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Un essai pour réhabiliter Maurice Duplessis

Maurice Duplessis en 1956

Maurice Duplessis en 1956

Photo : La Presse canadienne

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ex-député péquiste de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Martin Lemay, publie l'essai À la défense de Maurice Duplessis chez Québec Amérique, un plaidoyer pour réhabiliter l'ex-premier ministre originaire de Trois-Rivières dans l'opinion populaire.

Un texte de Michelle RazaTwitterCourriel

« Maurice Duplessis a été le plus grand premier ministre de l'histoire du Québec », estime Martin Lemay, qui croit que Duplessis a été à la politique ce que Maurice Richard a été au hockey.

L'auteur admire le nationalisme, la prudence financière et le combat contre les idées subversives de l'ex-député de Trois-Rivières, qui a été premier ministre de 1936 à 1939, puis de 1944 à 1959. Il déplore qu'aujourd'hui les gens ne retiennent de Maurice Duplessis que le fait qu'il représente la Grande Noirceur, la période de l'après-guerre au Québec qui a été suivie par la Révolution tranquille.

Martin Lemay croit d'ailleurs que la plupart des analyses de la vie et de l'héritage de celui qu'on surnommait « le Chef » ont repris le discours de ses opposants, comme Jean Lesage et Gérard Pelletier. « Ses anciens opposants sont arrivés au pouvoir après son décès, dans les années 60, rappelle l'auteur. Ils avaient pour la plupart combattu Duplessis; il n'était donc pas question pour eux de lui faire un beau portrait! »

Je réfute avec beaucoup d'énergie ce qui a été dit dans les dernières années; je ne dis pas que tout est faux, mais tout a été exagéré.

Une citation de :L'auteur Martin Lemay

À la défense de Maurice Duplessis a pour objectif avoué de brasser les certitudes. L'auteur s'en prend d'ailleurs au passage à certains historiens modernes qui reprennent l'idée que l'ex-premier ministre tenait du monstre.

Sur le supposé copinage entre l'Église catholique et le régime Duplessis, Martin Lemay écrit que l'Église était forte parce que les gens y étaient attachés. Dans le même ordre d'idée, il soutient que Maurice Duplessis ne pouvait pas être « si pire que ça », puisque les gens l'ont réélu.

L'essayiste convient que certaines critiques répandues sur le compte de l'ex-premier ministre sont méritées. « Il aurait pu convaincre l'État d'investir plus dans l'éducation et défendre plus le fait français », dit-il, notamment.

Martin Lemay affirme néanmoins que Maurice Duplessis « a construit le pont qui nous a amenés ensuite à la Révolution tranquille. »

« En politique, on est toujours revanchard »

La statue de Maurice Duplessis devant l'hôtel du Parlement à QuébecAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La statue de Maurice Duplessis devant l'hôtel du Parlement à Québec

Photo : Courtoisie/Olivier Champagne

Le chroniqueur et amateur d'histoire François Roy est plutôt d'accord avec la démarche de l'auteur d'À la défense de Maurice Duplessis. Il rappelle d'ailleurs que Trois-Rivières a fait la paix avec son ex-député lors de l'événement Duplessis, en 1999, et par le biais des travaux de l'historienne de l'UQTR Lucia Ferretti.

Martin Lemay s'attaque à un mythe, à un monstre qu'il faut démonter morceau par morceau.

Une citation de :L'amateur d'histoire François Roy

François Roy convient que Maurice Duplessis est un personnage de son époque. « D'autres n'ont pas été mieux : si on les sortait de leur contexte, ils pourraient aussi passer pour des monstres. »

Il rappelle entre autres que l'opinion populaire a tendance à penser que la corruption est arrivée au Québec avec Duplessis. « C'est le génie du Parti libéral d'avoir fait croire [ça]; après Duplessis, c'était juste plus subtil. »

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