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Vers une entente entre l'Europe et la Turquie sur les migrants

Le premier ministre turc Ahmet Davutoglu sert la main du président du Conseil européen Donald Tusk à l'issue du sommet à Bruxelles, le 8 mars 2016.
Le premier ministre turc Ahmet Davutoglu sert la main du président du Conseil européen Donald Tusk à l'issue du sommet à Bruxelles, le 8 mars 2016. Photo: Yves Herman
Associated Press

Les dirigeants de l'Union européenne (UE) ont annoncé qu'ils avaient conclu une entente provisoire avec Ankara pour renvoyer des milliers de migrants vers la Turquie. Ils espèrent maintenant arriver à un accord final au prochain sommet, la semaine prochaine.

Au terme de 12 heures de négociations, la Turquie a affirmé que tout accord nécessiterait que les Européens accélèrent le pas sur le long processus d'adhésion de la Turquie dans l'Union européenne. Ankara a ajouté qu'elle s'attendait à ce que les pays européens lèvent en l'espace de quelques mois les restrictions sur les visas imposées aux citoyens turcs.

De son côté, la Turquie a accepté d'accentuer ses efforts pour endiguer la migration irrégulière, un engagement « bienvenu », selon la chancelière allemande Angela Merkel, qui a toutefois précisé qu'il faudrait un peu plus de temps pour que le bloc de 28 pays accepte l'entente dans son intégralité.

Le premier ministre britannique David Cameron a confirmé qu'ils avaient une « base » pour une entente qui permettrait de transporter les migrants arrivant en Grèce vers la Turquie.

Les dirigeants européens et turcs se réuniront la prochaine fois le 17 mars pour un sommet de deux jours.

La Turquie, qui a reçu jusqu'à maintenant 2,75 millions de migrants de la Syrie voisine, a pris de court ses vis-à-vis, lundi, en réclamant le double du financement prévu par l'UE - bien au-delà des 3,3 milliards $ US déjà promis.

Le premier ministre Ahmet Davatoglu a dit aux journalistes que la Turquie était prête à travailler avec l'Europe et qu'elle était aussi prête à s'intégrer à l'UE.

Près de la frontière avec la Macédoine, plus de 11 000 migrants vivent dans un camp conçu pour accueillir temporairement 1500 personnes.

Du côté de l'Europe, l'UE demandait à la Turquie de reprendre les milliers de migrants qui ont déjà atteint les côtes européennes. Depuis quelque temps, de 13 000 à 14 000 personnes sont entassées au froid à la frontière entre la Grèce et la Macédoine.

Dans un document préliminaire préparé en vue des négociations, les Européens disaient vouloir renvoyer en Turquie les migrants qui n'étaient pas admissibles à la protection légale des réfugiés.

Depuis Ankara, le président turc Recep Tayyip Erdogan a critiqué l'Europe, faisant un rapprochement entre sa politique d'accueil et les milliers de noyades dans la mer Égée.

« Nous ne les envoyons pas. Ils s'en vont par la mer et ils sont nombreux à mourir. Nous avons sauvé plus de 100 000 d'entre eux de la mer », a-t-il pesté.

Le bilan de la Turquie sur le plan des droits de la personne a jeté une ombre sur la rencontre de lundi. Vendredi dernier, les policiers ont fait irruption dans les bureaux du plus grand quotidien au pays. Le journal a été placé en tutelle en vertu d'un ordre de la cour.

Le président français François Hollande a affirmé que la coopération de l'Europe avec la Turquie ne signifiait pas qu'elle approuvait ses démarches sur la liberté de la presse. « La presse doit être libre partout, dont en Turquie », a-t-il déclaré.

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