•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Accueil de réfugiés syriens : la grande séduction de Chéticamp

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La population du village de Chéticamp, au Cap-Breton, ne cesse de diminuer depuis une vingtaine d'années. La communauté aimerait pouvoir garder ses jeunes dans la région, mais ils partent, faute d'emplois payants. C'est donc avec beaucoup d'espoir qu'elle accueille une jeune famille syrienne.

La population du village de Chéticamp, au Cap-Breton, ne cesse de diminuer depuis une vingtaine d'années. La communauté aimerait pouvoir garder ses jeunes dans la région, mais ils partent, faute d'emplois payants. C'est donc avec beaucoup d'espoir qu'elle accueille une jeune famille syrienne.

Un reportage de Audrey RoyTwitterCourriel

La famille Alnassan, qui compte trois enfants âgés de cinq, neuf et dix ans, est arrivée au Cap-Breton le 11 février, en pleine tempête de neige.

Avec le suête, un vent du sud-est qui peut entraîner des rafales allant jusqu'à 200 km/h, l'hiver peut parfois être rude à Chéticamp. Pendant l'été, la pêche et le tourisme font vibrer ce petit village acadien de 2600 âmes, mais lors de la saison froide, la plupart des commerces sont fermés. 

Les vents peuvent être très puissants à Chéticamp, un village côtier du Cap-Breton.

Accueil de réfugiés syriens : la grande séduction de Chéticamp

Photo : ICI Radio-Canada

Pourtant, malgré le froid, la barrière de la langue et les milliers de kilomètres qui la séparent de la Syrie, la famille Alnassan s'y est immédiatement sentie à la maison.

« Ce qui nous a le plus surpris, c'est l'accueil très chaleureux de la communauté. Depuis que nous sommes arrivés, les gens viennent nous voir pour nous aider. La maison était prête pour nous à notre arrivée, on ne s'attendait pas du tout à ça. On n'a jamais vu ça avant », affirme le père, via une traductrice.

Tout cela grâce à la générosité de la communauté.

« On a reçu beaucoup de dons, ça vient de partout, c'est incroyable. Les gens achètent même des choses neuves quand ils vont magasiner à Sydney, ils font des cadeaux », mentionne Paul Deveau, membre du comité d'accueil.

Une jeunesse attendue à Chéticamp

Le conseiller municipal Alfred Poirier rappelle que le village de Chéticamp a beaucoup à offrir: des écoles, un hôpital, une communauté bilingue et accueillante, un parc national et des paysages à couper le souffle. Pourtant, la population ne cesse de diminuer, ce qui décourage les entreprises à venir s'y installer.

« Pour que nos jeunes reviennent, ça nous prend des entreprises pour trouver du travail à nos jeunes qui sont éduqués et qui veulent de hauts salaires », lance le conseiller municipal.

L'école francophone NDA n'a que 175 élèves inscrits cette année. Ils étaient plus de 800 il y quelques décennies. M. Poirier croit qu'il est temps de faire quelque chose avant qu'il ne soit trop tard. 

Alfred Poirier et Paul DeveauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alfred Poirier et Paul Deveau ont créé le comité d'accueil.

Photo : ICI Radio-Canada

« Si on dit "bientôt il va ne rien avoir à Chéticamp", si on continue de dire ça et qu'on ne veut pas d'immigration et qu'on veut notre communauté, et bien dans 10 ou 15 ans, on ne va plus exister. [...] Si tu as du bon travail, si tu as du jeune monde, de jeunes couples, tu vas avoir des enfants. Et si tu as de la population, tu vas avoir une communauté et beaucoup de problèmes vont être réglés », ajoute le conseiller.

C'est pourquoi M. Poirier et Paul Deveau ont eu l'idée d'accueillir des réfugiés syriens. Bien qu'il y avait quelques appréhensions chez certains résidents, le comité d'accueil a senti un fort intérêt de la part de la communauté et des commerçants.

« On a une famille syrienne qui vient de s'établir, ils ont trois enfants. Ça veut dire beaucoup pour notre école. C'est seulement trois, mais ça veut dire beaucoup. Le père et la mère vont aussi aller sur le marché du travail, et ça, c'est juste une famille », affirme M. Poirier.

L'accueil des trois jeunes syriens à l'école est aussi une expérience enrichissante pour les élèves et le personnel. Les autres enfants avaient beaucoup de questions pour eux.

« Pour l'école, ç'a vraiment été une expérience positive. Les élèves étaient vraiment excités d'apprendre à propos de leur culture, à propos de leur langue », explique Christine Doucet, membre du comité d'accueil, volet éducation.

Aller à l'école francophone sans parler français

Toute une équipe accompagne les jeunes syriens à l'école pour les aider à apprendre et à s'intégrer.

« Au début, quand ils sont arrivés ont avait un traducteur sur place et ces services-là vont continuer. On a une personne d'Immigration francophone qui vient, on a une monitrice de langue, on a un service de tutorat une heure par jour pour que les deux plus vieux puissent apprendre le français. Quand ils sont dans la classe, il y a des bénévoles de la communauté et des enseignants à la retraite qui viennent travailler avec eux. Ils sont vraiment bien encadrés », souligne Mme Doucet.

Elle souligne que les trois enfants avaient très hâte de retourner à l'école. Ils se sont rapidement intégrés à leurs collègues de classe.

« Ils font à peu près ce que les autres font, mais avec de l'aide. [...] Ils sont vraiment de bons élèves, ils font les tâches qu'on demande de faire, ils écoutent en classe, ils travaillent vraiment bien », affirme Mme Doucet.

Bien que la langue soit encore un obstacle, la famille Alnassan s'est vite intégrée, tant à l'école que dans la communauté. Les membres de la famille ont d'ailleurs célébré la Mi-Carême, une fête traditionnelle à Chéticamp (Nouvelle fenêtre).

Mahmoud et sa femme ont aussi très hâte d'intégrer le marché du travail. Ils veulent continuer de participer activement à la communauté.

« Nous voulons travailler et être de bons citoyens canadiens. On ne veut pas créer de distance avec les autres, on veut vraiment s'intégrer et être de bons citoyens », explique le Syrien.

Leur dernier souhait est de pouvoir accueillir le frère de Mahmoud, sa femme et leurs cinq enfants. Le comité d'accueil travaille maintenant à trouver un logement et du financement pour y arriver.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !