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Une famille espère le rétablissement d'un programme fédéral pour rester au Canada

La famille de Siamak Ebrahimi de North Vancouver
La famille de Siamak Ebrahimi de North Vancouver Photo: ICI Radio-Canada/Julie Landry
Radio-Canada

La famille de Siamak Ebrahimi, installée à North Vancouver depuis 2013 grâce à un programme d'immigration francophone, espère son rétablissement, ce qui pourrait peut-être leur permettre de rester au Canada.

Un texte de Julie LandryTwitterCourriel

Le programme Avantage significatif francophone a été mis sur pied pour attirer l'immigration francophone à l'extérieur du Québec. Aboli en 2014, il pourrait toutefois revoir le jour sous le gouvernement libéral.

La famille risque de devoir partir, car le visa de M. Ebrahimi prend fin le 31 décembre. Les visas de sa femme et de ses deux fils sont liés à celui du père.

Siamak Ebrahimi n'a pas assez de points pour accéder à la résidence permanente. Il aimerait bien qu'un programme Avantage significatif francophone rétabli donne aux candidats à la résidence permanente davantage de points.

M. Ebrahimi a besoin d'une soixantaine de points pour que son dossier soit complet.

De l'Iran au Canada, en passant par la France

Siamak Ebrahimi a quitté l'Iran en 1985 parce qu'il se sentait étranger dans son pays après la révolution iranienne. Il a habité 28 ans en France où il s'est marié avec une Iranienne et a eu deux garçons. Aujourd'hui, la famille de Siamak Ebrahimi est bien établie au Canada et contribue à la francophonie de la Colombie-Britannique, mais le permis de travail du père vient à échéance à la fin de l'année.

Siamak Ebrahimi a réalisé, en mettant le pied au Canada, qu'il avait finalement une identité.

Je suis un francophone ici au Canada alors qu'en France, je n'étais pas un Français.

Siamak Ebrahimi

Sa femme Nasrin Jamali, qui a de la famille à North Vancouver, dit qu'elle a trouvé sa terre ici. « C'est plus qu'un pays pour moi », déclare la mère, pleine d'émotion. 

Si la situation est très angoissante pour les parents, elle perturbe les enfants d'autant plus.

Les deux garçons de 11 et 15 ans n'ont que le passeport iranien, mais n'y ont jamais mis les pieds. « Si on ne nous accepte pas ici, peut-être on devra partir en Iran. Je suis un peu perdu, je ne sais même pas quelle est ma nationalité », admet l'aîné, Behraz. « Ici, on est libre ».

Son petit frère Atef, lui, n'ose même pas espérer, tellement il a peur. « Chaque fois que j'y pense, il y a une voix à l'intérieur de moi qui dit qu'il n'y a aucune façon. Alors je ne veux pas y penser, c'est trop difficile », indique l'enfant de 11 ans.

Siamak Ebrahimi avec sa femme NasrinSiamak Ebrahimi avec sa femme Nasrin Photo : ICI Radio-Canada/Julie Landry

Intégrés dans la francophonie

Siamak Ebrahimi est le directeur du département français du Shokouh English Academy. Il y a créé un pôle francophone où il organise des activités francophones notamment avec le groupe Canadian Parents for French (CPF). Il fait énormément de bénévolat dans les écoles et la communauté.

Roger D'Aoust, le porte-parole de CPF de North Vancouver, croit que M. Ebrahimi est une richesse pour le Canada. « Je ne peux pas voir pourquoi on devrait perdre quelqu'un qui est bien intégré et qui veut aider la francophonie », s'interroge-t-il.

Roger D'Aoust croit que si les gouvernements sont sérieux dans leur promotion du fait français, ils doivent regarder l'apport réel des immigrants comme les Ebrahimi.

L'avocat en immigration Peter Edelmann suggère à Siamak Ebrahimi de consulter un avocat pour étudier toutes les possibilités qui s'offrent à lui.

Colombie-Britannique et Yukon

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