•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Risques de déversement : le plaidoyer d'Émilien Pelletier devant le BAPE

Émilien Pelletier lors de sa présentation devant le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE)

Émilien Pelletier lors de sa présentation devant le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le professeur associé à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski, Émilien Pelletier, a pris la parole mardi après-midi lors des audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) à propos du projet d'oléoduc Énergie Est de TransCanada.

Un texte de Ariane Perron-LangloisTwitterCourriel

Le spécialiste en écotoxicologie marine a présenté les moyens d'intervention en cas de déversement de pétrole dans un milieu marin. Il croit qu'en cas d'accident avec le projet Énergie Est, les coûts et les difficultés de nettoyage seraient « nettement supérieurs » à d'autres projets du même genre ou à du transport de pétrole conventionnel.

Lors de sa présentation devant le BAPE, Émilien Pelletier a notamment souligné les difficultés supplémentaires posées par la présence de glace sur le Saint-Laurent. « Le pétrole a tendance à s'immiscer en-dessous des glaces, même à se mélanger avec la glace, explique-t-il. Quand il y a de la glace sur l'estuaire et qu'il y a un déversement, c'est presque catastrophique, parce qu'on ne peut presque pas intervenir. »

C'est sûr qu'un déversement de pétrole en présence de glaces mouvantes, comme on connait sur le Saint-Laurent, ça rend la récupération presque impossible.

Émilien Pelletier, professeur associé à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski

Émilien Pelletier a également plaidé que le type de pétrole que prévoit transporter TransCanada, soit du bitume dilué, est plus visqueux et serait plus difficile à récupérer en cas d'accident. « Il a une partie évaporable, qui va facilement partir dans l'atmosphère, mais ce qui va rester c'est un bitume très épais, très collant et très visqueux », affirme le professeur.

Les difficultés de nettoyage sont multipliées par 10 en raison de la très grande viscosité du produit. Ça va coller partout.

Émilien Pelletier, professeur associé à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski
L’Oléoduc Énergie Est est un projet de pipeline de 4 600 kilomètres qui transportera, environ 1,1 million de barils de pétrole par jour de l'Alberta et la Saskatchewan vers les raffineries de l’Est du Canada.

L’Oléoduc Énergie Est est un projet de pipeline de 4 600 kilomètres qui transportera, environ 1,1 million de barils de pétrole par jour de l'Alberta et la Saskatchewan vers les raffineries de l’Est du Canada.

Photo : ICI Radio-Canada

Les garanties d'un milliard « nettement insuffisantes »

Émilien Pelletier croit aussi que les garanties d'un milliard de dollars promises par l'entreprise TransCanada seraient insuffisantes si un déversement survenait dans l'estuaire du Saint-Laurent.

La filiale Énergie Est s'est engagée, la semaine dernière, à assumer les coûts d'une éventuelle catastrophe jusqu'à concurrence d'un milliard de dollars. Le reste sera la responsabilité de la société mère, TransCanada.

« Pour le milieu marin, ça apparaît nettement insuffisant, affirme Émilien Pelletier. Si jamais il y avait une quantité importante de ce pétrole-là qui allait dans le milieu marin, on parle sûrement pas de cet ordre de grandeur-là. On pense que l'Exxon Valdez a coûté 5 ou 6 milliards. On estime que l'accident du golfe du Mexique, il y a une dizaine d'années, a coûté plus de 30 milliards. »

Si on avait un accident important dans l'estuaire du Saint-Laurent, 500 millions ou un milliard, ce serait juste un départ.

Émilien Pelletier, professeur associé à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski

Le professeur ne sait pas si son plaidoyer devant le BAPE va changer le cours du projet Énergie Est. Il croit toutefois que ces audiences permettront d'améliorer le niveau de compréhension des citoyens présents et des commissaires. « [Ils] pourront se faire une idée plus claire de ce que ça représente comme risque », soutient-il.

Est du Québec

Société