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Les étudiants francophones de la Laurentienne s'opposent à l'université franco-ontarienne

Le drapeau franco-ontarien (archives) Photo: Yvon Thériault

Division au sein de la communauté franco-ontarienne : l'Association des étudiants francophones (AEF) de l'Université Laurentienne à Sudbury « remet en question » le projet d'ouvrir une université de langue française à Toronto.

Le projet est soutenu notamment par l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) et le NPD. Le gouvernement libéral étudie la question, sans avoir promis de financement pour l'instant.

L'AEF est d'accord pour dire qu'il y a un « incroyable manque d'accès à l'éducation postsecondaire de langue française dans la région du centre-sud-ouest ». Toutefois, pour l'association étudiante, il faudrait investir l'argent autrement.

Un investissement de la part de la province chez les programmes et les institutions existants serait plus efficace à améliorer la situation que de repartir à zéro.

Communiqué de l'AEF

« Militer est une chose, mais il est important de rester réaliste et pragmatique », ajoute le président de l'AEF, Alex Tétreault. 

« En tant que francophones en Ontario, nous reconnaissons les énormes luttes qui ont eu lieu dans notre histoire, ajoute-t-il. Mais la vieille mentalité militante ne résonne plus chez les jeunes Franco-Ontariens, qui choisissent de se détourner en plus grands nombres de leur langue et de leur culture. Ils ne s'y identifient plus. Construire notre université ne changera pas ce fait. Il est clair qu'il doit y avoir un changement au sein du mouvement franco-ontarien si on ne veut pas perdre la relève. »

L'association étudiante dit que son Conseil des délégués s'oppose à l'unanimité au projet d'université franco-ontarienne.

Craintes pour la Laurentienne

L'AEF se demande quelles répercussions pourrait avoir l'ouverture d'une université de langue française à Toronto sur l'Université Laurentienne, qui offre déjà des cours en français à Sudbury.

« L'augmentation de l'accessibilité pour les gens du centre-sud-ouest ne devrait pas entraver l'accès à l'éducation des autres jeunes francophones de la province », affirme le président de l'Asocciation.

Réactions mitigées

Le RÉFO, qui réclame l'ouverture d'un premier campus universitaire francophone à Toronto d'ici 2018, indique avoir « toujours été clair que le projet de nouvelle université franco-ontarienne ne doit pas réduire les services déjà disponibles au niveau universitaire », mais plutôt les renforcer.

La coprésidente du regroupement étudiant, Rym Benberrah ajoute que « si on veut investir dans la culture et si on veut investir dans l'héritage franco-ontarien il nous faudrait vraiment une université franco-ontarienne ».

De son côté, le président la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), Jérémie Spadafora, affirme que les jeunes souhaitent que les programmes soient gérés « par et pour les francophones » et que cette gouvernance n'est pas présente actuellement dans les institutions bilingues.

La députée de Nickel Belt, France Gélinas, n'est, quant à elle, pas surprise par la prise de position de l'AEF. La députée néodémocrate à l'origine du projet de loi sur l'Université de l'Ontario français croit toutefois qu'il est trop tôt pour répondre à ses préoccupations.

« Leurs questions sont valables, malheureusement les réponses ne pourront pas être formulées tant et aussi longtemps qu'on n'a pas notre premier conseil des gouverneurs qui aura été mis en place, formé de personnes qui s'y connaissent dans l'enseignement universitaire francophone », affirme-t-elle.

La ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleure, dit comprendre les inquiétudes formulées par l'AEF mais souligne qu'il y a un besoin pour une institution postsecondaire dans le centre et le sud-ouest de l'Ontario. « La communauté francophone réclame depuis longtemps son université », dit la ministre.

Débat houleux à Queen's Park

Cette sortie de l'AEF survient au lendemain d'un échange houleux à Queen's Park entre la députée néo-démocrate et la ministre Madeleine Meilleur au sujet du projet de loi de l'Université de l'Ontario français présenté par le NPD et qui a franchi l'étape de la deuxième lecture à l'Assemblée législative en novembre.

 

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