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Réplique des féministes à la ministre Thériault, qui ne se dit pas féministe...

Lise Thériault, ministre de la Condition féminine du Québec
Lise Thériault, ministre de la Condition féminine du Québec Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Les déclarations de la ministre de la Condition féminine du Québec Lise Thériault révélant qu'elle ne se considère pas comme féministe poussent un collectif de 21 groupes et regroupements féministes à réagir.

Ce collectif, appelé le groupe des Treize, dénonce cette prise de position de la ministre en la qualifiant de « grande méconnaissance du mouvement féministe et du rôle important qu'il a joué et qu'il continue de jouer aujourd'hui pour assurer l'égalité effective pour toutes les femmes ».

Par voie de communiqué, le groupe des Treize invite Lise Thériault à le rencontrer pour lui expliquer « comment le féminisme nous aide à comprendre les impacts néfastes des mesures d'austérité sur les femmes ».

Tu veux prendre ta place? Faire ton chemin? Let's go, vas-y! 

Lise Thériault, ministre de la Condition féminine du Québec

La semaine dernière, Lise Thériault avait déclaré, dans le cadre d'une entrevue accordée à La Presse Canadienne, qu'elle refusait l'étiquette de féministe.

« Je suis beaucoup plus égalitaire que féministe », avait confié Lise Thériault, pour qui tout semble être une question de volonté individuelle. Ainsi, le message de la ministre de la Condition féminine du Québec aux femmes pourrait se résumer par ceci : « Tu veux prendre ta place? Faire ton chemin? Let's go, vas-y! »

Or les groupes féministes, qui se disent implantés partout au Québec, estiment que la vision de la ministre ne tient pas compte des inégalités que vivent les femmes. Et les inégalités sont vécues en fonction « de leur origine ethnique, de leur revenu, de leur scolarité, de leur âge, de leur orientation et identité sexuelle, de leurs limitations fonctionnelles et de leurs réalités régionales », comme le rappelle Mélanie Sarazin, présidente de la Fédération des femmes du Québec.

Une lutte bien actuelle

Le collectif féministe déplore aussi qu'aux yeux de la ministre le féminisme soit surtout une affaire du passé. En effet, pour Lise Thériault, « la réalité des années 70 et la réalité d'aujourd'hui ne sont pas pareilles. Les gens ont évolué. Des choses ont été faites. » Certes, Mme Thériault ajoute « qu'il en reste encore à faire ».

Mais le groupe des Treize rappelle que le féminisme a plus que jamais sa raison d'être et que la vision qu'en a Lise Thériault est « stéréotypée et péjorative ».

De dire les membres du groupe des Treize : « Est-il utile de rappeler à Mme Thériault que le féminisme dans sa plus simple définition est "l'attitude de [celles] et de ceux qui souhaitent que les droits des femmes soient les mêmes que ceux des hommes"? »

Chaque femme a la liberté de se dire féministe ou non, cela va de soi. Toutefois, on s'attend à ce que la ministre de la Condition féminine reconnaisse les réalisations et les immenses pas que les femmes du Québec ont faits grâce et avec le mouvement des femmes.

Diane Matte, de la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle

Une rencontre destinée à inspirer la ministre

Les demandes collectives des féministes se sont portées sur plusieurs fronts que cite le groupe des Treize dans son communiqué : le droit à l'avortement libre et gratuit, la lutte contre les violences faites aux femmes, la quête de l'équité salariale et l'accès à des emplois bien rémunérés, la lutte contre le sexisme ou le racisme présents dans les institutions et les lois et la nécessité d'obtenir un réseau de CPE universel, entre autres.

Dans le but de l'inspirer dans son nouveau rôle à titre de ministre de la Condition féminine, le groupe des Treize convie donc Lise Thériault à une rencontre.

Durant son entrevue, Lise Thériault se disait « très à l'aise » avec les compressions imposées au Conseil du statut de la femme, qui a dû fermer ses bureaux régionaux, et au Secrétariat à la condition féminine, dont le budget est passé de 7,2 millions à 5,3 millions de dollars. Le collectif féministe, s'il parvient à rencontrer la ministre, compte lui expliquer que ces compressions « nuisent à l'atteinte de l'égalité ».

L'ex-ministre de la Condition féminine, Stéphanie Vallée, avoue s'être mal exprimée

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a réclamé le droit, mardi, de militer pour l'égalité hommes-femmes sans avoir à porter l'étiquette de féministe.

Mme Vallée, ministre de la Condition féminine jusqu'au mois dernier, n'a pas voulu dire si l'exercice de cette fonction nécessite d'être féministe. « Je sais que vous tentez de me mettre en contradiction avec ma collègue [Lise Thériault] », a-t-elle dit.

Après avoir refusé l'étiquette de féministe en affirmant, lundi, que « l'objectif, ce n'est pas d'être supérieure », Mme Vallée a reconnu qu'elle s'était « mal exprimée, j'avoue, je relisais mes propos. L'objectif pour moi, c'est l'égalité de tous et ç'a toujours été ça qui m'a motivé », a-t-elle précisé en se décrivant comme une « humaniste ».

Avec PC

Société