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Des journalistes de l'Acadie Nouvelle victimes de plagiat

Journal l'Acadie Nouvelle

L'édition de l'Acadie Nouvelle du 17 septembre 2015

Photo : ICI Radio-Canada/Philippe Duclos

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Tout comme leurs voisins québécois, plusieurs journalistes de l'Acadie Nouvelle ont été victimes de plagiat. Le site de nouvelles Sivertimes.com traduit mot pour mot leurs articles sans en mentionner la provenance.

Un texte de Fanny SamsonTwitterCourriel

Radio-Canada a appris que des articles de l'Acadie Nouvelle ont été repris intégralement par le site, qui affirme être basé à Toronto, mais dont la véritable identité reste un mystère.

L'éditeur et directeur général de l'Acadie Nouvelle, Francis Sonier, est surpris d'apprendre que le site Sivertimes.com traduit son contenu sans permission. « Nous sommes en train d'évaluer quels sont nos recours », dit-il par courriel.

Le site sivertimes.com reprend des textes traduits mots pour mots de l'Acadie Nouvelle.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le site sivertimes.com reprend des textes traduits mots pour mots de l'Acadie Nouvelles.

Photo : ICI Radio-Canada

Évidemment, nous tenons à garder le contrôle sur le contenu original que nous produisons à nos frais. Cette situation est déplorable et nous allons mettre des efforts pour [faire] cesser cette pratique.

Une citation de :Francis Sonier, directeur général de l'Acadie Nouvelle

Projet J, un observatoire du journalisme, a contacté mardi plusieurs journalistes victimes de plagiat. Des entreprises comme La Presse, Groupe Capitales Médias et TC Media ont appris avoir été victimes de cette fraude qui semble systématique.

« Ça ne semble pas viser de médias en particulier, c'est vraiment généralisé. Donc s'il y en a au Québec, c'est fort possible qu'il y en a eu ailleurs au Canada, aux États-Unis ou même en Europe », affirme la journaliste à La Voix de l'Est, Marie-Ève Martel, victime de plagiat.

La journaliste a d'ailleurs contacté le média sur Twitter pour lui demander de cesser la copie systématique de contenus, mais elle a reçu une réponse en ukrainien.

Pratique connue

Selon un avocat spécialisé en droit des technologies de l'information, Jean-François De Rico, il s'agit d'une pratique connue. L'objectif est de prendre des contenus appartenant à des tiers, pour générer un trafic et des revenus publicitaires.

C'est une violation de droit d'auteur évidente.

Une citation de :Jean-François De Rico, avocat

Le site a environ 200 000 visiteurs uniques par mois. « C'est peut-être un peu payant, mais d'où viennent ces usagers, on ne le sait pas nécessairement », indique Marie-Ève Martel.

Les médias peuvent avoir des recours, mais les procédures ne sont pas simples.

Des registres publics permettent de constater que le serveur sur lequel le site Sivertimes.com est hébergé, est exploité par un fournisseur de service dont les installations sont situées en Arizona. Mais le détenteur du nom de domaine s'est prévalu d'un service d'enregistrement de nom de domaine qui préserve la confidentialité. 

Pour en connaître l'identité, il faudrait que son identification soit soumise « à un processus de communication avec un intermédiaire supplémentaire », explique Jean-François De Rico. Un avis communément appelé « Take Down Notice » pourrait toutefois être transmis par l'entremise de cet intermédiaire.

Un robot

« J'ai un collègue journaliste qui avance l'hypothèse que c'est peut-être un robot qui va pêcher systématiquement tous nos contenus et qui les traduit », dit la journaliste Marie-Ève Martel.

Une hypothèse plausible selon l'avocat. Il indique qu'il serait possible de mettre en place des mécanismes pour empêcher des tiers de s'approprier du contenu par un processus automatisé.

La journaliste indique que la plupart des médias examinent la situation.« Si l'union fait la force, plutôt que d'agir chacun de notre côté en vase clos, si on prenait action de façon commune, il y a peut-être moyen de faire cesser ça », soutient-elle. 

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Acadie