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Les défis du français pour les nouveaux arrivants

Une carte du monde avec l'origine des élèves.

Le défi d’apprendre le français

Photo : Anne-Louise Despatie

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Que ce soit pour les enfants, les adolescents ou les adultes, l'intégration des nouveaux arrivants au Québec doit passer par l'apprentissage du français. Certaines écoles de la grande région de Montréal ont l'habitude de franciser les élèves du primaire et du secondaire dans des classes d'accueil qui se concentrent sur l'enseignement du français en vue de faire un pont vers l'enseignement normal.

Un texte de Anne-Louise DespatieTwitterCourriel

La grande souplesse des classes d'accueil du primaire

Les enfants d'Émilie Gohier, âgés de 9 et 11 ans, ont fait plusieurs détours dans leur cheminement scolaire. Certains n'avaient même pas encore appris à écrire dans leur langue maternelle quand ils sont arrivés au Québec. Malgré leur âge différent, cette enseignante de la Commission scolaire de Laval doit préparer des exercices convenant à tous les niveaux du primaire.

La classe d'accueil d'Émilie Gohier au pavillon St-Charles de l'école Desormeaux à Laval.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La classe d'accueil d'Émilie Gohier au pavillon St-Charles de l'école Desormeaux à Laval.

Photo : Anne-Louise Despatie

J'ai cinq ou six plans de leçons et de planifications. Il faut aimer bouger, s'adapter, aimer changer des choses et se tromper. Parce qu'on ne sait jamais comment les enfants vont être le matin. Certains ont eu des parcours difficiles, donc il y a aussi beaucoup de travail affectif à faire. Et ça fait partie de la beauté du travail.

Une citation de :L'enseignante Émilie Gohier
Quatre nouveaux élèves de Syrie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Quatre nouveaux élèves de Syrie.

Photo : Anne-Louise Despatie

Dans les deux dernières semaines, l'enseignante a accueilli quatre nouveaux élèves syriens. Au moment des ateliers, elle a donc un nouveau groupe. « En théorie, il faut une bonne année en classe d'accueil avant que les enfants puissent intégrer une classe ordinaire. Mais certains vont le faire plus rapidement », explique Émilie Gohier.

Au pavillon Saint-Charles de l'école Desormeaux de Laval, un enfant sur trois est dans une classe d'accueil pour apprendre le français.

Enseigner le français aux adolescents du secondaire

Elle-même immigrante venue de Roumanie, l'enseignante Agneta Kubik comprend bien le parcours de ses élèves.

Plus on est jeune, plus on apprend facilement une autre langue, ou une deuxième ou une troisième. Parce qu'il ne faut pas l'oublier, souvent nos élèves parlent deux et même trois langues. Nous, on les garde deux ans ici. Ils ont 20 mois pour apprendre le français, pour être fonctionnels et pour pouvoir intégrer une classe ordinaire.

Une citation de :Agneta Kubik, enseignante en francisation

Dans la classe d'accueil au secondaire, on se concentre sur l'enseignement du français et des mathématiques. « Chacun d'entre nous aide l'autre : quand on est ici, on est une famille », dit Youssef Zeghloul, un élève qui est arrivé du Maroc à l'automne et qui doit parfaire ses connaissances du français écrit et de la grammaire avant d'aller dans une classe régulière.

La classe d'Agneta Kubik de l'École secondaire Evangéline de l'Arrondissement Ahuntsic-Cartierville.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La classe d'Agneta Kubik de l'École secondaire Evangéline de l'Arrondissement Ahuntsic-Cartierville.

Photo : Anne-Louise Despatie

Apprendre le français à l'âge adulte

C'est sur une base volontaire que les nouveaux arrivants s'inscrivent au programme de francisation du ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion. Il y a trois niveaux comprenant 11 semaines de cours à temps plein et un dernier niveau à temps partiel.

Ils atteignent un niveau fonctionnel pour être capables de poursuivre des études universitaires ou de niveau collégial, pour être en mesure aussi de se créer un réseau social et fonctionner dans la vie de tous les jours. La vitesse à laquelle ils apprennent dépend de leur contact antérieur avec le français. En gros, on peut dire que ça prend entre une et deux années avant d'être fonctionnel.

Une citation de :Véronique Rioux, enseignante en francisation
Au Cégep Bois-de-Boulogne, une vingtaine de groupes suivent le programme de francisation du MIDI, comme celui de Véronique Rioux (en bas à gauche).Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Au Cegep Bois-de-Boulogne, une vingtaine de groupes suivent le programme de francisation du MIDI, comme celui de Véronique Rioux (en bas à gauche).

Photo : Anne-Louise Despatie

Dépenses en francisation au Québec selon les années financières :

  • 2005-2006 : 44 338 000 $
  • 2010-2011 : 67 582 000 $
  • 2014-2015 : 64 122 000 $

Nombre d'élèves dans les cours de français du ministère :

  • 2005-2006 : Temps complet (9714) Temps partiel (10 148)
  • 2010-2011 : Temps complet (13 230) Temps partiel (13 073)
  • 2014-2015 : Temps complet (10 789) Temps partiel (15 352)

Source : ministère de l'Immigration de la Diversité et de l'Inclusion

Délai pour le programme de francisation à temps plein

Le ministère s'engage à ce que le délai maximal pour commencer un cours de français à temps complet à compter de la date de confirmation de l'admissibilité soit de 65 jours. Le délai moyen pour commencer un cours de français à temps complet, pour l'ensemble des régions administratives, en 2015-2016 est de 39,8 jours.

Source : Ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion

Quelques témoignages d'étudiants en francisation

Moutaha MaksoudAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Moutaha Maksoud

Photo : Anne-Louise Despatie

J'ai commencé à apprendre le français de zéro et j'ai rencontré des difficultés surtout dans la prononciation parce qu'il y a beaucoup de lettres, de voyelles, qu'on n'a jamais vues dans mon pays! J'espère apprendre le français pour m'intégrer et retourner étudier à l'université, parce que j'étais dentiste-orthodontiste en Syrie.

Une citation de :Moutaha Maksoud, arrivée de Syrie il y a 15 mois.

Karen ManucharyanAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Karen Manucharyan

Photo : Anne-Louise Despatie

Le plus difficile pour moi, c'est la grammaire parce qu'il y a beaucoup d'exceptions. J'aime le français parce que c'est une langue très belle, reliée aux arts. Je suis musicien et je crois qu'il faut parler français pour obtenir du travail.

Une citation de :Karen Manucharyan, arrivé d'Arménie il y a 14 mois.

Amani HelouAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Amani Helou

Photo : Anne-Louise Despatie

C'est difficile d'apprendre une langue étrangère et de la parler comme nous parlons notre langue maternelle. C'est difficile, mais comme le dit Véronique notre professeur, on est capables! Pour parler avec les autres, pour comprendre les règles et tout ce qui se passe dans le pays, le français, c'est essentiel ici. Mon mari a fait la francisation et il est ici depuis 10 ans : il est presque québécois!

Une citation de :Amani Helou, d'origine syrienne.

Nombres de classes d'accueil à la CSDM

  • 37 classes au préscolaire
  • 77 classes au primaire
  • 51 classes au secondaire

Source : Commission scolaire de Montréal

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