirogue du 15e siècle à l'exposition « Fragments d’humanité, archéologie du Québec » Photo : Radio-Canada

Le visiteur découvre aussi le site de la « colline blanche », aux abords du lac Mistassini dans le nord du Québec. « C'est un site fabuleux qui est, depuis 5000 ans, un lieu de vénération pour les Cris et les ancêtres des Cris », explique Louise Pothier, l'archéologue en chef du Musée Pointe-à-Callière qui a dirigé l'exposition.

« On l'appelle la colline blanche parce qu'elle regorge de quartzite, cette pierre blanche que l'on trouve à 1000 kilomètres à la ronde et qui servait à la fabrication d'outils. C'est une culture très ancienne, mais encore très vivante aujourd'hui. Les Cris de Mistassini continuent de protéger ce site de la colline blanche, ils transmettent ça à leurs enfants. »

Pour moi, découvrir ce site a été une grande révélation. C'est un des sites qui a une grande importance au Québec et je souhaite qu'il soit connu et respecté comme il se doit.

Louise Pothier, archéologue en chef du Musée Pointe-à-Callière

Les échanges

L'arrivée des Européens, Français et Britanniques, a entraîné des échanges commerciaux importants avec les Amérindiens. Une partie de l'exposition est consacrée à ces échanges, illustrés à travers divers objets, comme la fourrure que les Amérindiens échangeaient contre des fusils, des munitions, des couteaux, des haches, des perles de verre, des bagues, des ornements, des chaudrons en cuivre...

Un chaudron en cuivre à l'exposition « Fragments d’humanité, archéologie du Québec »Un chaudron en cuivre à l'exposition « Fragments d’humanité, archéologie du Québec » Photo : Radio-Canada

On a ainsi découvert sur le site des magasins du Roi, à Québec, de magnifiques sous-gardes de fusil de traite sculptées finement en métal cuivreux.

Témoignages de la vie quotidienne

Le visiteur apprend quel était le quotidien des habitants du Québec au 18e et au 19e siècle par le biais des différentes pièces de vaisselle, mais aussi des ustensiles d'hygiène et des divers jeux présentés dans l'exposition.

De la vaisselle du 18e siècle à l'exposition « Fragments d’humanité, archéologie du Québec »De la vaisselle du 18e siècle à l'exposition « Fragments d’humanité, archéologie du Québec » Photo : Radio-Canada

Fait plutôt cocasse : ce sont dans les endroits qui servaient de latrines aux habitants d'alors que les archéologues trouvent souvent des trésors archéologiques. Pourquoi? Parce que les gens avaient pris l'habitude d'y jeter des pièces de vaisselle brisées ou autres objets d'hygiène, car ces latrines servaient plus ou moins de dépotoirs. Une véritable mine d'or pour les archéologues! 

L'archéologie subaquatique

L'autre réserve de trésors archéologiques au Québec, ce sont les innombrables lacs, rivières et, bien sûr, le fleuve Saint-Laurent. La dernière partie de l'exposition est donc consacrée à la présentation d'objets récoltés dans les épaves de six navires qui ont fait naufrage : le Elizabeth and Mary, le Lady Sherbrooke, le Machault, l'Auguste, la flotte du major général Amherst et, bien sûr, le légendaire Empress of Ireland.

Des objets récoltés dans les épaves de navires à l'exposition « Fragments d’humanité, archéologie du Québec »Des objets récoltés dans les épaves de navires à l'exposition « Fragments d’humanité, archéologie du Québec » Photo : Radio-Canada

L'archéologie subaquatique, qui a débuté dans les années 70, bénéficie maintenant de techniques de pointe.

Les objets retrouvés dans ces épaves sont des capsules temporelles fantastiques, tragiques, « mais pour nous, ce sont des documents, des témoins incomparables, des instantanés de ces tragédies », précise Louise Pothier.

Toutes ces pièces d'archéologie présentées dans l'exposition sont autant d'histoires liées à la vie de leurs propriétaires.

« Nous avons voulu amener l'archéologie québécoise sous les projecteurs et montrer sa contribution importante à la compréhension de l'histoire du Québec et de ceux et celles qui y ont habité », conclut Louise Pothier. Mission accomplie.

Grand Montréal

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