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Brad Wall : l'inébranlable doyen des premiers ministres

Brad Wall, premier ministre de la Saskatchewan.

Brad Wall, premier ministre de la Saskatchewan.

Photo : Yves Levesque

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après plus de huit ans au pouvoir et malgré une économie grandement fragilisée, le premier ministre de la Saskatchewan est toujours bien en selle.

Un texte de Marc GodboutTwitterCourriel

Rien ne semble ébranler l'appui envers le premier ministre de la Saskatchewan.

Brad Wall reste pratiquement aussi populaire qu'à son arrivée à la tête de la province en 2007.

Alors que le mouvement conservateur est en pleine période de reconstruction au pays, le contraste est frappant en Saskatchewan.

« C'est exceptionnel et ça fait l'envie des autres premiers ministres des provinces. Encore aujourd'hui, il est le plus populaire au pays.  »

— Une citation de  Daniel Béland, Chaire de recherche du Canada en politiques publiques

Le chef du Parti saskatchewanais sollicite un troisième mandat et, à mi-chemin en campagne, il maintient le cap.

Malgré les difficultés économiques de la Saskatchewan, la popularité de Brad Wall se maintient.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Brad Wall, premier ministre de la Saskatchewan.

Photo : Yves Levesque

Brad Wall est le premier à admettre que la croissance économique des dernières années a beaucoup contribué à sa popularité, mais le boom étant fini, le plus difficile est peut-être à venir.

Le combattant

Comme en Alberta, le sud de la Saskatchewan souffre profondément de la chute du prix du pétrole, mais la morosité n'a toujours pas amené un vent de mécontentement à l'endroit de Brad Wall.

Dans la capitale énergétique de la Saskatchewan, Estevan, aux prises avec une des pires crises économiques de son histoire, Brad Wall est presque perçu comme un héros.

« Il aime prendre le taureau par les cornes. On peut compter sur lui. Il se bat pour nous. »

— Une citation de  Cliff McKinnon, résident d'Estevan

Partout où il passe durant la campagne, Brad Wall se présente comme le grand défenseur des intérêts de la province en posant une question : « Qui peut se battre pour la Saskatchewan? »

Brad Wall a déclenché les élections provinciales en Saskatchewan le 8 mars.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Brad Wall, premier ministre de la Saskatchewan.

Photo : Yves Levesque

Le paradoxe Wall

Vu de la Saskatchewan, Brad Wall ne donne pas nécessairement l'image d'un dur, mais vu de l'extérieur, c'est une autre histoire.

« C'est un premier ministre qui est à droite, mais qui est relativement modéré, assez centriste. Un populiste, mais quand même pas extrême. Mais quand il sort de sa province pour aller la défendre, il ne fait pas dans la subtilité », explique Daniel Béland.

En quelques mots ou en quelques caractères sur les réseaux sociaux, le ton est souvent provocateur : lutte contre les changements climatiques, Bombardier et, surtout, Énergie Est, il n'hésite pas à mener la charge contre Ottawa, Québec et le maire de Montréal, Denis Coderre.

En entrevue à Radio-Canada, le premier ministre Wall se défend de tenir un discours anti-Québec:

« Je n'ai jamais eu l'intention d'avoir des mots durs à l'endroit du Québec. J'ai trop de respect pour toutes les régions du pays. Nous devons, par contre, nous dire la vérité. C'est ce qui fait la force du Canada. Si le Québec est frustré par quelque chose que la Saskatchewan fait, je m'attends à ce qu'il le dise. »

— Une citation de  Brad Wall

Juste à temps pour les élections, en habile politicien, Brad Wall a su peser sur les bons boutons.

La péréquation s'impose en trame de fond, thème qui canalise la frustration de la population en l'absence de l'appui du Québec pour le projet Énergie Est.

L'oléoduc étant perçu comme la clé pour ouvrir d'autres marchés, la péréquation que reçoit le Québec grâce au pétrole de l'Ouest fait désormais partie du discours populaire.

Rumeurs récurrentes sur l'avenir de Brad Wall

En deux mandats, Brad Wall a su se donner un profil national. Même s'il est en pleine campagne électorale provinciale, certains se demandent encore si la direction du Parti conservateur fédéral l'intéresse.

Les rumeurs ne se sont jamais complètement estompées depuis qu'il a répondu en français à une question, il y a près de deux ans. Or, aujourd'hui, lorsqu'on lui demande comment il maîtrise cette langue, il se limite à répondre que son français n'est pas très bon.

Pour ce qui est de la course à la succession de Stephen Harper, il se veut le plus clair possible:

« Je ne me présente pas au fédéral. C'est un mandat de quatre ans. Je ne me présente pas en politique fédérale. Mon intérêt est pour la Saskatchewan. Comment pourrais-je mener une campagne nationale sans l'appui du Québec? » dit-il avec un petit sourire difficile à décoder.

Est-ce de l'ironie ou du réalisme?

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