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Manque d'infirmières bilingues : la solution de la Villa Youville

La direction de la Villa Youville, un centre pour aînés situé à Saint-Anne a pourvu l'ensemble de ces postes vacants en embauchant des employés bilingues.

La direction de la Villa Youville, un centre pour aînés situé à Saint-Anne a pourvu l'ensemble de ces postes vacants en embauchant des employés bilingues.

Photo : Pierre Verrière

Radio-Canada

Selon Santé en français, les centres de santé du Manitoba manquent encore d'infirmiers et d'infirmières parlant en français. Malgré cela, certains établissements comme la Villa Youville, un centre pour aînés situé à Sainte-Anne, réussissent à garantir des services en français en embauchant des praticiens bilingues.

Un texte de Pierre Verrière TwitterCourriel en collaboration avec Samuel RancourtTwitterCourriel

Il y a deux ans, quatre postes d'infirmiers et d'infirmières sur sept postes disponibles à la Villa Youville étaient vacants. Le centre pour aînés désirait trouver des employés bilingues. « Cela arrivait au même moment où la villa Youville obtenait officiellement son statut de centre désigné francophone », indique le directeur général Paul Ruest.

Ce statut francophone prévoit que la langue de fonctionnement et de gouvernance soit le français et que les infirmiers doivent offrir des services en français aux patients. Il concerne quatre établissements au Manitoba.

Les quatre centres désignés francophones du Manitoba :

  • La Villa Youville à Sainte-Anne
  • Le Centre de santé de Saint-Boniface
  • Le foyer Action-Marguerite - Valade à Winnipeg
  • Le Centre de bien-être communautaire à La Broquerie

Réseau de contacts

À l'époque, la Villa Youville avait créé un nouveau poste de directeur des soins pour résoudre le problème. La tâche principale de cet employé consistait à embaucher des infirmiers non seulement compétents, mais également francophones. « Nous voulions qu'un infirmier occupe ce poste. C'est un infirmier qui, par le biais de son réseau de contacts, pouvait nous trouver des employés », explique Paul Ruest.

Originaire de l'Ontario, Lucie Reuvers occupe depuis deux ans le poste de directrice des soins à la Villa Youville.

Originaire de l'Ontario, Lucie Reuvers occupe depuis deux ans le poste de directrice des soins à la Villa Youville.

Lucie Reuvers occupe ce poste depuis deux ans. Son réseau de contacts lui a permis d'attirer des infirmiers à Sainte-Anne, tous francophones. « Je suis originaire de l'Ontario. Je ne savais pas qu'il y avait des perspectives d'emplois en français dans mon domaine au Manitoba. J'ai appris la nouvelle à d'anciens employeurs. Ces derniers me contactaient chaque fois qu'ils avaient une recrue désireuse de travailler en français », raconte Mme Reuvers.

Selon le directeur général de la Villa Youville, le bouche-à-oreille au sein des réseaux d'infirmières a fait son oeuvre. « Les gens connaissent l'établissement davantage, ils savent que les conditions de travail sont bonnes et que nous avons à coeur de travailler en français », explique Paul Ruest pour expliquer le changement qui s'est opéré au sein du recrutement.

Paul Ruest est conscient que son établissement ne figure pas en tête de liste des choix des jeunes infirmières et infirmiers fraîchement diplômés. C'est aussi vrai pour ceux qui ont étudié à l'Université de Saint-Boniface. « De plus en plus de jeunes travaillent chez nous, mais c'est vrai que d'une manière générale, les jeunes diplômés rêvent davantage de travailler dans de grands hôpitaux que dans des résidences pour personnes âgées ».

Si la directrice générale de Santé en français, Annie Bédard, se réjouit de l'exemple de la Villa Youville, elle affirme qu'il y est toutefois plus aisé d'offrir ses services en français en raison de sa taille modeste. « Le personnel infirmier des grands centres en a déjà énormément sur les épaules. Malheureusement, le français n'est pas une priorité », dit-elle.

Les infirmières bilingues ne sont pas comptabilisées

Elle ajoute qu'il y a toujours un manque d'infirmiers et d'infirmières parlant en français dans les centres de santé du Manitoba. Reste qu'il est difficile de définir le nombre d'infirmières bilingues au Manitoba.

« Un des grands enjeux c'est que l'ordre des infirmiers et infirmières du Manitoba ne comptabilise pas cette information », observe Annie Bédard.

L'ordre professionnel qui réglemente la profession des infirmiers et infirmières de la province reconnaît ne pas savoir combien de ses membres parlent français, ni demander cette information à ses membres, estimant que cela ne concerne pas la sécurité des patients.

Le scénario est similaire pour le syndicat des infirmiers et infirmières du Manitoba qui confirme ne pas tenir compte des langues parlées par leurs membres.

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