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Un projet de loi pour les parents éprouvés

Le reportage d'Alex Boissoneault
Radio-Canada

Les parents qui perdent un enfant en raison d'une maladie ou d'un accident devraient avoir droit à un congé sans solde prolongé, croit Peter Tabuns. Le député néo-démocrate de Toronto-Danforth a déposé mardi un projet de loi privé pour demander que les parents éprouvés puissent s'absenter pour un maximum de 52 semaines.

Un texte d'Alex BoissonneaultTwitterCourriel

À l'heure actuelle, à moins que l'enfant n'ait été victime d'un crime ou qu'il ne soit porté disparu, la loi ontarienne exige un retour au travail dans les 10 jours.

Ce congé « d'urgence » est la seule obligation légale que doit respecter un employeur.

Peter Tabuns qualifie la situation actuelle « d'inacceptable ».

Les gens pensent que ce congé existe, mais ça n'est pas le cas. C'est très difficile pour les parents. Ils ont besoin de temps pour reprendre leurs forces.

Peter Tabuns, député, Nouveau Parti démocratique de l'Ontario, Toronto-Danforth

Il a baptisé son projet de loi privé « Loi Jonathan » à la mémoire de Jonathan Leitao, mort à 16 ans d'un cancer. Son père, Vince Leitao, était de retour au travail deux mois après la mort de son fils en 2014. Il milite depuis pour un changement de la loi, afin de protéger les parents endeuillés.

Les employeurs doivent comprendre que l'employé qui revient après la mort d'un enfant n'est plus le même. Il est brisé, détruit. La société a la responsabilité de s'assurer que la personne éprouvée a le temps de se reconstruire.

Vince Leitao, père de Jonathan Leitao, victime d'un cancer

Meighan Ferris-Miles, qui a aussi perdu un enfant, s'est absentée deux mois de son travail.

Avocate, elle admet qu'il lui a fallu presque huit mois pour être aussi productive qu'avant la tragédie.

Personne n'a avantage à forcer un employé à retourner au travail après avoir perdu un enfant. L'employeur lui-même n'y gagne rien.

Meighan Ferris-Miles, mère de Noah Miles, victime d'une infection bactérienne

Le ministre du Travail de l'Ontario, Kevin Flynn, a l'intention d'appuyer le projet de loi. 

Le projet de loi reçoit aussi l'appui de Bereaved Families of Ontario, un organisme qui offre un soutien aux familles éprouvées.

Sa présidente, Carolyn Baltaz, dit que la loi actuelle a pour conséquence de faire pression pour que les parents retournent plus rapidement au travail même si le gestionnaire n'a pas nécessairement de mauvaises intentions.

Je l'ai vu souvent, dit-elle. Il y a une pression subtile de l'employeur, même involontaire, parce que la vie continue. Souvent, le parent endeuillé sent cette pression et retourne trop rapidement au travail. C'est un cercle vicieux parce que la personne met en jeu sa propre guérison.

Carolyn Baltaz, présidente de Bereaved Families of Ontario

En ce moment, si un enfant est victime d'un crime ou disparu, les parents ont droit à un congé qui peut aller jusqu'à deux ans.

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