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Le métchif, langue officielle aux T.N.-O.?

Les épiceries de Fort Smith, aux Territoires du Nord-Ouest, affichent déjà leur signalisation en cri et en chippewyan.
Les épiceries de Fort Smith, aux Territoires du Nord-Ouest, affichent déjà leur signalisation en cri et en chippewyan. Photo: Vance Sanderson
Radio-Canada

Un homme ténois de Fort Smith souhaite faire du métchif – langue créole parlée par les Métis de l'Ouest et du Nord canadien – une langue officielle des Territoires du Nord-Ouest.

Un texte de Catherine LoganTwitterCourriel

Le directeur du Programme de langue crie des T.N.-O. Vance Sanderson a fait sienne la cause des Métis et s'est donné la tâche de faire reconnaître le statut légal du métchif.

« Il ne faut absolument pas laisser de côté nos langues autochtones, il faut les valoriser », constate-t-il.

Afin d'ajouter le métchif au registre des langues officielles, Vance Sanderson estime qu'il faudrait recenser la population pour déterminer le nombre de locuteurs actifs ou bien sonder le public pour voir si l'initiative a l'appui des citoyens.

Toutefois, il est difficile d'évaluer le nombre de résidents des Territoires du Nord-Ouest qui parlent méchif.

Il existe une vraie variété de créoles. On peut distinguer le métchif franco-cri, le métchif franco-chippewyan et le métchif franco-esclave, entre autres. Tout dépend de comment les Métis ont assimilé le français à leur langue autochtone maternelle.

Vance Sanderson

« J'estime que nous avons environ 300 personnes qui parlent le métchif », croit le Ténois.

Les Territoires du Nord-Ouest comptent déjà 11 langues officielles : l'anglais, le français, l'inuktitut, l'inuinnaqtun, l'inuvialuktun, le gwich'in, la langue des Esclaves du nord, la langue des Esclaves du sud, le tlicho, le chippewyan et le cri.

Selon la plus récente enquête sur les collectivités des T.N.-O., effectuée en 2009, cinq des neuf langues officielles autochtones comptent moins de 500 personnes qui parlent couramment la langue sur le territoire.

Accroître la visibilité, une solution gagnant-gagnant?

Dans le cadre du mois des langues autochtones, le Programme de langue crie des T.N.-O. tente d'accroître la visibilité du cri et du chippewyan en plaçant de affiches trilingues dans les épiceries de leurs communautés. M. Sanderson aimerait inclure le métchif à cette signalisation.

« Il existe beaucoup de Métis qui luttent pour que le métchif soit reconnu par la législation de notre territoire », affirme-t-il.

Le métchif est très important au peuple métis. Lui accorder un statut de langue officielle nous permet alors de reconnaître cette signification toute spéciale et de la partager avec tout le monde.

Vance Sanderson

Le président de la Nation métisse des Territoires du Nord-Ouest, Garry Bailey, assure que la collectivité métisse soutient de tout cœur l'initiative de Vance Sanderson.

« Bien sûr, nous l'appuyons », déclare-t-il. « Nous encourageons l'appui et la résurrection de toutes nos langues autochtones. Mais là, il faut en convaincre le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. »

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