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Propos francophobes : CBC promet plus de rigueur

Lettre
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Interpellée par la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) qui s'inquiète de la stigmatisation des francophones dans les tribunes numériques de CBC, la société d'État explique qu'elle fait tout pour garantir la libre expression, tout en bannissant les propos insultants et haineux.

« Le rôle du diffuseur public est d'encourager le dialogue et la compréhension entre les Canadiens et les Canadiennes. CBC nuit à cet objectif lorsqu'elle tolère des commentaires qui ont pour effet d'insulter les francophones et d'inciter à la haine envers eux », écrivait jeudi la FCFA dans un communiqué.

L'organisme trouve « aberrant que CBC laisse des individus profiter de leur anonymat pour publier des commentaires irrespectueux et souvent remplis de faussetés à l'égard des francophones ».

« La liberté d'expression est un droit fondamental, mais proférer gratuitement des insultes à l'égard d'un groupe ne l'est pas. Nous en appelons donc nous aussi au sens de l'éthique du diffuseur public et lui demandons de prendre les mesures nécessaires pour que ce genre de commentaires ne soient plus tolérés.  »

— Une citation de  Sylviane Lanthier, présidente de la FCFA
Brodie Fenlon, premier directeur des nouvelles numériques à CBCAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Brodie Fenlon, premier directeur des nouvelles numériques à CBC

Photo : Twitter

En réponse, Brodie Fenlon, premier directeur des nouvelles numériques à CBC, regrette d'abord que des commentaires insultants aient échappé à la vigilance de son équipe. « Il s'agit, écrit-il, d'une situation malencontreuse, mais inévitable lorsque l'on doit traiter un tel volume de commentaires [un million par mois] ».

Tout en promettant plus de rigueur dans l'application des règles directrices du diffuseur public, M. Fenlon explique qu'à l'instar de nombreux autres médias, CBC est confrontée à la problématique des discussions sur le site Internet.

Si certaines organisations ont carrément fermé ces tribunes, CBC dit avoir fait le choix de les maintenir, car « la discussion avec l'auditoire est au cœur de [son] mandat de radiodiffuseur public, surtout en cette ère de technologie participative ».

« Trouver le bon équilibre entre la liberté d'expression et le droit de débattre de manière respectueuse sur un site qui reçoit plus d'un million de commentaires chaque mois représente un défi de taille.  »

— Une citation de  Brodie Fenlon, premier directeur des nouvelles numériques à CBC

Le responsable des nouvelles numériques à CBC rappelle que son service a fait face à la même problématique en novembre dernier. « Devant le flot de propos haineux en référence à des articles portant sur les Autochtones », la société d'État a pris « la mesure exceptionnelle et provisoire de suspendre cette tribune d'expression ».

Il ajoute qu'en janvier, « après avoir essayé plusieurs approches », il a été décidé « que tous les commentaires, quel que soit l'article en référence, soient relus par une équipe de modérateurs avant d'être publiés ».

Quant à la question de l'anonymat de certains internautes, M. Fenlon pense que le « vrai nom » ne garantit pas forcément le civisme dans les échanges en ligne. De plus, poursuit-il, l'utilisation de pseudonymes permet « à toutes les voix de participer au débat, y compris les victimes de crimes et les dénonciateurs d'abus, deux groupes qui, selon nous, ont de bonnes raisons de se cacher derrière l'anonymat ».

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